
Guillemette est comme Madonna, Scarlett, Gwyneth: son prénom suffit pour évoquer cette précieuse et prolifique blogueuse francophone de New York, auteur de l'excellent livre-guide La France Made In USA. Depuis quelques semaines, notre journaliste préférée (je suis fan de longue date... par voie de Max, à l'époque où ils publiaient de longs reportages musclés) concocte chaque semaine une revue de presse, en français, sur la France et les Français vus par les médias américains. Même à l'époque de Google News et des fils RSS, qui a le temps de tout lire? Guillemette rend un fier service à la communauté de francophones et de francophiles intéressés par ce jeu de miroirs.
Au programme de l'édition de cette semaine: Arielle Dombasle à New York, Dijon ville pluvieuse et ses graines de moutarde canadiennes et le punching-bag franco-chiraquien.
La revue de presse est publiée sur le blog de la France Made In USA mais l'abonnement est facile et gratuit: il suffit d'envoyer un e-mail à Francemadeinus AROBASE aol.com
The press digest is published on the la France Made In USA weblog, but subscribing is easy and free: just send an e-mail to Francemadeinus AT aol.com
French-American bonus pic: our friend David Rensin, at Roman Genn's art opening in Santa Monica: look closely at Napoleon's scepter!
Depuis l'éclatement du scandale Hewlett Packard (le géant de la Silicon Valley avait embauché des détectives privés pour espionner des membres du conseil d'administration de HP et des journalistes) on me demande souvent en quoi consiste le "pretexting": le fait de se faire passer pour quelqu'un, le plus souvent au téléphone, afin d'obtenir des informations. Dans le cas de HP, des détectives se sont fait passer pour des employés de la compagnie de téléphone d'un journaliste, afin d'obtenir une copie de sa dernière facture de téléphone et en déduire qui, au sein de HP, refilait des infos à la presse.
Dégueulasse, hein? Sauf qu'aux Etats-Unis, le pretexting est très souvent légal. Peut-être plus pour longtemps maintenant, mais voyons un peu: le pretexting peut être très simple, comme appeler une personne pour confirmer qu'elle est à la maison ou entâmer une conversation avec les voisins de la personne sous un faux prétexte pour obtenir des infos. Cette pratique a ses limites: la loi Gramm-Leach-Bliley de 1999 définit le pretexting comme illégal, mais uniquement dans le cadre d'acquisition d'informations personnelles privées auprès d'une institution financière, ou auprès du consommateur en relation avec une institution financière. En gros, il est illégal de "prétexter" une banque pour fouiner dans le compte d'une personne ou de prétexter un individu pour obtenir le nom de sa banque. Dans une interview avec P.I. Magazine l'année dernière, le directeur délégué de la Federal Trade Commission (qui contrôle les abus) disait que les détectives privés ne posaient pas de problèmes en général. Il semblait plus concerné par la prolifération de services de pretexting sur le Net, disponible au grand public.
Le pretexting est très utile en dernier recours pour faire avancer une enquête qui piétine et retrouver un fugitif, un enfant kidnappé par un parent lors d'un divorce acrimonieux, un mauvais payeur qui joue au mort etc. Les privés qui travaillaient pour HP avaient étudié le jargon de la compagnie de téléphone et se faisaient passer pour des collègues ayant besoin d'informations. Le San Jose Mercury News a publié le texte de certains appels "prétexte": les détectives cajolent leur interlocuteur et tentent de gagner sa confiance ("Salut Mike, comment ca va mon pote?"). Si je me souviens bien, un détective a passé 50 coups de fil avant d'obtenir ce qu'il voulait du préposé de la compagnie.
Comme le souligne P.I. Buzz, le très bon blog de P.I. Magazine, cette affaire HP est une vraie débacle. Les détectives en question étaient pratiquement dignes d'Anthony Pellicano, plannifiaient des écoutes téléphoniques (ce qui est totalement interdit en Californie sauf par la police ou sur ordre d'un tribunal) et auraient attaché des logiciels espions à des e-mails.
