« PreviousLive 8, Cure in "Pawis" | Home | in MexicoNext »


July 4, 2005
Barbecue & cannonade

Le 4 juillet, fête de l'indépendance américaine: après quelques pensées émues pour "the Land of the Free" libéré de la perfide Albion, on regrette le manque d'apparat ici. Jusqu'aux années 20, les communautés américaines étaient réveillées par des coups de canons tirés par des jeunes gens dans les prairies voisines. Vers midi défilait la fanfare municipale et l'après-midi, les patriotes jouaient au jeu du cochon, qui consistait à essayer de capturer un cochon recouvert de graisse: cela ressemblait davantage à la fête de la Bastille en France. Les traditions se perdent: hier à un barbecue chez Richard et Nicole, à Venice, j'étais la seule à porter des pantalons patriotes, couverts de petits drapeaux. "On est à Venice en Californie, pas à Nashville!" s'est amusé Gabriel.

The Fourth of July, America's Independence day: After a few moving thoughts for the Land of the Free, I'm disappointed by the lack of pomp. Until the '20s, American communities were awakened by a cannon, shot by young people in a nearby field. Around noon the town's marching band would proudly play, and in the afternoon, patriots would play the game of catching the greased pig. This sounds more like the celebration of Bastille day in France. Traditions get lost: Yesterday at Richard and Nicole's barbecue in Venice, I was the only one wearing patriotic pants with flags on them. "We're in Venice, California, not in Nashville!" laughed Gabriel

Souvent, à ce genre de fêtes, les Américains me demandent ce qui me manque le plus de France, en vivant aux USA. Ces temps-ci, ce n'est plus la cuisine ou le sens de l'humour moqueur très gaulois, mais l'esprit de contestation: les protestations, les mouvements d'opposition. C'est d'autant plus curieux, que très souvent, je suis en désaccord avec les causes défendues lors des manifs et des grèves en France, y compris à dos d'âne. Mais face à des injustices américaines, on se demande: "Comment les Américains peuvent-ils tolérer cela sans bouger? Les Français seraient déjà dans la rue. Sans même parler de choses évidentes (le système de santé ici) je pense notamment à la récente décision de la cour suprême américaine: elle autorise une municipalité à exproprier quelqu'un de sa maison et de la raser pour permettre à un Wal-Mart ou autre de s'installer, sous prétexte qu'un business génère des emplois et de l'activité économique et est donc "d"utilité publique." In-croyable!

Often during parties, Americans ask me what I miss the most about France now that I live in the U.S. These days, it's not so much the cuisine or the mocking Gallic sense of humor, but the anti-establishment spirit: the marches, and the opposition movements including donkey-riding protesters. It's quite strange given that very often, I disagree with the core of the protests and strikes in France. But facing American injustice, you often wonder: "How can Americans tolerate this without protesting? The French would be already pounding the pavement." Not to mention the obvious problems (the health care system here), but I think for instance of the recent Eminent Domain ruling by the U.S. Supreme Court: They authorized city governments to expropriate people and bulldoze their houses to leave room for a Wal-Mart or else, under the pretext that a business generates jobs and fuels the economy and is therefore of "public utility." Just incredible!

Pascal à Washington raconte une anecdote drôle et révélatrice sur le blog américain de Libé: son avion pour Miami avait plus de 2 heures de retard. Avec des Français, on imagine les gens râler au bout de deux minutes et demi et pagaille s'ensuivre. Or, en salle d'embarquement, personne ne proteste. Quand l'avion arrive enfin, le stewart demande à tout le monde de s'organiser scrupuleusement pour permettre un embarquement rapide, car à quelques minutes près, le vol ne peut pas décoller (il est déjà tard le soir) et il faut tout repousser au lendemain. Tout le monde suit les instructions à la lettre. L'avion se remplit en une vitesse record. Décollage. Formidable! L'équipage et les passagers se félicitent copieusement. Pascal se demande si son voisin ravi ne va pas lui frapper la paume de la main en signe de victoire, alors que tout le monde semble avoir oublié... que l'avion à 2 heures de retard.

