
J'ai vécu récemment une journée riche en émotions sur des centaines de kilomètres: suis allée dans le désert avec notre prof Dale et ses deux chiens renifleurs et un petit groupe d'élèves-détectives à la recherche d'un cadavre. L'exploration de plusieurs heures n'a rien donné... un soulagement quelque part. Ensuite, il a fallu foncer à Venice Beach interviewer un ancien membre de gang latino, devenu acteur et manager à Hollywood, très sympathique. Foncer est un grand mot vu les bouchons habituels à Los Angeles - de quoi piquer une crise de road rage. Puis il a fallu retourner à Hollywood à temps pour assister à la projection tardive d'un documentaire... Voilà comment on peut parcourir 290 kilomètres en une journée sans quitter la banlieue de L.A.
Mais cet excellent documentaire The Nomi Song par Andrew Horn valait le détour. Pour ceux qui ne le connaissent pas Klaus Nomi: ce chanteur allemand au look inspiré du Bauhaus est devenu icône de l'underground new-yorkais au début des années 80, en se présentant comme une créature de l'espace "venue sauver la race humaine." Ce soprano fut aussi l'un des premiers artistes à mourir du sida en 1983. Klaus Nomi n'arrivait pas à obtenir de contrat avec une maison de disque aux USA. Un label français l'a découvert, ce qui a déclenché sa popularité en Europe. A l'âge de 10-12 ans, j'écoutais Nomi en boucle avec Nina Hagen et Kraftwerk: tous les disques que j'empruntais au Goethe Institut de mon quartier.
Le film contient des interviews précieuses et des vidéos rares: les tous débuts de Nomi dans le spectacle déjanté New Wave Vaudeville Show à New York, et son apparition en choriste de David Bowie dans l'émission Saturday Night Live (Blogger Moonage a un lien à la vidéo!). On apprend aussi que Nomi cuisinait des tartes délicieuses. Sans-le-sou, il échangeait des tartes aux framboises contre des peintures ou des photos prises par ses amis de l'East Village.
Né Klaus Sperber, il vivait dans la peau de son personnage de Nomi à 100% et fabriquait des petites marionnettes en papier et des figurines de lui-même qu'il mettait en scène. Le documentaire est visuellement très beau et stylisé et vous fait regretter de n'avoir pas connu le New York de la fin des années 70.
La salle de ciné était remplie de fans américains trentenaires comme moi, mais ma voisine aux mèches roses était carrément en adoration. Elle a écrasé des larmes pendant le film et déclaré: "Klaus, je l'épouserais sur le champ s'il n'était pas mort!" Elle m'a surtout appris que l'animateur de radio américain ultra-conservateur Rush Limbaugh utilise la musique de Nomi en fond sonore à chaque fois qu'il se lance dans des tirades anti-gay. Affreux! Un autre spectateur remarquait quelque chose de sans doute vrai: "Nomi développait le même personnage, au lieu de se réinventer comme David Bowie. S'il n'était pas mort si prématurément, il n'aurait sans doute jamais survécu aux années 90."
Born Klaus Sperber, he lived his Nomi character 100% and would even fabricate little paper puppets of himself and little figures to play with. The documentary is visually very beautiful and stylized and makes you regret you didn't experience late-'70s New York.
The theater was filled with U.S. fans in their thirties like me, but the girl next to me with pink hair was truly in awe. She wiped a few tears during the screening and said: "Klaus, I would marry him right away if he wasn't dead!" She also taught me that ultra-conservative radio personality Rush Limbaugh plays Nomi music whenever he gets into gay-bashing mode. Awful! Another guy in the audience noticed something that may well be true: "Nomi was developing the same character instead of reinventing himself all the time like David Bowie. If he hadn't died so early, he would have probably not survived the '90s."
Je me souviens bien !
Bonjour la nostalgie en effet, et tu as tres bonne memoire. A l'époque, je ne me souviens pas avoir lu beaucoup de choses sur lui: il refusait les interviews etc. Ce documentaire 20 ans plus tard semble diffuser une tonne d'informations inédites.
haut-contre? C'est comme "counter tenor" en anglais? Est-ce qu'on peut être soprano et haut-contre en même temps? Les documents trouvés sur Google associent Klaus Nomi a "counter tenor" et "male soprano voice"
Il semble bien qu'on puisse dire contre-ténor, en effet, mais en tout cas c'est plus haut que soprano. C'est la hauteur des voix des castrats.
Bien que ce lien http://www.earlymusic.net/pgosta/column/castrats.html parle aussi de soprano pour eux ?!
Si il y a un spécialiste dans la salle...
Emmanuelle:
It seems like so many people made a transition during the 80's from Kraftwerk to the Cure.
Was there some type of subliminal phenomenon at work?
I don't want to provoke a 90's flashback but did you ever get into Front 242?
Just curious...
Front 242? I remember them! Was reading the UK Smash Hits magazine back then and they were on the cover every other week! With the Pet Shop Boys. Oh but my chouchou (favorite) was Boy George
Kraftwerk to Cure... Actually, you could both see the Cure and Kraftwerk in may at the Coachella festival. The Cure's performance was awful but Kratfwerk were out of this world. Most Cureheads when I was a teen in France were into these awful goth bands, Sisters of Mercy etc. Bauhaus... Gloomcentral. Kratwerk were never gloomy, even though Radioactivity is the scariest song...
Whenever I mention Kraftwerk in my inimitable SoCal twang, my buddy always corrects me: "It's KROFT-VURK!" :)
Mon Dieu, Cletus, I need to buy you lunch. You're so awesome!! Are you free anytime soon? In L.A.? We need to talk about Kratfwerk and Nomi and those cute Cletus T shirts some people are fightinh for online.
They're right: KROFT-VURK
Rocker pal Axel Steuerwald from Mannheim definitely says KROFT-VURK.
Emmanuelle:
I may take you up on that offer....
I'm a bit full-up right now dealing with the fallout from my ill-fated first book and a few other matters, but I'll drop you an e-mail in December when things are more settled...
I'm actually in a very Kraftverkian locale---I live right near the German restaurant on Glendale Blvd...
As for the t-shirts---let's just say my parents have QUITE the sense of humor :)
Gesundheit! Would love to go for a beer at the Red Lion, sometimes soon or upon my return from Europe, in January. The tavern is one of Cathy's favourite and it's really close. I mean, 10 minutes by car for me.
2 post in 4 days ! You're on a roll...
Je me souviens bien de Nomi. Il avait eu un gros succès en France avec the Cold Song de Purcell. Si je me souviens bien aussi c'était dans la BOF de "A nos amours" de Pialat. Toute ma jeunesse, Bonnaire jeune, Klaus Nomi... C'est trés nostalgia, Emmanuelle.net en fait !
Mais, sans vouloir pinailler, Nomi était une haute-contre, pas un soprano, non ?