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November 15, 2005
Carte Orange pour les banlieues / Orange pass to the French suburbs

Photo Hosted at Buzznet.comTim Cavanaugh publie un article intéressant sur le site de Reason sur l'argot des émeutiers en France. Ce mélange de verlan, de mots arabes et de français écrit phonétiquement sur les blogs et les forums lui rappelle le "nadsat" des bandes de jeunes dans Orange Mécanique: un mélange d'anglais, de russe et de mots inventés. Dans le roman d'Anthony Burgess, écrit Tim:

Tim Cavanaugh has an interesting article on Reason's website about the rioters' slang language in France. This mix of Verlan, Arabic words and French written phonetically on blogs and forums, evokes to him the "nadsat" spoken by gangs in A Clockwork Orange: a mix of English, Russian and invented words. Tim writes that in Anthony Burgess' novel:

le narrateur, Alex, "ne se fait aucune illusion sur le monde dans lequel il vit: un Etat-providence débordé, politiquement calcifié, où les adolescents descendent dans les rues de façon menaçante quand ils ne sont pas bringuebalés entre écoles publiques et centres de détention pour jeunes."
The narrator, Alex, "harbors no illusions about the world he lives in—an overwhelmed, politically calcified welfare state where teenagers menace the streets when they're not being shuffled between public schools and juvenile detention centers".

Dans le livre et le film, la société est encore plus cruelle que ses jeunes voyous, et je vois mal la comparaison avec la France que je connais (et ses très bonnes écoles publiques.) Mais une jeune travailleuse sociale de Créteil, interviewée par Libération en septembre après Katrina dénonçait, elle, une certaine inhumanité dans la France de son point de vue:

In the book and the film, society is even more cruel than its young hooligans, and I have a hard time seeing how this compares to the France that I know (its very good public schools included.) But a young social worker from the Parisan suburb of Créteil, interviewed in Libération in September after Katrina, was denouncing a certain lack of humanity in France as she sees it:

"Ils ne nous aiment pas, on n'est pas bien admis. Pourtant, on fait tout pour rester dans le droit chemin. Il faut quelque chose de plus ? Que j'aille décolorer ma couleur ? Comme Michael Jackson? Ce n'est pas possible. Moi je ne suis pas de la génération à qui on a dit : "Allez, on vous a foutu dans un coin, restez entre vous." Moi, je vais aller là même si tu ne m'aimes pas. C'est sûr que si demain il y a une catastrophe ici, on ne va pas nous privilégier. On va privilégier ceux qui sont plus friqués, ceux qui ont une couleur plus propre. Nous, on passera après, en dernier, comme en Amérique."
"They don't like us, we're not very well accepted. Even though we do our best to stay on the right track. What do they want more? They want me to remove my color like Michael Jackson? It's not possible. I don't belong to the generation that was told: 'We've piled you up on top of each other, stay among yourselves.' Me, I go where [I want] even if you don't like me. For sure, if tomorrow a catastrophe happens here, they won't favor us. They'll favor people with more money and a cleaner color. We'll come last, after everybody else, like in America."

Libération a publié un autre article, "les rappeurs l'avaient bien dit", citant des chansons de rap français des dernières années annoncant des émeutes imminentes.

Libération ran another article titled "the rappers had warned us" quoting French rap lyrics from the past few years warning of impending riots.

Photo Hosted at Buzznet.com

A Los Angeles, les Français expatriés parlent beaucoup des émeutes entre eux. Le sujet a été abordé hier lors d'une rencontre de journalistes français avec l'actrice Elodie Bouchez qui joue cette saison dans la série TV Alias (sur la photo, dans le décor futuriste de la série aux studios Disney.) Elle a grandi en banlieue mais la jeune femme charmante et réservée, qui s'était engagée dans un mouvement de défense des femmes musulmanes dans les banlieues, s'est prudemment gardée de tout commentaire (comme la plupart des célébrités françaises, à en lire cet article. Il déplorait le silence des stars du foot black/blanc/beur.)

In Los Angeles, French expatriates talk a lot among each other about the riots. The subject was raised yesterday during a meeting of a small group of French journalists with the young French actress Elodie Bouchez, who has a role this season in the TV series Alias (it's her on the pic, on the futuristic set of Alias at the Disney lot in Burbank). She was raised in the suburbs of Paris but this charming and reserved young woman, who had joined a movement to defend Muslim women under pressure in the 'burbs, prudently refrained from comments (as have so many French celebrities according to this article. In it, they also regret the silence of multiethnic soccer stars.)

