
Cela me fait un peu bizarre d’apprendre que mon rédacteur en chef bien-aimé et blogueur hélvète «sportif et bronzé, au regard de séducteur» (une description avérée signée L’Hebdo!) passe du journalisme à la banque. Christian Jacot-Descombes n’entre pas vraiment dans les détails sur son blogue mais son transfert de chef de rubrique à L’Hebdo à porte-parole de la Banque Cantonale Vaudoise est remarqué. Au départ, Christian est neuropsychologue de formation, et explique à La Presse: «Ma trajectoire a l'air d'être faite de zigzags… En vérité, mon intérêt pour le langage et la communication est au centre. Ce virage est moins serré que celui qui m'avait mené de l'Hôpital à la Radio Suisse Romande» (où il a présenté les matinales.) Tant que Christian se remet à bloguer, je suis contente. Mais le pourra-t-il?
En parlant de transition: depuis lundi, je suis une formation de détective privé à Los Angeles. Et c’est sans doute la meilleure décision que j’ai prise depuis longtemps. Aux Etats-Unis, de nombreux Private Investigators sont d'anciens journalistes et les deux métiers se complètent formidablement bien. L’idée m'est venue au printemps, alors que je suais sur une enquête particulièrement frustrante à réaliser. Mes parents pensent que c'est en fait un vieux rêve qui remonte au temps où je dévorais les livres de Fantômette, la journaliste-détective héroine des petites filles françaises (une copine d'enfance peut me faire du chantage depuis qu'elle a retrouvé une photo de moi en Fantomette, à une fête costumée quand nous avions 7 ou 8 ans... ma mère m'avait confectionnée un superbe costume.)
Les cours à l'académie de détectives sont super et j'en dirai bientôt plus sur le prof principal (un ancien journaliste d'investigation) à l'académie and les excellentes choses qu'il nous enseigne. Après seulement deux jours de cours, il ne m'a fallu que quelques minutes pour localiser une source essentielle que je chercher à interviewer depuis six mois pour cet article frustrant mentionné plus tôt... Demain, travaux pratiques de surveillance.
Note aux amis et parents en France qui me demandent régulièrement ce que c'est qu'un raccoon (une sorte de raton-laveur), Pierre Carion à San Diego a toutes les photos de la faune urbaine en Californie du sud, sauf le coyote. Nous avons aussi un opossum dans le jardin, qui sort de son buisson uniquement lors des soirées arrosées.
Le critique d'art de l'hebdomadaire alternatif de Seattle The Stranger passe un été à faire le ménage chez les riches de la côte ouest, et prend des notes sur les meubles, le design et les tableaux. Son compte-rendu contient des perles sur telle salle de bains de mauvais goût et particulièrement difficile à récurer, "qui semble droit sorti d'une tragédie grecque... l'emplacement d'une noyade vengeresse, concue pour l'infanticide... un bassin en marbre avec un robinet de sinistre présage."
The Stranger est le journal qui, l'année dernière, a publié un numéro spécial nécro en hommage à Courtney Love, pas encore morte, mais c'était tout comme à leurs yeux... Alors pourquoi attendre?!
The Stranger is the paper which, last year, published a special issue entitled
R.I.P Courtney Love. She's not dead yet, but to them, she may as well be... so why wait?!
Grâce à Spider Layne et à sa déxtérité dans les méandres de Movable Type, les commentaires (et le spam de commentaires) sont de retour pour la première fois depuis le 10 sept.
Pour célébrer, voici une photo du Spiderman français, Alain Robert, lors de sa grimpette à main nues de la tour Montparnasse: 210 mètres gravis en moins de 45 minutes, sans permis... à la française! Selon des dépêches, le "funambule de la verticale" a trouvé le moyen de faire passer deux messages: "Non à la guerre" (sur son tee-shirt?) et "Hey, j'ai un nouveau livre qui sort jeudi, Spiderman".
Un autre Français funambule, l'acrobate Philippe Petit est plus connu aux USA pour avoir marché sur une corde sur les deux tours du World Trade Center à New York, en 1974. Il lit des extraits de son livre "My High Wire walk" (cliquez ici pour le fichier MP3) sur le site mémorial qui contient de nombreux documents audio et de photos sur cet exploit.
