
Plus d'un an après la virée de Michel Houellebecq de San Francisco à Los Angeles, racontée dans le LA Weekly (L'étranger in a strange land) la revue The Believer publie le récit du point de vue d'un autre passager de l'équipage, l'écrivain Sam Lipsyte: Waiting for the bad thing. Cette chronique sans rebondissement est à lire surtout comme un document intéressant et pour les photos candides de l'amie "Sexy Sylvie" comme celle ci-dessus à Big Sur.
L'auteur décrit ses souffrances en détail et on en a mal pour lui. Il en bave pour faire parler Houellebecq qui le fixe royalement, l'air de penser sous sa paupière lourde: "Si tu pouvais la fermer espèce de crétin, j'en serais ravi." L'Américain a besoin de s'évader, comme dans ce bar de San Francisco, où le temps d'un verre très nécessaire, il échange plus de mots avec un opticien mexicain (qui veut envoyer les condamnés à mort se battre en Iraq pour racheter leur liberté...) qu'en une semaine avec Houellebecq. L'écrivain français sort de sa torpeur étrangement sur-caffeinée seulement pour discuter de son chien Lucien ou de Matrix II et III... Heureusement, YouTube a la vidéo d'un entretien un peu plus fouillé avec Laure Adler en septembre 2005 (voir image ci-dessous et les autres volets de l'interview ici.) Pour faire parler Michel H, mieux vaut être une belle femme cérébrale. Avant de regarder cette vidéo, je ne m'étais jamais rendue compte à quel point Houellbecq ressemblait à Beaudelaire.
Cette semaine, un autre écrivain français était de passage à L.A.: Grégoire Bouillier. Etant un peu beaucoup dehors du coup ici en Californie, je n'avais aucune idée du phénomène GB en France. Il est allé à la rencontre d'étudiants au Francophone Resource Center de l'université de USC et a rejoint New York pour la promotion de son livre, "L'invité Mystère". La traduction en anglais recueille de bonnes critiques et une couverture médiatique impressionnante pour un auteur français aux Etats-Unis, en partie grâce à la bande-annonce du livre sur YouTube.
La blogueuse Maitresse à Paris soupçonne les Américains de s'enticher pour de mauvaises raisons. J'ai commencé à lire le livre en anglais (l'erreur!) et j'ai eu la chance de rencontrer l'auteur quelques instants, ce qui m'a donnée envie de me replonger dans le texte en français, maintenant que je trouve Gregoire Bouillier bien plus sympathique en personne que son alter-ego en sous-pull.
And Catherine Millet.
en fait, LE très (très) bon livre de Grégoire Bouillet, c'est "Rapport sur moi". Son premier. Celui pour lequel il a eu le prix de flore.
(hallucinant cette video de youtube !!!)
J'ai toujours l'impression que le seul auteur francais contemporain traduit aux USA est Houellebecq (avec BHL) ..