Pascal, Libération's bureau chief in Washington tells a funny and revealing anecdote on his blog: His plane for Miami was more than 2 hours late. You can imagine French passengers complaining loudly after 2 and a half minutes and the ensuing mess. Here, at the gate, nobody complains. When the plane finally arrives, the stewards ask everybody to organize themselves in scrupulous lines, to allow for quick boarding because if it's already late and if the process takes a few minutes too long, the flight has to be cancelled and people will have to take the first plane in the morning instead. Everybody follows the instructions to a T. The plane gets filled in record time. It takes off. It's great! The crew and the passengers congratulate each other with pride, and Pascal barely avoids having to hi-five the guy next to him. What a victory indeed when everybody seems to have forgotten that ... the plane is 2 hours late.

WASHINGTON

En parlant de Washington, c'était chouette de rencontrer Pascal et de visiter la capitale pour la première fois. A des galaxies de Los Angeles et pas si dépaysante pour un Européen (de nombreuses rues rappellent l'Angleterre.) Il faisait une chaleur étouffante et la ville est toute petite, mais très stimulante, remplie de jeunes surdoués et bosseurs, stagiaires pour des politiciens ou des fondations. Ils pensent politique, vivent politique, rêvent politique. Il flotte un idéalisme rafraichissant pour quelqu'un en provenance de Los Angeles où les conversations sont souvent, comment dire, moins "profondes."

Speaking of Washington, it was great to meet Pascal and to visit the capital for the first time. It seems galaxies away from Los Angeles, and not so foreign to a European (many streets feel like England). The heat was challenging and the city is quite small but very stimulating, filled with super-talented and hard-working young people, interns for politicians or employees of foundations. They think politics, live politics, dream politics. There is a refreshing idealism there, especially palpable when you come from Los Angeles, where, let's put it this way, conversations are not always very "deep."

Matt était invité avec d'autres blogueurs (Cathy, Moxie, Maia et l'insatiable Lewis) à la conférence de la fondation Arsalyn, qui rassemble des jeunes âgés entre 18 et 22 ans de tous les Etats-Unis désireux de s'engager en politique. Les jeunes nous ont sciés: super-intelligents, cultivés, à l'aise dans la vie ("tout le contraire de nous à leur âge," se disait-on avec Moxie) mais curieusement, assez conservateurs vis-à-vis de l’internet et méfiants envers les blogs (beaucoup plus que nous-autres, trentenaires.) Ils traitaient Nick, le rédacteur en chef du magazine libertarien Reason (employeur de Matt) en rock star. Plusieurs portaient un 'anneau de promesse,' sorte d'engagement public à rester vierges jusqu’au mariage.

Matt was invited along with other bloggers (Cathy, Moxie, Maia and the insatiable Lewis) to the annual conference of the Arsalyn foundation, which gathers young people with a desire to get into politics, aged 17-20 from all over the U.S. Those kids were stunning: super-smart, cultured, comfortable in life ("contrary to what we were at their age,," we thought with Moxie), but funnily enough, they seemed pretty at least, much more than us 30-somethings). They treated Nick, the editor of libertarian mag Reason (Matt's employer) like a rock star. Several kids were wearing a 'promise ring,' a kind of public display that you intend on staying virgin until marriage.

L’un des très bons speakers, Andrei Cherny, a raconté son rêve américain : il a démarré en politique à 12 ans en passant l’aspirateur dans le QG d’une campagne à Los Angeles. Le garçon est devenu un champion du dépoussiérage, a persévéré, a grimpé les échelons avant de devenir à 21 ans, rédacteur de discours pour Al Gore et Bill Clinton. Le triomphe du «tout est possible» américain.

One of the many very good speakers, Andrei Cherny, spoke of his American dream story: how he started in politics at the age of 12, by passing the vacuum cleaner in some campaign headquarters in Los Angeles. This young boy became a dusting champion; he persevered, climbed the ranks, and at 21 became a speechwriter for Al Gore and Bill Clinton. The triumph of the American "anything is possible."

Posted by Emmanuelle at July 4, 2005 11:45 AM
Comments


Happy July 4th! Euh sinon c'est pas un hotel qui va etre construit au lieu d'un Wal-Mart ?

Posted by: Estelle at July 4, 2005 1:42 PM

Happy 4th Estelle! Bon barbecue, feux d'artifices etc.

Tu as raison en effet, dans le cas de l'affaire Kelo à New London, la ville veut raser sa maison "historique" pour construire un hotel, un club de gym et des bureaux. L'exemple du Wall-Mart est en général, je vais clarifier donc!

