
De retour de Washington, une petite histoire en attendant le concert de Cure au Live 8, à Paris en webcast sur le site de AOL Music (sans doute entre 22 et 23h heure de Paris).
Ici sur la chaine Fox News, la présentatrice météo annonce le temps sur les villes qui abritent des concerts de Live 8: Londres, Moscou, Philadelphie... Quand vient le tour de Paris, son joli minois se tord en un affreux rictus: "Et à Paris (expression de dégoût), du soleil (mine navrée) sur le ... je vais vous le dire comme les Français (moqueuse, la bouche en cul de poule)... le 'pulay de Versay', ah ah ah" "Hin hin hin!" surrenchérit le présentateur de l'émission d'informations avec un sourire complice en direction des spectateurs.
Mais ne laissons pas ce genre de fines gaudrioles anti-françaises sur la chaine d'info la plus regardée des Etats-Unis entamer notre anticipation pré-Cure. Que je n'écoute plus du tout d'ailleurs: c'est fou ce que les goûts musicaux changent quand on n'a plus le loisir d'écouter des disques, allongés sur la moquette dans le noir pendant des heures comme quand on avait 13 ans. La musique est un bruit de fond en concurrence avec les chaines de télé toute-info ou un calmant en voiture pour adoucir la "road rage", quand vous vous retrouvez coincés dans les bouchons de Los Angeles. Ecoutez "Pornography" sur l'autoroute transformée en parking suce ce qu'il vous restait d'optimisme jusqu'à la dernière goutte. En revanche, emporter Cure lors d'un long voyage contemplatif dans le désert en direction de Reno ou de Las Vegas...
Je n'ai jamais raconté sur ce blog ma rencontre avec Robert Smith l'année dernière en Californie, par égard pour ma copine qui m'a permis de passer quelques heures avec lui, mais une chose m'avait frappée: il était d'une tristesse infinie. Ce soir là en tous les cas, il n'était pas d'humeur à bavarder football. Un souvenir déprimé qui nappe d'une couche de mélancolie supplémentaire toute ma relation avec ce groupe sépulcral si... vital, curieusement, pour une partie de ma génération (Sur la photo: Robert Smith et Brian Molko de Placebo.)
+ Live versions of "M" and "Figurehead" on Yahoo Music.
+ Technorati page of blog posts about Live 8
+ en français une page spéciale sur le site de Radio France.
En parlant de French Bashing:
Les concerts de Philadelphie et de toronto etaient tres bons.
Celui de londres, excellent. Les Anglais sont les rois du Rock and Roll!
Celui de Versailles? Une honte. Sonorisation deficiente, attentes interminables entre groupes, artistes qui ne savent pas chanter (dure la comparaison entre le professionalisme d'une Madona et la voix fausse d'un Bertignac qui nous chante du telephone, c'est le cas de le dire).
Bref, pour une fois les commentateurs de Fox News ont eu raison de faire une moue degoutee.
Mais la dame météo de Fox News n'avait pas encore vu la déblacle Bertignac ni enduré Axelle Red.
Placebo était tout de même très bon, non?
Une dépêche AP explique quelque peu le désordre et la performance de Cure réduite: "Compte-tenu du retard pris, le groupe The Cure qui devait clôre l'événement a été appelé sur scène en avant-dernier alors que Youssou N'Dour et Dido arrivaient tout juste de l'aéroport du Bourget, où ils avaient atterri en provenance du concert «Africa Calling» du Live 8 en Cournouailles."
J'ai loupé tout le concert anglais, y compris les retrouvailles de Pink Floyd, mais JL me dit que les segments seront disponibles sur AOL music à partir du 5. Patience
Jean-Luc me signale le reportage au 20h de France 2 dans lequel Yannick Noah se dit dégouté qu'aussi peu d'artistes français se soient déplacés.
Sur AOL, des spectateurs français près de la table de mixage et ou d'enregistrement font des commentaires entre les concerts: "J'hallucine, je vois David Halliday serrer Axelle Red dans un coin!" ou encore "Ca va être Placebo!! Mmmm... Smack smack smack (bruits obcènes)"