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July 26, 2005
J2M sex scandal! Quel scandale?

Un lecteur m'envoit un lien à cet article du New York Daily News sur les coucheries présumées de l'ex-patron de Vivendi Universal Jean-Marie Messier et s'exclame: "Le New York Post prépare un article! (Comment se fait-il que) Personne ne parle de cette histoire en France!"

A reader sends me a link to this New York Daily News article about the alleged sexcapades of former Vivendi Universal chief Jean-Marie Messier, a.k.a J2M and adds: "Another story will be in the New York Post soon. (How come) This story has gotten no play in France at all!!!"

Réponse, à mon humble avis: parce qu'il n'y a rien d'intéressant! Les foucades d'un "milliardaire français mégalo déchu", selon la description du NYDN, ne concernent que lui, sa femme, sa maitresse, l'ex-copain jaloux, leur chihuaha etc. Le très bon livre "Sixty Million Frenchmen can't be wrong" explique cette attitude française envers les ragots de caleçon: "à partir du moment où aucun crime n'est commis, ce qui se passe dans la chambre-à-coucher est privé."

Here's why, in my opinion: because there's nothing remotely interesting! The caprices of a "disgraced megalomaniac French billionaire", as described by the NYDN, only matter to his wife, his mistress, her jealous ex, their chihuahua, etc. The very good book "Sixty Million Frenchmen can't be wrong" explains this French attitude towards sex gossip: "as long as no crime is committed, the bedroom is a private space."

"Les français considèrent le sexe comme quelque chose de tout à fait privé. Ce que les hommes politiques font avec des cigares dans l'intimité de leur bureau ne concerne pas le public. Bien sur, les Français échangent des ragots sur la vie sexuelle des personnes connues lors de diners en ville. Mais contrairement aux Américains ou aux Anglais, ils n'éprouvent pas le besoin de se ruer pour livrer les détails en pâture au public."

[...]

"Les Français attendent des personnes au pouvoir qu'elles dirigent le pays, pas qu'elles établissent un cadre moral. Conséquence: les journalistes français n'enquêtent pas sur les scandales sexuels et portent peu attention à ceux de l'étranger."

"The French truly consider sex as a private matter. They don't think what politicians do with cigars in the intimacy of their own offices is the public's business. The French gossip about the sex lives of public figures at dinner parties, of course. But they don't have the same urge as Americans or the British to instantly go public with the details."

[...]

"The French expect people in power to run the country, not set moral standards. As a consequence: French journalists don't investigate sex scandals - or care that much about other countries'."

Malheureusement, la presse française est bien trop réservée vis-à-vis du pouvoir en général et pas assez agressive, mais c'est un autre sujet.

Unfortunately, the French press is far too reserved towards power in general, and not aggressive enough, but that's another story.

PS: Le bouquin précise que des questions américaines banales du genre "Comment vous appelez-vous?" ou "Qu'est ce que vous faites dans la vie?" d'entrée-de-jeu passent mal avec les Français. D'autant plus que les Américains ont tendance à vous bombarder d'informations très personnelles (photos du gamin tirées du porte-feuille au bout de 30 secondes de conversation, par ex.) Alors qu'entre Français, on peut discuter pendant une heure de n'importe quoi, y compris des frasques de J2M, sans penser à demander le nom de son interlocuteur.

PS: the book adds that questions Americans consider banal such as "What's your name?" or "What do you do?" asked right away tick French people off. And Americans tend to bombard you with very personal information (pictures of the kid pulled out of the wallet 30 seconds into a conversation, for ex.). Whereas French people can easily talk about various things for an hour, including the latest with J2M , without thinking of asking for their interlocutor's name.

Posted by Emmanuelle at July 26, 2005 9:41 AM
Comments


A Frenchman with a mistress!? Agreed. That's about as headline-grabbing a potential topic in Messier's native France as rumors of Robert Evans's next marriage are here in soCal.

Posted by: Brian at July 26, 2005 1:54 PM

Yes, we, French people don't really care or let's say what is important first is their job, their private life is "private" therefore as long as they do not abuse anyone we don't really mind...they are other important things to take care of...in this world...
Thx Emmanuelle for the great article, and thanks to your reader too.

Posted by: Sandy at July 26, 2005 6:35 PM

c'est tellement vrai : entre français, on peut passer d'excellentes soirées à cotoyer un mon de fou, sans même s'intéresser un instant à la profession de l'interlocuteur, sa famile ou même son prénom. Rien de personnel quoi. On échange éventuellement les prénoms (pas les noms de famille) et peut-être le n° de téléphone si la discussion a été intéressante ou que l'on s'est trouvé des atomes crochus avec la personne en face.
En fait, on butine, on glane, on grapille ce qu'on aime chez les autres, sans s'encombrer de ce qui ne nous intéresse pas.

Posted by: vik at July 27, 2005 5:59 AM

Merci pour cette note, comme toujours excellente.

Passons sur le papier du New York Daily News. Ca a le mérite de nous rappeler que ce genre de journalisme existe, qui nous pond avec un sérieux confondant des phrases du genre "Isbell says his girlfriend told him she was in a relationship with Messier for more than a year, and that she was in love with him". Degré zéro du ragot. No comment.