Il y a eu un cas d'expropriation dans le New Jersey pour permettre à Donald Trump d'agrandir le parking d'un de ses casinos. USA Today a plusieurs exemples ici.

Posted by: Emmanuelle at July 4, 2005 4:47 PM

c'est toujours les expats qui finissent par devenir les plus patriotes (je dis ça à cause de ça). Ma théorie (pour moi qui habite depuis 11 ans dans un pays qui ne se presse pas de me naturaliser) c'est que nous les expats on a CHOISI d'être là alors que les locaux c'est leur maman qui a décidé... Enfin on va pas refaire le monde dans les commentaires hein ;-)

Posted by: lau at July 5, 2005 4:46 AM

le blog de moxie est une horreur...."an andidote to the mental illness commonly known as liberalism" dit la page d'accueil....alors oui elle est jolie et drôle, mais si elle représente l'avenir du conservatisme US, il n'y a pas de quoi être optimiste...

Posted by: leonard at July 5, 2005 5:51 AM

Leonard, Moxie fait beaucoup de second degré... Mais quand on se voit, on évite de parler politique. On s'est rencontrés grâce au blogs, je trouve le sien dur à avaler mais j'ai toujours beaucoup de plaisir à papoter avec elle à chaque occasion.

Laurent, aux USA, tellement de gens viennent de familles immigrées qui en ont bavé il n'y a pas si longtemps (une ou deux générations), que beaucoup se sentent naturellement privilégiés et reconnaissants d'être ici. On pourrait imaginer qu'en Suisse, c'est un peu pareil, non, vu la forte proportion d'immigrés, mais si les gens ne sont pas naturalisés même après 20, 30 ou même à la deuxième génération, difficile de générer un franc patriotisme. Comment ca se passe de ton point de vue? Le bouquin "Tickling along with the Swiss" est rempli d'histoires plus ou moins amères sur l'accueil des étrangers en Suisse.

Avec les Français aux USA, c'est différent: de mon expérience, même s'ils sont naturalisés américains, ils continuent à se présenter toute leur vie comme "français". Il n'existe pas de communauté "French-American" à l'instar des "Korean-American", "Mexican-American". Et même si on est devenu américain, avec notre accent, on est toujours considérés comme étranger d'abord: il évoque pour les Américains des gens de passage ou des touristes de la vieille "Yurop." Les Français ne sont pas connus pour avoir fui leur pays au fil des siècles.

Cela dit, je ne me considère pas pour autant une "immigrée" destinée à vivre ici toute ma vie. On verra.

Posted by: Emmanuelle at July 5, 2005 8:09 AM

je te crois sur parole, mais j'ai souvenir de posts TRES premier degré au moment d'une certaine guerre, et du refus de certains pays à s'y engager....
mais bon, je ne suis pas assez naïf pour distinguer ce qui relève du blog et de sa personnalité.

Posted by: leonard at July 5, 2005 1:41 PM

C'est bien pour cela que j'évite certains sujets avec La Mox! Et pleins d'autres blogueurs d'ailleurs.

Posted by: Emmanuelle at July 6, 2005 8:54 AM

Hello there

I would like to offer an exchange of links between your website and ours, which have excellent Google rankings.
If you find such a proposal interesting then please send me details of your sites.
However, if you are not interested please accept my apologies for taking your time.

Best regards,

Caroline Trotter


Bonjour!

Je voudrais vous offrir une echange des renvois entre votre site et la notre qui est situee tres haut sur le Google.
Si vous trouvez cette offre interessante, envoyez-moi des details concernants votre site, S.V.P.
Et si vous n'etes pas interesse, pardonnez-moi de prendre votre temps.

Cordialement,

Caroline Trotter


caroline_trotter@o2.pl

Posted by: Caroline Trotter at January 26, 2006 1:25 PM


Post a comment











Remember personal info?






Categories
Central & Eastern Europe
France and frogs
Journalism
Los Angeles & California adventures
Net & weblogs
Private Investigation
Quick Film review
Archives
December 2006
November 2006
October 2006
September 2006
August 2006
July 2006
June 2006
May 2006
April 2006
March 2006
February 2006
January 2006
December 2005
November 2005
October 2005
September 2005
August 2005
July 2005
June 2005
May 2005
April 2005
March 2005
February 2005
January 2005
December 2004
November 2004
October 2004
September 2004
August 2004
July 2004