To celebrate, here is a photo of the French Spiderman, Alain Robert, during his bare-handed climb of la tour Montparnasse in Paris: a nearly 700-foot-tall building, in less than 45 minutes and without a permit, in the good old French way... According to wire reports, this "funambulist of verticality" managed to communicate two messages: "No to the war!" (on his T-shirt?), and "Hey, I have new book that's coming out on Thursday, Spiderman".
Another French funambulist, acrobat Philippe Petit, is better known in the U.S. for having walked on a wire between the two towers of the World Trade Center in New York, in 1974. He reads excerpts of his book, "My High Wire Walk" (click here for the MP3 file) on this online memorial containing a lot of documents and pictures about this exploit.
La mention de DJ Raoul ci-dessous rappelle à un lecteur que nous avions prévu de visiter la réplique de Southfork, le ranch de la série télé Dallas, à Slobozia, lors de notre séjour en Roumanie en juin. On y est allés, en effet. Pour ceux que cela intéresse, j'avais envoyé un petit compte-rendu à Xeni qui l'avait posté sur Boing Boing, avec des liens aux photos sur nos moblogs. Celles du ranch de "Southforscu", repeint en orange (!), de la réplique de la tour Eiffel dans le parc et de l'entrée du ranch, très similaire à celle dans la série Dallas.
Pour illustrer mon article récent "Roumanomania" à la gloire de "nos amis Roumains à la pointe de la branchitude" le magazine Max a déniché une rare photo de DJ Raoul: ce paysan (ci-contre, en train de mixer sur des tonneaux) accompagne le fantastique groupe moldave de pop folklorique Zdob Si Zdub en tournée et leur vole la vedette. En juin, au concert dans l'immense salle des fêtes d'inspiration soviétique Sala Palatului à Bucarest, la foule scandait: "Ra-oul, Ra-oul!" Elle s'est enflammée quand il s'est mis à chanter, gratifiant ses fans d'un large sourire partiellement édenté.
(sortie aux USA ce vendredi, en France, le 20 octobre)
Un film assez étonnant (pas génial, loin de là) à l'esthétique rétro-futuriste (inspirée des films de Fritz Lang et de l'expressionisme allemand) très séduisante. Pendant tout le film, on songe aux acteurs qui ont tourné toutes les scènes en studio devant un fond bleu alors que des paysages et décors crées sur ordinateur ont été inserrés après-coup. Le procédé à ses limites (on sent parfois les acteurs jouer dans le vide, trop peu effrayés par les robots terrifiants!) mais les personnages se fondent extrêmement bien dans ces décors CGI. L'un des acteurs, Giovanni Ribisi, explique à E! que filmer dans ces conditions relève du théâtre expérimental:
"C'est le Bauhaus. Ca (il pointe du doigt une chaise) c'est censé représenter un bâtiment et votre vie entière... et votre mère. De quoi perturber n'importe quel acteur. Je ne m'étais pas rendu compte à quel point j'ai besoin de l'existence tangible des choses (pour jouer.) Je n'arrivais pas à me souvenir de mes dialogues [...] Il y a quelque chose dans la peinture (bleue, du fond bleu) qui vous rend déshydraté."
"It's Bauhaus. This [points to a chair] is supposed to represent a building, and your whole life...and your mother." It can drive any actor to distraction. I didn't realize how much I relied on the tangible existence of things. I couldn't remember my lines [...] There's a thing in the blue paint that makes you dehydrated."
Le Lapin Heather est une brillantissime blogueuse de Los Angeles et critique de télé pour Salon.com. Elle est aussi une sexybataire déchainée de 30 ans+, sans enfant, avec un chien qu'elle adore un peu trop. Et l'amazone se porte très bien, merci! Elle raconte son week-end avec, entre autres, une Française givrée, et réagit aux commentaires d'une lectrice horrifée. Dans la bagnole en route vers le mariage avec Matt et Jim, Heather posait des questions intriguées sur la télé en Europe. On a essayé de lui décrire Les Guignols de L'Info, The Office, et la scène de rasage pubien dans l'un des premiers épisodes de la version hongroise du reality show Big Brother (via l'expert Rick Bruner.) Tout cela lui donne envie de voyager davantage et/ou de s'équiper d'un énorme disque satellite en attendant la télé internet du futur que l'on nous promet depuis les années 90.