Pour les journalistes, le pretexting est hors de question. Sauf que ... au débat entre journalistes d'investigations et détectives privés l'année dernière au Club de la Presse de Los Angeles, des reporters ont avoué y avoir recours dans certains cas. Le gourou de l'investigation Don Ray disait que les anciens journalistes font de bons détectives, justement, car ils détestent mentir pour obtenir des infos et cherchent toujours un meilleur moyen pour obtenir la vérité sans mener les gens en bâteau. Le privé Adam Dawson avait résumé sa méthode de travail ainsi: "Je prends en considération: 1/ la loi 2/ mon imagination 3/ mon budget."

Master Coop @ SixSpace Gallery until Oct 7
+ LAist Interview: "I've got nothing against skinny girls, but they get plenty of attention already."
Lu dans Le Point (italiques de moi) suite à la récente visite de Sarko aux USA:
"Juste après l'entrevue de la Maison Blanche, le Ministre de l'Intérieur réunit la presse française et demande d'abord d'éteindre les magnétophones pour un point off. Une personne demande alors une exception, "c'est pour l'ambassade"... Réplique de Nicolas Sarkozy: "raison de plus pour éteindre votre magnétophone!"
Ah, ce n'est pas l'interview de Doc Gyneco à la bonne franquette sous un poster de Bob Marley ( rapporté par Kanditatür.)
PS tardif, 09/30: j'apprends par Daniel Schneidermann que Sarko organise aussi des conf de presse "off" avec les blogueurs et que personne n'a idée de le rappeler à la réalité, ou de ce qui devrait être la réalité. ... Lamentable.
"Right after his meeting [with George Bush] at the White House, the French Interior ministry gathered the French press and asked them to switch off their tape recorders for an off-the-record press conference. Someone asked for an exemption: "This is for the French Embassy..." To which Nicolas Sarkozy replied: "All the more reason to stop your recorder!"
Late PS, Sept 30: I learn via french Media critic Daniel Schneidermann that Sarko also organize "off the record" press conferences with French bloggers during which none of those attempt to call him back to reality or to what reality should be... Terrible.
Je sais, je sais... Il m'a fallu une semaine pour faire un bilan de la petite fête mais... j'étais pas mal occupée par des échanges infinis avec le support technique pour transférer le blog de Matt sur un nouveau serveur et la mise-à-jour de son logiciel Movable Type. Tellement long comme processus que c'est presque comme un troisième boulot! La prochaine fois que vous avez affaire à un service d'aide technique délocalisé en Roumanie ou au Sénégal, réjouissez-vous: l'aide technique par e-mail prend 30 fois plus longtemps et est 100 fois plus frustrante que de mener une conversation avec quelqu'un à quelques continents de là...
Depuis le temps, les joyeux participants ont lu les nombreux compte-rendus du "roast" de Cathy (je prépare d'ailleurs un petit article pour la lettre d'info du Club de la Presse de Los Angeles, The 8 Ball)
Les divers reportages sont produits par: Cathy ou le plat principal de ce "roast" (un rituel qui n'existe pas vraiment en France à ce que je sache, et pour information, notre vieille copine de Budapest Lucy nous signale que "roast" en argot londonien fait référence à un acte odieux); sa fille admirable Maia; Amy; Luke "Je n'ai pas de permalinks car j'aime qu'on me déteste" Ford (le compte-rendu est en milieu de page, titré "I'm a trope at Cathy Seipp's roast"); LYT; l'indispensable commentateur David "First" Scott + de très chouettes photos prises par Moxie, Jackie de Londres et des petits extrais vidéo sur YouTube.
Comme de nombreux textes du "roast" ont été publiés en ligne pour la postérité, voici le message d'Arianna Huffington laissé sur répondeur et à écouter en .WAV (qui invite Cathy à faire un échange de maison et de filles adolescentes entre le Westside et Silver Lake et à bloguer sur le Huffington Post) et le très bon hommage de Ken Layne, faxé à la dernière minute et lu au micro par Matt:
"I'm sorry I can't be with you all tonight. Really truly sorry, because instead, I'm in Reno.
