
C'est presque comme à l'Elysée, ce blog: déserté pendant la trêve des confiseurs. Les voeux se déclinent tardivement, pendant tout le mois de janvier et sans vraiment vouloir dire grand chose en ce début d'année cataclysmique.
De retour à Los Angeles, on a découvert l'ampleur des dégâts causés par les intempéries mortelles. Notre gouverneur Schwarzie a fait un tour en hélicopter au dessus de la petite ville de La Conchita, au bord du Pacifique et a vu ca: un trou béant dans le flanc de la montagne, comme si un géant y avait donné un grand coup de pied. La ville est partiellement enterrée sous la boue. Et forcément: les gens qui ont perdu au moins dix de leurs voisins veulent reconstruire exactement au même endroit; en dépit des risques, comme il est d'usage en Californie. Une défiance assez difficile à comprendre pour une Française, qui avait déjà été surprise par cette même attitude lors des incendies de 2003.
Chez nous à Silver Lake, le bureau de Matt a été passablement inondé, son ordinateur grillé et sa voiture ne démarre pas et a de l'eau sur la banquette (une fuite peut-être, dans le toit ouvrant de cette bonne vieille Thunderbird?) Mais ce n'est rien par rapport à nos copains Philippe (le mur de son jardin s'est écroulé) ou à Charlie et Bonnie qui ont retrouvé leur bagnole sous une couche de colline qui a glissé comme une tranche de raclette.
Ceci étant dit, me voilà presque remise de trois semaines sans bloguer (non sans poster des photos sur le moblog Buzznet) avec plusieurs résolutions:
- grimper la colline tous les jours, sans faire d'histoires.
- apprendre l'espagnol pour de bon, sans faire d'histoires.
- réprimer gesticulations et roulements d'yeux à l'américaine, parce qu'après plusieurs années ici, on a tendance les accompagner à la parole comme des acteurs de soap opera survitaminés. Exemple de conversation: le facteur: "Passé de bonnes vacances?" Réponse: "C'était super [yeux écarquillés + sourire béat] d'autant plus qu'on a échappé aux orages que vous vous êtes tapés ici les gars [bouche grande ouverte, l'air écoeuré de celle qui a avalé une huitre frite.] Quelle horreur!! [soupir + dents serrées+ rictus de souffrance extrême.]
- Toujours dans le contrôle gestuel: au lieu de déployer des doigts d'honneur sur l'autoroute, les visualiser dans sa tête.
- en cas de coup de blues, écouter plus souvent l'inestimable radio internet Bide et Musique (de tubes obscurs et branchés) d'autant plus qu'elle diffuse des chansons du regretté professeur Choron. Il faisait de son humour, l’impolitesse du désespoir.
- climb the hill every day without making a fuzz about it.
- learn Spanish for real this time, without making a fuss about it.
- repress gesticulating and rolling my eyes in the American fashion. After a few years here, one tends to act up outrageously like soap opera actors on some vitamin cocktail. An example of a conversation. The mailman: "So, did you have a nice vacation?" Answer: "It was great [wide-eyed stare + dumb smile] especially since we escaped the storms you guys had to endure [mouth wide open, revolted expression of someone who just swallowed a fried oyster.] That's so awful!!" [sigh + clenched teeth + grimace of extreme suffering.]"
- More gesture control: instead of flipping the bird on the freeway, try to visualize it instead, and smile.
- when depressed, listen more often to the invaluable internet radio Bide et Musique (obscure and hip French songs). This, especially since they play songs of the much-missed Professeur Choron, a provocative French author and humorist who died this week (see round pic) . He used humor as an impolite expression of despair.
PS: Vous avez provablement remarqué la banière en haut de soutien à Florence Aubenas et son traducteur Hussein Hanoun Al-Saadi. Pour en mettre une sur votre blog, le code est là, hébergé sur le blog des correspondants de Libé aux Etats-Unis qui reviennent en force avec un nouveau blogue en tandem, A l'heure américaine.
Thank you Beth! I was thinking of you the other day when a French journalist came to town to interview Beck. Apparently, his new album is being delayed, but he will headline this Tsunami benefit concert in Los Angeles this week-end.
Happy new year !
Rigolo la note sur les acteurs de soap qui en font des tonnes (ils bougent toujours la tête en parlant aussi...). Je n'avais jamais remarqué que ça se faisait aussi 'in real life' !
Salut Philippe! He oui, et c'est à se demander si l'art imite la réalité ou si tout le monde se laisse influencer par les soap operas.
Il y a peu, un ami américain que je n'avais pas vu depuis des mois s'est exclamé: "Mais tu es devenue américaine! Tu n'arrêtes pas de bouger en parlant." Et il ne voulait pas dire "C'est sympa, tes mouvements à l'italienne..."
Le bouquin "Cabu en Amérique" de 1990 contient de très bonnes descriptions des américaines et de leur comportement. Ce qu'on peut reprocher à beaucoup, c'est de vous saouler de paroles tout en roulant les yeux et au fond, pour ne rien dire. Gaffe à ne pas tomber dans ce travers!
welcome back! :-)