OJR évoque la levée de boucliers des blogueurs contre les spammeurs qui engluent les commentaires de messages publicitaires, et donne une série de conseils pratiques pour se protéger (sans se faire vraiment d'illusions.) Mes commentaires ne sont pas encore revenus: j'ai demandé à Ken un coup de main et tout devrait réapparaitre sous peu. Movable Type me prend la tête mais cette blogueuse Elise met à disposition quelques tuyaux pour soulager un tant soit peu la douleur...
En parlant d'outil de création de blogues: je suis en train de me familiariser avec l'outil français Viabloga. Pour l'heure, c'est formidable: hyper facile d'utilisation et riche en fonctions très novatrices, notamment les mots-clefs pour faciliter les recherches dans les archives. J'y reviendrais quand le blog de Spartacus sur Viabloga sera au point.
Talking of blogging tools: I'm dabbling with this new French blogging tool called Viabloga. It has been wonderful so far: super easy to use, and rich in original new functions, such as key-words to ease searches through the archives. I'll go into detail when the Spartacus blog on Viabloga is up and running.
Sensass! Defamer et Gawker Media de Nick Denton produisent un blogue pour A Dirty Shame, le nouveau film de John Waters, le héros de ma jeunesse catho, lui même élevé catholique. Nick nous apprend que JW lit Gawker régulièrement..
J'ai eu la chance de découvrir John Waters à Budapest, au milieu des années 90: Steve, un ami Briton m'a emmenée voir Pink Flamingos au Blue Box (devenu Kultiplex, et toujours Kinizsi u. 28). Horrifiée, je lançais des regards alarmé en direction de Steve écroulé de rire pendant la séance (remplie de Hongrois transportés.) Cette même semaine, j'ai bravé la neige pour retourner voir le film, en trainant un ami français, Olivier. Il était horrifié et grimaçait de douleur à la sortie du cinéma. Puis le film a fait son effet, comme souvent avec les films de John Waters et je crois bien qu'il a à son tour emmené quelqu'un devenir fou de bonheur. Ce cinéma à Budapest était extra. On pouvait voir des films enfouis dans des sofas et boire. Des films de John Waters étaient souvent à l'affiche, tout comme des films de Hal Hartley (?!) et le désopilant classique de Tom DiCillo, qui semblait jouer à longueur d'année, allez savoir pourquoi: Ca tourne à Manhattan (pour un petit flashback nostalgique dans les années 90, cliquez sur cette relique de site Web!)
Donc ce blogue du nouveau John Waters est réconfortant et un bon vecteur d'effeverscence d'ici la sortie, le 24 septembre ici (pas de date encore en France). Ce serait encore plus fab si le Prince du Vomi pouvait publier quelques articles de son cru. Il est un brillant chroniqueur et devrait écrire davantage, comme il le faisait auparavant pour Rolling Stone ou National Lampoon. Les première critiques du film le comparent à American Pie …et évoquent une scène de bouche à bouche avec un écureuil. Hollywood Reporter y voit "incontestablement, son film le plus outrageux depuis l'époque grisante de 'Pink Flamingos'. Mais je dirais que les livres de John Waters sont encore meilleurs que ses films. "Crackpot, the obsessions of John Waters” (1987) est à ne pas manquer, tout comme sa magnifique biographie Shock Value. Crackpot démarre avec un chapitre sur une visiste à Los Angeles, où je vis depuis six ans. Extraits:
"Los Angeles est tout ce qu'une grande ville américaine devrait être: riche, vivifiante, d'un goût discutable et vibrante de faux glamour.”“Il est temps de louer une voiture, de baisser les vitres et d'anticiper nos premières émotions fortes: les autoroutes. On s'y amuse tellement qu'elles devraient être payantes. Pas de panique lors des zig-zags à travers six voies à grande vitesse: le décalage horaire disparait en un rien de temps.”
“Remplissez vos poumons de smog et appreciez votre chance, car il n'y a qu'à L.A. où vous pouvez apercevoir un soleil vert ou une lune marron.”