Tonight we honor and abuse Cathy Seipp, someone so right-wing that Karl Rove won't even take her phone calls, for fear of alienating his base.
I've known Cathy for five years, but I knew her byline long before that. Her fake byline, anyway. That was the brief Buzz Magazine era – that year or two when Los Angeles made a brave and ultimately failed attempt at literacy and it.
Whether mocking the media in a glossy agazine full of Absolut ads or attacking the elite tendencies of television critics at an annual event she never misses because it's held 10 minutes from her house and she's a television critic, Cathy is the perennial outsider.
If she had Peggy Noonan's gig in the eighties, Seipp would've had the poor Gipper bitching about how nobody would take him seriously because he was a cute Jewish reporter trying to make his way in a West Coast liberal newsroom ruled by feminist male chauvinists.
While it's true that Cathy is now an official National Review culture warrior, her main job is appeasing terrorists and weakening America's resolve. She seems perfectly happy to live in the Sodom and Gomorrah of the screenwriting world, Silver Lake … a neighborhood that went 84% for Kerry in 2004, only because the other 16% were too busy shooting heroin with underage illegal immigrants. (But things weren't quite so one-sided in 2000, when it was an even split between Gore and Nader.)
But even as she continues her extremely eccentric variation of conservatism – collaborating with te French, colluding with fake-Jewish Australian pornographers, drinking with a bunch of sleaze merchants from Showtime or whatever – I will tolerate and even praise Cathy Seipp because she has qualities all but unknown in the dull world of American journalism: She's actually a good person, she's funny as hell, and she's a great writer."
(credit photo Crank Yankers: Comedy Central)
Posted by Emmanuelle at 2:01 PM | Comments (3)September 9, 2006Une fête pour "rôtir" Cathy Seipp / a party to roast Cathy SeippLe mot "Roast" en anglais évoque avant tout de la viande rôtie mais en language familier, le mot désigne aussi une fête pour célébrer quelqu'un: les amis de la personne à l'honneur se réunissent autour d'elle (et d'un bar) et balancent chacun à leur tour des vacheries au micro pour exprimer leur affection (voir le roast féroce de William Shatner sur Comedy Central.)
Demain à Los Angeles, les copains de la journaliste-blogueuse Cathy Seipp la passeront à la broche. Fans du blog, admirateurs et ennemis sont les bienvenus (tous les détails en anglais ci-dessous. Et pour ceux qu'ils l'auront reconnu, c'est bien Ken Layne sur la photo aux côtés de Cathy... Il sévit actuellement chez Wonkette.) Luke Ford chez LAist a entâmé les festivités avec "12 questions idiotes à Cathy Seipp." Extrait: "Can you honestly say that your relationship with Amy Alkon is strictly platonic?"
Tomorrow in Los Angeles, friends of journalist-blogger Cathy Seipp will roast her during a festive party, to which fans, friends and antagonists are invited to (all details are below. And yes, this is Ken Layne in the picture with Cathy... he's currently operating at Wonkette's.) Luke Ford at LAist fired off the Cathy-Fest with "12 Silly questions to Cathy Seipp", such as: "Can you honestly say that your relationship with Amy Alkon is strictly platonic?"ACF Tribute to Cathy SeippCome celebrate as we roast one of our own!
Cathy Seipp has been in the trenches of the battle for independent thinking in Hollywood for as long as she has plied her craft -- and it's an amazing record! Here's a chance to join with like-minded others and salute her courage, her humor, her leadership and her incredible mind.
This is a memorable bash that you won't forgive yourself for missing!
Sunday, September 10th 4:00pm
Figueroa Hotel
939 S. Figueroa Street (just north of Olympic Blvd.)
Los Angeles, CA 90015More info on the American Cinema Foundation website.
Posted by Emmanuelle at 11:28 AM | Comments (4)September 5, 2006testing