
Comment disparaitre complètement sans jamais être retrouvé... Je ne parle pas de Zizou (quelle tristesse...) mais du titre d'un bouquin lu la semaine dernière, lors d'un voyage à Washington pendant lequel ce blog fut particulièrement négligé (d'ailleurs, un petit problème technique empêche de réactiver les commentaires pour l'heure...)
Ce livre, publié par feu la maison d'édition ultra-libertarienne Loompanics explique en détails comment se reinventer une nouvelle vie: revêtir une nouvelle identité, en abandonnant conjoint et enfants, un boulot déprimant, des dettes et autres responsabilités. L'auteur du livre, "Doug Richmond" affirme avoir parlé à plusieurs Américains ayant totalement changé de vie, et c'est l'aspect qui m'intéressait le plus.
A l'académie de détectives que j'ai fréquentée, on étudiait souvent ces affaires, mais de la perspective de la famille délaissée et sous le choc, qui appelle un investigateur privé au secours. Tous les cas semblent impliquer inmanquablement un homme de 40 ou 50 ans pris par "le démon de midi", parfois bigame, désireux de redevenir célibataire sans divorcer ni payer de pension à une épouse détestée et des enfants dont ils peuvent se passer. Ils disparaissent du jour au lendemain, après des mois de préparation pour obtenir de faux-papiers, transférer de l'argent offshore etc. Certains surendettés mettent-en-scène un décès fictif en espérant que la prime de l'assurance-vie sortira leur famille d'un gros pétrin financier.
Les meilleurs détectives retrouvent ces fraudeurs grâce à leurs erreurs. Comme le bouquin le signale, ces hommes ont souvent un hobby adoré (modélisme, pêche, moto...) en concurrence avec la femme. Dans leur nouvelle vie, ils le pratiquent en toute liberté: s'inscrivent à des clubs, ou font suivre leur abonnement à "pêche magazine" à leur nouvelle adresse...
J'ai trouvé ce bouquin dans les rayons de la librairie Atomic Books à Baltimore (photo), remplie de manuels du genre: "Comment fabriquer de la méthamphétamine," "Comment fabriquer une bombe", "Comment fabriquer de faux-papiers..." La puissance de feu du premier amendement à la constitution américaine n'a pas fini de m'étonner.
Baltimore est une ville géniale, soit-dit en passant. La visiter était un vieux rêve de fan de John Waters (dont les écrits sont encore meilleurs que les films à mon avis.) Le quartier Hampden est parsemé de flamands roses dans les vitrines des magasins et le café Hon (photo ci-dessus) semble droit sorti d'une scène de Hairspray ou Polyester. Les amis journalistes-blogueurs Laurent et Guillemette, venus de New York, ont été sous le charme et je leur recommande lors de leur prochain saut à "Bawlmore" de visiter le American Visionary Art Museum et de suivre Jesse Walker dans son marché préféré pour les meilleurs crab cakes.

Déformée à Baltimore, avec et sans Matt / Distorted in Baltimore, with and without Matt