“Ne regardez jamais les piétons: ils sont les tristes figures de L.A., ceux qui se sont fait enlever leur permis en conduisant ivres.”
"Los Angeles is everything a great American city should be: rich, hilarious, of questionable taste and throbbing with fake glamour.”
“It's time now to rent a car, roll down the windows and prepare for your first big thrills: the freeways. They're so much fun, they should charge admission. Never fret about zigzagging back and forth through six lanes of traffic at high speeds: it erases jet lag in a split second.”“Breathe in that smog and feel lucky that only in L.A. will you glimpse a green sun or a brown moon.”
“Never look at pedestrians: they're the sad faces of L.A., the ones who had their licenses revoked while driving impaired.”
On peut imaginer que John Waters raffole d'Angelyne, la poupée blonde au tour de poitrine avantageux, devenue une célébrité de L.A. et "connue pour n'avoir absolument rien fait", mais non. Elle a un défaut calamiteux, dit-il: "aucun sens de l'humour sur elle-même."
Avec un coup de main du Maitre des Blogues Ken Layne, les commentaires ont été interrompus (du moins pour le week-end, parce qu'il le fallait bien...) et nous allons bientôt prendre la route sur la côte Pacifique avec Jim Lowney et le lapin Heather pour rejoindre Ken et d'autres vieux amis dans une forêt de Californie pour le mariage de Shannon et Justin. Les voici et aussi avec Matt, copain de Shannon depuis les années-lycée à Long Beach. Bonne fin de semaine.


Toujours pas de nouvelles de nos collègues pigistes radio français, détenus en Irak alors que des manifestations de soutien se déroulent toujours en France. Nicolas Hénin, le correspondant de Radio France à Bagdad (ci-contre) nous parlait récemment de son quotidien de journaliste sur la liste Spartacus (un groupe de correspondants pigistes radio que j'ai lancé en 2000) et il m'autorise à publier un extrait de son dernier e-mail:
"Le boulot à Bagdad est de moins en moins drôle, et la couverture médias de plus en plus nulle. C'est la conséquence directe de la raréfaction des journalistes sur le terrain, et du fait qu'ils sortent de moins en moins. Les télés françaises sont venues avec des équipes complètes, mais dans les faits, les rédacs font des cabines à Paris, et les spéciaux des stand-ups... pendant que caméramen, sondiers, monteurs, restent au bord de la piscine. Preuve de cette couverture qui s'effondre: la nuit dernière, vers minuit, un groupe de la guérilla a pris d'assaut un commissariat de police, ils ont vite fait fuir les flics, ils ont libéré les prisonniers, et ils ont foutu le feu. Ca c'est passé à 500 m du bureau de l'APF et l'info n'a été donnée par personne. Le résultat, c'est que la couverture de l'Irak se résume à peu près à ça tout le monde recrache de la dépêche, et les dépêches racontent de moins en moins."
"Working in Baghdad is less and less funny, and the media coverage is getting real bad. This is the direct consequence of the rarification of journalists going in the field, and of the fact that they get out less and less. French TV stations have come with full teams, but in fact staffers in Paris do voice-overs and parachuted correspondents do stand-ups... while cameramen, sound guys, editors stay by the pool. A piece of evidence on how this coverage is collapsing: last night, at around midnight, a group of guerillas took by storm a police station. They made the cops run away, freed the prisoners and set the place on fire. It happened 500 meters from the offices of Agence France Presse, but the information was published by no one. As a result, the coverage in Iraq can be summarized this way: everybody mulls agency dispatches, and dispatches tell less and less."
Nicolas reconnait que c'est spécialement dur pour les télés: avec une caméra, on est tout de suite repéré et souvent "pas pour le meilleur." Tous les pigistes de Spartacus lui tirent leur chapeau: Nicolas a énormément de courage. Les deux Italiennes enlevées cette semaine sont des amies. Si seulement il pouvait tenir un blog, voire un audioblog, pour raconter son expérience comme le correspondant télé américain Kevin Sites l'avait fait, grâce à l'indispensable Xeni! Nicolas dit que l'idée lui a trotté dans la tête mais ajoute "quand je fais des journées de 19 heures comme hier, je n'ai pas le loisir ni l'envie "surtout avec des connections internet aléatoires (euphémisme).. Il me faut parfois 5 minutes pour ouvrir une pauvre page de webmail." En attendant, de nombreux reportages de Nicolas sont disponibles sur le site de Radio France et aux dernières nouvelles, Radio France l'envoyait à Amman pour des raisons de sécurité.
