
Toujours de ce monde, mais hors blogosphère et loin de Los Angeles ou je bouffe du kilomètre (1200 en trois jours) pour plusieurs reportages, dont une escale dans une petite ville côtière de Californie pour écouter Jane Fonda (qui s'est fait cracher dessus récemment par un vétéran du Vietnam) agiter du poing en incitant les Américains à oser interpeller leurs dirigeants, "comme ou Europe, où j'ai vécu." Son autobiographie est captivante, surtout le livre-audio , and elle monte le ton dans certains chapitres (Vietnam, Ted Turner) et imite Katharine Hepburn de façon irrésistible. On sent qu'elle est encore membre de AA, car elle abuse un peu trop du jargon et transpire la contrition. La partie sur le Vietnam n'est pas des plus convaincantes, mais n'ayant pas vécu cette période, c'est très difficile de se faire une opinion sur l'importance de son engagement et ses excès. Plus de détails à suivre.
Mise-à-jour, 5 mai: les détails sur la tournée de Jane dans le Libé du jour: Jane Fonda se livre à l'Amérique
J'ai réussi à vivre 32 ans sur cette planète sans jamais voir un seul film de Star Wars en entier (et ce n'est pas faute d'avoir essayé sous les conseils répétés de Nicolas, mais... comment dire... ca m'ennuie à en pleurer!) Toutefois, je comprends la passion qui anime les férus de Star Wars en plein camping en ce moment sur Hollywood Boulevard. En fan du Prisonnier, j'ai participé à des conventions et entrepris un pèlerinage à Portmeirion, le "vrai village" au Pays de Galles où a été tourné cette série télé culte.
Avant chaque sortie d'un film Star Wars, des fans font la queue devant le cinéma Mann's Chinese à Hollywood des semaines avant la première.
En voici dans la tente sur la photo: ils sont une quinzaine à pourfendre la chaleur écrasante. L'un d'eux, Karl, décroche le combiné d'une cabine téléphonique. Des gens du monde entier appellent le numéro + 1(323) 462 9609 en faisant des blagues du genre: "Allo? Obi-Wan Kenobi?" Karl leur répond: "Désolé, il est parti déjeuner!"
Sean Bonner a révélé sur Blogging L.A. que les fans (250 en tout) campaient devant le mauvais cinéma! Les fans insistent qu'ils ont le bon. Sur Blogging L.A., des commentateurs se sont foutus d'eux et les fans ont sorti leur sabre laser: la guerre est ouverte!
Le fan sur la photo ci-contre, Eliott répond aux critiques, puis explique pourquoi il n'est pas un nerd, montre son sabre et demande à une poupée Yoda son avis sur Episode III (pour écouter le fichier MP3 de Eliott en anglais sur 1 minute 40 cliquez ici.)
Plus tard, deux fans, Francisco et Os se lancent dans une brève chanson d'Ewok (écouter ici le son en MP3)
Et sur the Stars Walk of Fame, ce sosie d'Anakin Skywalker (qui semblait avoir déjà bu quelques canons de bon matin) me donne un cours sommaire de maniement du sabre laser. Plus de photos du boulevard sur la gallerie Buzznet.
Blogueurs et médias U.S. célèbrent le nouveau site de Gawker Media, Sploid, un "tabloid" en ligne souvent comparé au Drudge Report, lancé il y a dix ans. Mais comme le souligne Dougie à Prague, Amy et tous les amis de Ken Layne éditeur de Sploid sur la cote Ouest, le nouveau site ressuscite l'humour et les gros titres désopilants du génial Tabloid.net co-fondé par Ken, "Le tabloid pour les gens futés", 1996-2000 (voir la capture d'écran ci-dessus: un numéro de Tabloid sur Jean-Paul II et les extra-terrestres et à côté, le Sploid de ce jour: très similaires!)
Tabloid n'est plus en ligne mais La Machine à Remonter le Web a engrangé pleins de vieux trésors. Cette Une sur le Pape à l'époque où il était suffisamment en forme pour bénir un python, les chroniques du révérand Tony Pierce avant le BusBlog, Tim Blair à l'époque où il était Owen Pike, le journal de bord de Barney, touriste de la guerre froide, les analyses ultra-scientifiques du boom DotCom en gestation... Le site vous invitait à donner une adresse pour recevoir les gros titres chaque jour par e-mail: "Make Tabloid come to you like a dog". Aujourd'hui, tout le monde ou presque utilise des lecteurs RSS.
Mais certains sujets reviennent en boucle: en 1997 Tabloid titrait "McRat!" Un New-Yorkais avait glissé une queue de rat dans ses frites en espérant faire un procès au géant du fast-food. Huit ans plus tard, Sploid titre sur une femme de Las Vegas qui prétend avoir retrouvé un doigt dans son chili con carne à Wendy's mais s'avère être une habituée des tribunaux. Comme le recommande Matt, passez le curseur sur les photos de Sploid, pour ne pas manquer des sous-titres divertissants.
Sploid semble avoir adopté les trois règles éthiques de Tabloid:
I. les menteurs, les escrocs et les gens ennuyeux doivent être punis.
II. les titres doivent être très gros.III. la voix de l'indignation est l'ennemi du mal.
Today, everybody or almost everybody uses RSS readers. But certain stories come back in cycles. In 1997, Tabloid had a headline: "McRat!", or how a New Yorker had placed a rat's tail in his French fries, hoping to sue the fast-food giant. Eight years later, Sploid has the story of a Las Vegas woman who claims to have found a finger in her Wendy's chili, but she turns out to be a courtroom regular. As Matt recommends, make sure to put your cursor over the photos, to see the entertaining alt-text.
