
Le 4 juillet, fête de l'indépendance américaine: après quelques pensées émues pour "the Land of the Free" libéré de la perfide Albion, on regrette le manque d'apparat ici. Jusqu'aux années 20, les communautés américaines étaient réveillées par des coups de canons tirés par des jeunes gens dans les prairies voisines. Vers midi défilait la fanfare municipale et l'après-midi, les patriotes jouaient au jeu du cochon, qui consistait à essayer de capturer un cochon recouvert de graisse: cela ressemblait davantage à la fête de la Bastille en France. Les traditions se perdent: hier à un barbecue chez Richard et Nicole, à Venice, j'étais la seule à porter des pantalons patriotes, couverts de petits drapeaux. "On est à Venice en Californie, pas à Nashville!" s'est amusé Gabriel.
Souvent, à ce genre de fêtes, les Américains me demandent ce qui me manque le plus de France, en vivant aux USA. Ces temps-ci, ce n'est plus la cuisine ou le sens de l'humour moqueur très gaulois, mais l'esprit de contestation: les protestations, les mouvements d'opposition. C'est d'autant plus curieux, que très souvent, je suis en désaccord avec les causes défendues lors des manifs et des grèves en France, y compris à dos d'âne. Mais face à des injustices américaines, on se demande: "Comment les Américains peuvent-ils tolérer cela sans bouger? Les Français seraient déjà dans la rue. Sans même parler de choses évidentes (le système de santé ici) je pense notamment à la récente décision de la cour suprême américaine: elle autorise une municipalité à exproprier quelqu'un de sa maison et de la raser pour permettre à un Wal-Mart ou autre de s'installer, sous prétexte qu'un business génère des emplois et de l'activité économique et est donc "d"utilité publique." In-croyable!
Pascal à Washington raconte une anecdote drôle et révélatrice sur le blog américain de Libé: son avion pour Miami avait plus de 2 heures de retard. Avec des Français, on imagine les gens râler au bout de deux minutes et demi et pagaille s'ensuivre. Or, en salle d'embarquement, personne ne proteste. Quand l'avion arrive enfin, le stewart demande à tout le monde de s'organiser scrupuleusement pour permettre un embarquement rapide, car à quelques minutes près, le vol ne peut pas décoller (il est déjà tard le soir) et il faut tout repousser au lendemain. Tout le monde suit les instructions à la lettre. L'avion se remplit en une vitesse record. Décollage. Formidable! L'équipage et les passagers se félicitent copieusement. Pascal se demande si son voisin ravi ne va pas lui frapper la paume de la main en signe de victoire, alors que tout le monde semble avoir oublié... que l'avion à 2 heures de retard.
WASHINGTON
En parlant de Washington, c'était chouette de rencontrer Pascal et de visiter la capitale pour la première fois. A des galaxies de Los Angeles et pas si dépaysante pour un Européen (de nombreuses rues rappellent l'Angleterre.) Il faisait une chaleur étouffante et la ville est toute petite, mais très stimulante, remplie de jeunes surdoués et bosseurs, stagiaires pour des politiciens ou des fondations. Ils pensent politique, vivent politique, rêvent politique. Il flotte un idéalisme rafraichissant pour quelqu'un en provenance de Los Angeles où les conversations sont souvent, comment dire, moins "profondes."
Matt était invité avec d'autres blogueurs (Cathy, Moxie, Maia et l'insatiable Lewis) à la conférence de la fondation Arsalyn, qui rassemble des jeunes âgés entre 18 et 22 ans de tous les Etats-Unis désireux de s'engager en politique. Les jeunes nous ont sciés: super-intelligents, cultivés, à l'aise dans la vie ("tout le contraire de nous à leur âge," se disait-on avec Moxie) mais curieusement, assez conservateurs vis-à-vis de l’internet et méfiants envers les blogs (beaucoup plus que nous-autres, trentenaires.) Ils traitaient Nick, le rédacteur en chef du magazine libertarien Reason (employeur de Matt) en rock star. Plusieurs portaient un 'anneau de promesse,' sorte d'engagement public à rester vierges jusqu’au mariage.
L’un des très bons speakers, Andrei Cherny, a raconté son rêve américain : il a démarré en politique à 12 ans en passant l’aspirateur dans le QG d’une campagne à Los Angeles. Le garçon est devenu un champion du dépoussiérage, a persévéré, a grimpé les échelons avant de devenir à 21 ans, rédacteur de discours pour Al Gore et Bill Clinton. Le triomphe du «tout est possible» américain.
Happy 4th Estelle! Bon barbecue, feux d'artifices etc.
Tu as raison en effet, dans le cas de l'affaire Kelo à New London, la ville veut raser sa maison "historique" pour construire un hotel, un club de gym et des bureaux. L'exemple du Wall-Mart est en général, je vais clarifier donc!
Il y a eu un cas d'expropriation dans le New Jersey pour permettre à Donald Trump d'agrandir le parking d'un de ses casinos. USA Today a plusieurs exemples ici.
c'est toujours les expats qui finissent par devenir les plus patriotes (je dis ça à cause de ça). Ma théorie (pour moi qui habite depuis 11 ans dans un pays qui ne se presse pas de me naturaliser) c'est que nous les expats on a CHOISI d'être là alors que les locaux c'est leur maman qui a décidé... Enfin on va pas refaire le monde dans les commentaires hein ;-)
le blog de moxie est une horreur...."an andidote to the mental illness commonly known as liberalism" dit la page d'accueil....alors oui elle est jolie et drôle, mais si elle représente l'avenir du conservatisme US, il n'y a pas de quoi être optimiste...
Leonard, Moxie fait beaucoup de second degré... Mais quand on se voit, on évite de parler politique. On s'est rencontrés grâce au blogs, je trouve le sien dur à avaler mais j'ai toujours beaucoup de plaisir à papoter avec elle à chaque occasion.
Laurent, aux USA, tellement de gens viennent de familles immigrées qui en ont bavé il n'y a pas si longtemps (une ou deux générations), que beaucoup se sentent naturellement privilégiés et reconnaissants d'être ici. On pourrait imaginer qu'en Suisse, c'est un peu pareil, non, vu la forte proportion d'immigrés, mais si les gens ne sont pas naturalisés même après 20, 30 ou même à la deuxième génération, difficile de générer un franc patriotisme. Comment ca se passe de ton point de vue? Le bouquin "Tickling along with the Swiss" est rempli d'histoires plus ou moins amères sur l'accueil des étrangers en Suisse.
Avec les Français aux USA, c'est différent: de mon expérience, même s'ils sont naturalisés américains, ils continuent à se présenter toute leur vie comme "français". Il n'existe pas de communauté "French-American" à l'instar des "Korean-American", "Mexican-American". Et même si on est devenu américain, avec notre accent, on est toujours considérés comme étranger d'abord: il évoque pour les Américains des gens de passage ou des touristes de la vieille "Yurop." Les Français ne sont pas connus pour avoir fui leur pays au fil des siècles.
Cela dit, je ne me considère pas pour autant une "immigrée" destinée à vivre ici toute ma vie. On verra.
je te crois sur parole, mais j'ai souvenir de posts TRES premier degré au moment d'une certaine guerre, et du refus de certains pays à s'y engager....
mais bon, je ne suis pas assez naïf pour distinguer ce qui relève du blog et de sa personnalité.
C'est bien pour cela que j'évite certains sujets avec La Mox! Et pleins d'autres blogueurs d'ailleurs.
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Happy July 4th! Euh sinon c'est pas un hotel qui va etre construit au lieu d'un Wal-Mart ?