La guirlande d'attaques (anti-françaises etc.) dans le post précédant me laissait songeuse ce matin, sur ce qui peut mariner dans la tête de certains cyber-citoyens visiblement bien dérangés quand m'est revenue l'expression du Pixie Frank Black, on ne peut plus juste: "L'internet est comme le plus grand mur dans les plus grandes toilettes publiques et je dois gribouiller un truc dessus comme tout le monde." Puis en recherchant une page Web de Boing Boing, je tombe sur ladite page couverte de graffitis. Puis-je suggérer à ceux qui éprouvent le besoin de vandaliser les sites de passez par "Yeah but is this art?" et se mettre à gribouiller. Ca défoule et cela finit par être moins long que de taper des inanités sur des p'tits blogs!
Ouf! Les signaux positifs se multiplient concernant une libération imminente des deux journalistes radio pigistes en Irak, qui ne serait plus qu'une question d'heures... mais les heures s'éternisent.
En route pour l'aéroport de Los Angeles. Matt rentre sous peu (épuisé) de la convention républicaine à New York où l'équipe des weblogueurs de Reason semble s'être bien éclatée avec l'aide du blogueur australien Tim Blair (prononcez Tim Bleah, avec l'accent de "Down Under") et de l'ami photographe Jim Lowney: ses photos sont superbes, notamment sa galerie de manifestantes en petite culotte.
Je repars de mon côté en reportage pour environ une semaine... en Floride, à Daytona Beach, sur le passage du cyclone Frances, si mon avion peut atterrir à Orlando. Ou décoller de Los Angeles pour commencer. Il faut s'attendre à des heures de fun dans des aéroports, comme mercredi à Las Vegas où j'ai passé une après-midi en stand-by, à attendre une place sur un avion avec de charmants passagers à la porte d'embarquement, comme ce jeune type entendu brailler dans son téléphone portable: "... et laisse moi te dire, les Français, ils sont pro-Nazis!" Quand il s'est rendu compte que je traduisais ses fines déclarations publiques à mes parents et que cela déclenchait une rigolade, il s'est levé précipitamment comme si nous étions radioactifs. Mais à Burbank, dans le chaos de l'arrivée des bagages, une autre passagère américaine qui avait entendu mes parents parler français leur a souri et leur a dit, en français: "Puis-je vous aider en quelque chose?"
Off to LAX: Matt is coming back (exhausted) from the RDC in New York, where the Reason blog team seemed to have has a good time, along with Aussie blogger Tim Blair (pronounce Tim Bleah!) and pal photog Jim Lowney. He published superb pics, especially this gallery of female demonstrators stripping to their panties.
I'll be off again myself to Daytona Beach, Florida for roughly a week... I'm going right on the path of hurricane Frances, if my plane can make it to Orlando. And take off from L.A., to start with. I will certainly enjoy quite a few hours in airports, having a blast. Like on Wednesday, at the Las Vegas airport, where I spent an afternoon on stand-by, waiting for a seat on a plane. At the gate, there was this young guy, whom I overheard yacking very loudly on his cell phone: "... and let me tell you, the French, they are pro-Nazis!" When he realized that I was translating his astute public comments to my parents, and that it was unleashing good laughs, he quickly moved away as if we were radioactive. But at the arrivals in Burbank, in the chaotic baggage claim area, another American passenger who had heard my parents speak French came to them, smiled and asked, in French: "Can I help you with something?"
De retour de vacances en famille et sans internet, mais minées par l'enlèvement de deux journalistes français collègues de RFI et Radio France en Irak: je les connais seulement par e-mail, car ils font partie du groupe Spartacus des correspondants radio à l'étranger que j'ai co-crée en 2000. Voici une interview de Christian sur CNN avec Larry King en mars 2003. Les membres du réseau prient pour leur libération. Pendant mon absence, Spartacus a diffusé ce communiqué:
APPEL à l’ « Armée Islamique en Irak » détenant Christian Chesnot et Georges Malbrunot
La cause que vous défendez ne se défend pas en séquestrant des journalistes occidentaux et en exerçant sur leur vie un chantage vain et irréaliste !