All in all, Sploid seems to have integrated the Tabloid ethic and its three basic truths:
I. Liars, frauds and bores must be punished.
II. Headlines must be extremely large.III. The voice of outrage is the enemy of evil.
Où est passée Xeni Jardin? Réponse aujourd'hui dans le Los Angeles Times qui consacre un long portrait très détaillé de la cyber-célébrité montante. Il contient plusieurs scènes indélébiles, celle de Xeni se réveillant un jour dans un squatt avec un rat sur la figure!
Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Xeni est la fille la plus branchée qui soit: blogueuse chez Boing Boing, journaliste tech, visionnaire, geek (elle sait coder) et surtout lumineuse en personne. Je ne l'ai pas vu depuis un moment mais à la lecture de l'article, c'est évident qu'elle n'arrête pas avec de nouvelles apparitions télévisées en plus du reste. Le voile est levé en partie sur son passé mystérieux et le charismatique Dr Munir qui, apparemment, lui a sauvé la vie. Xeni s'est choisie un nom, un look, et partage son émerveillement de vivre à l'époque qui est la nôtre.
MISE-A-JOUR: Xeni me fait savoir: "En fait, je n'ai pas choisi mon nom. Il m'a été donné et je n'ai joué aucun rôle dans sa sélection, même si je l'ai accepté avec joie. Je t'expliquerai quand tu veux... Pour moi, c'est une distinction importante."
UPDATE: Xeni writes: "Actually, I did not choose a name. The name was given to me, and I played no role in its selection. I accepted it happily, though. I'll explain the detail any time, but to me, that's an important distinction."
Il m'a dit que son film préféré est Alphaville, le thriller de science-fiction de Jean-Luc Godard dans lequel l'ordinateur Alpha 60 est saisi d'une extase poétique et accède à une forme de conscience. Dans une récente interview au blog local LAIST, elle répond à cette question:
- A quoi va ressembler l'internet à l'âge adulte?
- A quelque chose que je ne reconnaitrais pas.
- So what will the internet become when it grows up?
-Something I will not recognize.
Note à ceux que cela concerne: si vous essayez de m'appeler sur mon téléphone portable: hé bien je ne l'ai plus. Il est soit perdu, soit volé alors il faut me joindre à la maison. (il s'agit bien de mon cher Treo 600. Vacherie!)
Pour vous distraire des programmes de "Télé Vatican" sans relâche sur les chaines d'infos américaines depuis samedi, vous prendrez bien Michael Jackson ou François Pinault? Ah, ce n'est pas le même style. Mais on plaint les jurés dans les deux procès, celui en pénal de l'ancien roi de la pop déchu et l'affaire au civil de Executive Life.
Mercredi, à la cour supérieure de Los Angeles, le milliardaire français François Pinault est venu se défendre en personne. Il est accusé par le département aux assurances de Californie d'avoir comploté avec le Crédit Lyonnais il y a environs 12 ans dans le rachat frauduleux de l’assureur américain Executive Life (c'est compliqué, pas forcément captivant mais quelques 300 000 Américains souffrent encore des conséquences. Plus de détails ici.)
"Je ne me souviens pas. Je ne me rappelle pas. Je ne m’occupais pas de ces détails…" François Pinault est resté très vague. Machouillant ses montures de lunettes, il a souvent fui le regard du principal avocat de l’accusation, Gary Fontana. La veille, il avait retracé sa vie, de son enfance à garder les vaches dans une ferme en Bretagne à sa réussite à l’américaine. Mais le jury avait l'air dépassé par cette affaire et on les comprend: ca baillait, ca s'essuyait les yeux, ca rêvassait. Trois jurés ont déjà été limogés pour cause de retards répétés ou de siestes sur le banc. Dans les couloirs, j'ai eu droit à un large sourire de Pinault. Je ne suis pas sure qu'il sera aussi guilleret au moment du verdict.
Car non seulement la performance de Fontana est très confuse, mais les jurés ont l'air absolument paumés face à l'avalanche de noms exotiques balancés sans explication: Crédit Lyonnais, Artémis, Fnac... A ce moment là, sur quels critères jugent-ils une affaire aussi complexe? Des à-prioris anti-français peuvent-ils jouer un rôle? Un agent de sécurité au tribunal m'a rappelée qu'ils existent.
Alors que je consultais mes e-mails dans le hall du tribunal en bavardant avec d'autres journalistes français, le type crie en ma direction: "Frenchie! Hey Frenchie! Gimme your phone!" Sans rigoler. Je lui ai signalé que sa façon d'aborder des inconnus n'était pas très accueillante, surtout avec une allusion péjorative à ma nationalité (à ne pas confondre avec la poupée Frenchie, ci-contre.) Réponse sèche: "Vous m'appelez bien Yankee, alors je vous appelle Frenchie!" Bien entendu, je ne l'avais jamais traité de yankee. Mais il m'avait déjà jugée coupable de crime par association: vous êtes française, alors forcément hostile! Il m'a ensuite confisqué mon Treo pour cause d'appareil photo incorporé... et je suis allée voir son chef. Qui a n'a pas apprécié le récit et a pris un air inquiet: "Vous voulez engager des poursuites?" Ma réponse interloquée l'a soulagé. Je voulais seulement qu'il lui en touche un mot, parce que ce garde n'avait pas l'air de bien se rendre compte...