
C'est un peu les Oscars de Washington, la cérémonie d'inauguration du président. Sans stars, toutefois, car il n'y a jamais eu une telle distance entre Hollywood et la Maison Blanche que sous Bush Jr. Hier, devant ce faste télévisé à Los Angeles, j'avais la nausée en pensant aux soldats dans l'enfer iraquien. Guillemette était avec les manifestants, dont la mère de Sherwood Baker et raconte dans Le Figaro.
Dans le New Jersey, l'ami photojournaliste Jim Lowney assistait il y a peu à l'enterrement d'un soldat de 20 ans, Stephen Benish tué par un sniper. En Californie, le service de presse de Schwarzenegger envoie aux journalistes un communiqué par e-mail à chaque fois qu'un soldat du Golden State meurt à la guerre. Certains jours, je reçois 5 e-mails de condoléances de Schwarzie. Une bombe, une embuscade, et les messages pleuvent. La Californie est l'état de l'union qui essuyé le plus de pertes dans cette guerre.
Recently in New Jersey, our photo reporter pal Jim Lowney attended the funeral of a 20 year-old soldier, Stephen Benish who was killed by a sniper. In California, Schwarzenegger's press office sends an e-mail press release each time a soldier from the Golden State dies in the war. On some days, I receive 5 e-mails of condolances from Schwarzie. All you need is a bomb or an ambush, and the e-mails pour in. California is the state with the greatest losses in this war.
Luis Sinco, le photographe qui a pris la célèbre photo du "Marine Marlboro" disait un truc assez troublant à la radio. Peu après la réelection de Bush, il a quitté l'Irak:
"Je ne suis pas prêt de retourner en Irak. Nous les journalistes, nous en sommes au point où nous ne changeons pas l'opinion des gens sur ce conflit. Je pense que les élections lancent un signal clair à ce sujet. Je veux dire, en dépit de tous les reportages sur cette guerre ces 18 derniers mois, les gens n'ont pas changé d'un pouce leur avis sur la façon dont cette guerre se déroule. Alors là, je vois les journalistes comme les perdants dans cette histoire. Vous risquez votre vie, et pour quoi?"
En France, voici deux semaines que nous sommes toujours sans nouvelles de l'envoyée spéciale de Libé en Irak, Florence Aubenas.
"I am not going back to Iraq at any time soon. We as journalists are not changing anybody's mind about this conflict at this point. I think the election was like a clear-cut signal on that. I mean, people, despite the reporting of the last 18 months from this war, people have not budged from their idea of how this war is going. So at this point, I think of it again as kind of a loser's game as far as you're a journalist. You are risking your life and for what?"
In France, it's been two weeks since we last heard from Florence Aubenas, the journalist of Daily Liberation reporting from Iraq.
ça fait peur cet esprit marketing-méthode Coué qui s'impose à tous les étages. L'autre jour Raffarin évoquait avec bienveillance une 'positive attitude' (référence à Lorie, chanteuse pour pré-adolescentes).
Dans leur quête du sensationnel les JT ont depuis longtemps banalisé la violence à coups d'images chocs et de statistiques lourdes (un peu Paris-Match quoi).
Bref tout est fait pour qu'on se pose le moins de questions et qu'on se contente des petites certitudes rassurantes de son chez-soi.