Le lien sur le site de "Sixty Million Frenchmen can't be wrong" est autrement plus intéressant. On peut via sa rubrique "Content", et des résumés du bouquin par chapitre bien fichus, se faire une bonne idée de ce que racontent les auteurs canadiens (étude financée, c'est toujours bon à savoir, par la Crane Rodgers Fondation).
"Très bon livre" dites-vous Emmanuelle.
Sans doute. Mais dans un contexte donné (L'Europe telle que vue aujourd'hui par le Nouveau Monde), aux ambitions intellectuelles sacrément limitées.
Certes c'est de la bonne vulgarisation, basée sur un vrai travail de terrain, et destinée à un public saturé d'idioties télévisées.
Mais ça semble en même temps incroyablement shématique et réducteur. Sans doute le Nouveau Monde ne veut-il voir que le présent des choses (la France serait d'ailleurs bien avisée d'en faire parfois autant).
On ne raye cependant pas d'un trait de plume le passé, le poids culturel d'une Histoire, par la magie superbement elliptique que croit autoriser une "étude de terrain".
Le Nouveau Monde ne sait pas grand chose du monde. Quand il lui arrive de faire un effort dans ce sens, comme ici, disons que le résultat semble plutôt moyen.
C'est vrai des Français et des Européens. Ca l'est encore plus des très vieilles civilisations, Inde et Chine, auxquelles le Nouveau Monde va désormais devoir se frotter, et dont je doute que la susceptibilité supporte si facilement des approches sommairement superficielles, fussent-elles pleines de bonnes intentions.

Posted by: claude delannoy at July 27, 2005 6:34 AM

Claude, je comprends vos réserves vis-à-vis de ce livre, mais comme vous le dites, c'est de "la bonne vulgarisation" utile. Il avait été recommandé dans la lettre d'infos culturelles du consulat de France à Los Angeles, ce qui m'avait intriguée car rares sont les livres sur la France qui trouvent grâce à leurs yeux!

Comme vous le dites, il y a un vrai travail de terrain, et chaque chapitre (sur les grandes écoles, le sens de grandeur, la société civile, l'interventionisme économique etc.) remet bien son sujet dans le contexte culturel et historique. Pour tout dire, j'y apprends plein de choses grâce au regard extérieur des auteurs.

Certains chapitres sont purement historiques: la guerre d'Algérie, WWII, la France dans l'Europe. Pour les férus d'histoire, ce bouquin est sans doute trop léger. Mais pour les autres, il révèle comment le passé et la culture ont forgé la société française actuelle et continuent à peser (constatation qui conduit en général à l'éternel 'pep talk' des nord-américains, à la façon des profs de gym: "Européens, vous êtes ankylosés sous le poids de vos traditions, il faut bouger!")

Posted by: Emmanuelle at July 27, 2005 8:51 AM

Dont acte.
Le Monde a publié une bonne critique de ce bouquin l'an dernier (intitulée avec humour "Des journalistes s'infiltrent pour décortiquer l'esprit français"), dont on peut trouver la copie ici:
http://www.djibnet.com/mabraze/lofiversion/index.php/t6731.html

Le coup des objurgations de prof de gym m'amuse beaucoup ! Mais c'est, dans la forme plus que sur le fond, très vrai.
L'Histoire, de tout temps, c'est la vision du monde que les dominants imposent aux dominés (c'est César qui écrit la Guerre des Gaules, pas Vercingétorix).
Le dominant de nos jours c'est Mickey Mouse. De fait la vision dominante du monde s'est sérieusement dysneylandisée !
Jusqu'au point où les dominés se mettent eux-mêmes à pratiquer la dysneylandisation de leur propre culture (typiquement Amélie Poulain).

Ce qui me fait un peu peur avec ce bouquin (que je n'ai pas lu) c'est qu'on en arrive à un stade inédit d'une sorte de "dysneylandisation érudite", sans doute acceptable mais quand même très trompeuse.

Sans être particulièrement ni "féru" ni spécialiste, je préfère au final la lecture de Braudel ou de Leroy Ladurie. Les points de vue (et l'érudition) de nos vieux éléphants européens valent bien celui d'une petite souris yankee !

Posted by: claude delannoy at July 28, 2005 3:12 AM

Emmanuelle, j'ai essaye de t'envoyer un courriel mais ca n'a pas marche, je prends donc la liberte de le poster ici pour que tu en prennes connaissance...:
Je me permets de t'envoyer ce blog au sujet de Stephen qui est poursuivi, menace de mort, etc, pour avoir affiche un soldat en carton avec des mentions genre Bush lies, I died...etc...a Sacramento...
Il vit egalement a Berkeley et son blog est a propos de tout ca et sa bataille pour "rester en vie"...
Voici son blog
http://corruptionexposer.blogspot.com/
Et j'en ai fais un article, mais je ne suis pas journaliste, tu sais bien, je fais juste ce que je peux...
http://sandygestif-merci.joueb.com/
Mais j'ai pense que tu serais interessee par cette histoire...
Peut-etre la connais-tu deja, je n'en avais pas du tout entendu parler...
Donc, FYI
A plus,
Sandy.

Posted by: Sandy at July 31, 2005 11:37 AM

"Bush lied, I died" would be the correct statement...sorry...

Posted by: Sandy at July 31, 2005 11:38 AM

Salut Sandy, merci pour la mention car je n'avais pas du tout suivi cette controverse, Plus de détails sur ton blog.

Posted by: Emmanuelle at July 31, 2005 6:11 PM

It's amazing to me how I can have an hour-long conversation with somebody at a café in France, about politics and differences between the way things are done between men and women in France vis à vis the USA, and not be asked anything about myself (other than preferences and opinions). I suspect one difference is in the end motivation -- what can you talk about with me versus what can you do for me?

And now, all please cry a tear for the people I tortured this past month (while in Paris) with my terrible French. Sigh.

PS I've recommended your blog, Emmanuelle, to a number of Americans in Paris as not only amusing and interesting, but a great way to learn French!

Posted by: Amy Alkon at August 6, 2005 6:14 PM


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