SYLVIE DE CLICHY

Jeudi, lors d'une rencontre avec Sylvie Vartan à ce sujet, je lui ai signalé qu'un visiteur de ce blog, Roland, l'avait citée en tant qu'exemple d'intégration. Elle a trouvé ca sympathique. Car avant de devenir icône yé-yé, Sylvie Vartan a immigré, enfant, de Bulgarie et a grandi à Clichy-Sous-Bois, là où ont démarrées les émeutes.

Bien sur, c'était pendant les Trente Glorieuses quand l'économie était en plein boom et la cité était toute neuve. Elle disait que le fait de venir d'une dictature stalinienne et de ne pas prendre sa liberté pour acquise ont nourri son ambition et sa volonté de réussir (voici son commentaire à écouter en téléchargeant le fichier MP3 d'1mn 11'')

On Thursday, I met famous French singer Sylvie Vartan about this current event, and I mentioned that a visitor of this blog, Roland, had praised her as a symbol of integration. She said it was nice. Because before becoming an icon of the "yé yé" era in the 60s, Sylvie Vartan was an immigrant from Communist Bulgaria. Her family crossed the Iron Curtain as a child and she grew up in the city of Clichy-Sous-Bois, where the riots started three weeks ago.

Of course, this was during the "Glorious Thirties," when the economy was roaring and the buildings brand new. But she said that coming from a Stalinist dictatorship and not taking freedom for granted had probably helped her to be ambitious and driven to success (you can listen to her in French
by downloading the MP3 file. It's 1 mn 11 sec.)

Anthony Burgess a écrit Orange Mécanique à peu près à la même époque, en 1961: "J'ai voulu montrer un personnage, Alex, totalement libre et que sa liberté poussait vers le mal, dont les actes de violence ne constituent qu'une expression" disait-il au Magazine Littéraire en 1974. Son bouquin servait déjà de référence à chaque montée de violence urbaine: "Je désire montrer que la violence, cette explosion d'énergie qui ne trouve pas d'issue positive et se consume en brutalité gratuite n'est qu'une phase du développement de l'individu."

Anthony Burgess wrote a Clockwork Orange around that time, in 1961: "I wanted to show a character, Alex, who's totally free and whose freedom pushes him towards Evil, and his violent acts only constitute an expression," he told the French Magazine Littéraire in 1974. His book was already widely used as a reference after each occurrence of urban violence: "I want to show that this violence, this explosion of energy that doesn't find a positive ending and consumes itself in gratuitous brutality is only a development phase of the individual."

Posted by Emmanuelle at November 15, 2005 11:32 AM | TrackBack
Comments


Salut,

Juste pour préciser que "Ni putes, ni Soumises" n'est pas une association défendant les femmes musulmanes, mais est une association défendant les femmes tout court contre le machisme et la bigoterie de certains.

Posted by: Stéphan at November 16, 2005 2:29 AM

Ni putes ni soumises n'est pas un mouvement féministes de plus. Il a été créé en reaction au meurtre d'une jeune fille musulmane de vitry brulée vive parce qu'elle s'était 'mal conduite'. C'est une asso (devise 'égalité, mixité, laïcité') qui vise explicitement à défendre les désirs d'émancipation des femmes des 'quartiers', opprimées par une culture machiste de banlieue, inspirée largement par un islam mal compris.
C'est bien avant tout une asso de défense des femmes musulmanes.
Voir leur site http://www.niputesnisoumises.com/

Posted by: philippe at November 16, 2005 6:45 AM

Je ne suis pas d'accord avec ce qualificatif, car dans les banlieux, il y a des femmes musulmanes, mais aussi des femmes juives, catholiques et, oui oui, même, des athées.
C'est un mouvement féministe qui défend spécifiquement les droits des femmes dans les banlieux et les grands ensembles urbains mais ça me gêne quand on qualifie les femmes de ces quartiers comme musulmanes. Ca m'énerve quand c'est un ministre de l'intérieur très à droite, ça me fait enrager quand c'est une journaliste que je suppose de gauche (je confesse effectivement que dans ma petite tête pleine de manichéisme et d'idées préconçues, une journaliste qui bosse pour Libé est forcément de gauche).

Posted by: Stéphan at November 16, 2005 7:26 AM

Stéphan,
le "mouvement" ne fait pas référence à "ni putes ni soumises", assoc qui bien évidemment défend toutes les femmes, et que l'on pourrait qualifier d' association de femmes des cités.

Mais comme le souligne Philippe, ce "mouvement" (en faisaint référence à cette "pétition") répondait précisément à répondre à cet assassinat des femmes musulmanes. Mais vous avez raison: il faut être précis et vigilent et si vous l'avez compris comme ca, c'est que ce n'était pas assez clair.