Les deux journalistes français que vous retenez prisonniers depuis 10 jours sont des hommes de terrain, arabophones et arabophiles, qui ont épousé dans leur vie quotidienne la cause des pays du Moyen-Orient, au mépris des risques, portés par l’unique sens de la responsabilité de leur métier : témoigner de la vérité, sur place.
C’est la force de la mission qu’ils se sont fixée, portée par les plus hautes valeurs de l’Humanité, et qui fait que l’Europe aujourd’hui cherche à témoigner du conflit irakien dans ses moindres explications, à comprendre les fondements véritables des enjeux actuels. Christian Chesnot et Georges Malbrunot, comme leurs confrères sur place ne sont pas en guerre, ils tentent d’expliquer la situation en donnant la parole à tous ses protagonistes…
En les empêchant d’exercer leur métier, vous privez de parole les acteurs de l’avenir de votre pays, c’est l’Histoire que vous prenez en otage, à jamais !
Ce que vous demandez par la voix de vos otages, manifester publiquement dans la rue contre une loi de la République, les Français l’ont déjà fait, à maintes reprises et sans contraintes, et ils le feront encore, si nécessaire, mais, comme ils l’ont dit eux-mêmes ce lundi, sans se sentir otages d’une pression extérieure et morbide.
Le monde arabe et musulman, intellectuels, hommes de pouvoir ou de religion, vous conjure de renoncer à ce chantage odieux, vain et nuisible pour la cause que vous épousez.
Nous, correspondants pigistes de la presse française dans le monde, les plus proches témoins sur le terrain de ces guerres inutiles et des causes souvent incomprises d’un monde pluriel, en quête de justice et de vérité, vous enjoignons de libérer nos confrères Christian Chesnot et Georges Malbrunot.
Groupe Spartacus des journalistes correspondants français à l’étranger.
*Spartacus est un groupe de correspondants de radios francophones à travers le monde. Christian Chesnot et George Malbrunot en font partie.
AN APPEAL to the ‘Islamic army of Iraq’, holding Christian Chesnot and Georges Malbrunot.
The cause you are advocating can’t be defended by taking western journalists hostage and threatening their lives.
The two French colleagues you have been holding for the last ten days are men of duty. They both know and love the Arabic world. Despite risks, they both have made theirs the middle-east countries’ causes. They are guided only by their professional responsibilities: to witness truth by being on the ground and telling the stories of the people who live in the countries that they cover.
This is the importance of the mission they undertook, driven by the highest values of mankind, those which are making contemporary Europe look for a proper scrutiny of the Iraqi war, and a correct understanding of the present situation. Christian Chesnot and Georges Malbrunot, like their other colleagues, on the ground are not at war. They are trying to explain the situation by offering everybody every opportunity to speak up.
By preventing them from fulfilling their task, you are denying the Iraqi people from speaking their own voices to the rest of the world. History itself is being taken hostage.
What you are demanding them to pronounce in their own voices, a public pledge by the French population against the law prohibiting Hijab in public schools, has already happened in public debate within French society. Many times. And it will continue to happen. But as the demonstrators themselves said this Monday, they don’t want to have their opinions dictated at gunpoint.
The Arab and Muslim worlds, as one, intellectuals, political spiritual and religious leaders urge you to cease this obnoxious blackmail, which in fact is directly detrimental to the cause you hold so dear.
We, independent correspondents of the French press around the world, who are usually the closest to those crisis so hardly understood by a complex world in pursuit of truth and justice, ask you in the name of justice and truth, to free our colleagues and friends Christian Chesnot and Georges Malbrunot.
Spartacus Group, network of French correspondents around the world.
*Spartacus is an informal group of world correspondants for francophone radio stations. Christian Chesnot and George Malbrunot are part of this network.
+ ce qu'en dit L'Hebdo (Swiss, in French)
+ la blogosphère francophone