PS: je ne suis pas "de gauche", mais il en faut plus pour me faire enrager ;)

Posted by: Emmanuelle at November 16, 2005 8:38 AM

Tiré de la version anglaise (c'est un blog bilingue après tout) du site de NPNS :

"Housing projects are located in the suburbs surrounding such large cities as Paris, Marseille and Bordeaux, built in the 1950s and 1960s to provide low-income housing for the influx of immigrants, most of whom were from Algeria, Tunisia and sub-Saharan Africa. Th*re has long been a high concentration of social problems in these areas, but "during the last 10 years, the worsening of the economic situation really accelerated," says Helene Orain, a sociologist and one of the movement's main organizers. ...
To counter these problems, many young people in the "quartiers" have turned to religion, in most cases Islam. In the fundamentalist, often distorted version of religion to which many of the youth adhere, women are inferior to men in every respect. ..
Today, says Orain, boys are often belittled and discriminated against in jobs and in school, so they take out their aggression on those they can still dominate: girls.
20 years ago, women in the "quartiers" were either "closed in and had no rights" or were "considered prostitutes." But today, she says in an interview, "they also suffer from rapes and violence." ...
Members of the group say girls are subjected to a hidden system of surveillance, in which neighbors, older brothers or even other girls scrutinize them everywhere they go. Any deviance--smoking, hanging out with boys-- is promptly reported back to their parents. First and foremost, the girls are judged by their clothes, which, according to the code of the cites, are expected to cover up their bodies. ...
Some even resort to wearing a veil--not necessarily because of their Muslim beliefs, but as a way to protect themselves, says Orain. ...
Chastity is so important that some parents ask a gynecologist to testify to their daughters' virginity and some girls undergo operations to stitch up their hymens. Faced with the double-edged danger of becoming victims or of losing their reputations, many girls are banned (or ban themselves) from going out at all.
...Hence, say the movement's organizers, the girls are more likely to give up their education and succumb to forced marriages imposed by their parents. ...
The goal of the movement is to show these girls and young women an alternative and call attention to their condition. ...
"We are the women of the quartiers who have decided to no longer be silent in face of the injustices with which we live, and to reject the idea that in the name of a 'tradition' or of a 'religion' or simply of violence, we are condemned to suffer." ..."

C'est bien avant tout une assoc' de défense de femmes musulmanes, ou opprimées au nom de l'islam. Je ne vois pas en quoi ça serait spécialement de gauche de refuser ce fait.

Posted by: philippe at November 16, 2005 8:42 AM

Bonjour l'orthographe de bon matin dans mon commentaire précédant, et merci Philippe pour ces précisions. Dire que NPNS défend les femmes opprimées au nom de l'Islam (par des extrémistes) me parait le plus correct, car c'est vrai que les femmes et jeunes filles de ces quartiers n'ont pas à être musulmanes ou issue de l'immigration africaine ou nord-africaine pour souffrir du fanatisme et de la bigoterie de certains manipulateurs de l'Islam.
Bref, je comprends mieux le malaise initial de Stéphan, dans un climat ultra-tendu de surcroit.

Posted by: Emmanuelle at November 16, 2005 9:12 AM

Hum, je vais vraiment avoir l'air du mauvais coucheur qui n'est d'accord avec personne, mais ce sont bien surtout les filles issues de familles musulmanes qui sont opprimées au nom de l'Islam par leur famille ou leur voisins ! Ce sont bien elles que NPNS cible avant tout expressément. Pas exclusivement, d'accord, mais surtout et avant tout...

Posted by: philippe at November 16, 2005 9:37 AM

On est d'accord Philippe!

Posted by: Emmanuelle at November 16, 2005 11:19 AM

j'ai vu cet article dans Libé, que j'ai trouvé très bien, et qui allait de pair avec l'intervention de Kool Shen (NTM) Sur canal, en présence d'Azouz Begag...

Posted by: stéphanie at November 24, 2005 11:17 AM

nan, nan,
npns est une création du ps.
npns propage les idées bourgeoises bcbg du ps.
npns est financé par l'état.
les dirigeants de npns sont main dans la main avec les politiques et les medias.
npns vie du racisme et de l'islamophobie et les propage.
npns fait de la récupe selective et chosie ses cibles.
1 femme meurt tous les 4 jours de violence conjugales, npns s'en fout parceque sa lui raporte rien, sauf si ça se passe dans une cité et que ça met en cause des arabes, la c'est porteur et sa peut se vendre, donc ça les interresse, et ils prennent un mégaphone pour que tout le monde soit au courant, en disant regardez! c'est eux!
npns prend tout le monde pour des cons et jouent avec les politiques, les medias, l'islamophobie et le racisme, un jeu dangeureux ... mais tous les fillons ont une fin .. bien heureusement!

Posted by: anthropologue at January 5, 2006 11:56 AM


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