

"Appelle moi: je suis ouvert 24 heures sur 24..." c'est avec ces mots que Duncan Shields réconfortait ses amis quand ca n'allait pas, et il tenait sa promesse. Disponible et chaleureux, toujours souriant, engageant, Duncan était l'un des piliers de la bande des correspondants de la presse étrangère en Hongrie, dont certains couvrent actuellement le 50ième anniversaire de la révolution de 1956 (voir Hungary's 50-year grudge par Christopher Condon.) Duncan est mort d'un cancer la semaine dernière à Londres, entouré de proches et de plusieurs amis, dont certains venus de Budapest pour être à ses côtés. Toute la communauté des journalistes étrangers ayant vécu en Hongrie après la chute du Rideau de Fer est très abattue et choquée: personne ne savait qu'il était malade, jusqu'à tout récemment.
Duncan était venu d'Angleterre en 1986: un pionnier! Il avait travaillé pour le Daily Mail britannique et l'agence Reuters et co-fondé une équipe de foot. Excellent francophone, il avait aussi appris le hongrois et avait récemment publié avec Florence La Bruyère, la correspondante de Libération à Budapest et amie de longue date, Les Frères Rajk, un livre en français sur deux figures historiques hongroises (Laszlo Rajk opta pour le communisme tandis que son frère servit le régime fasciste à la fin de la seconde guerre mondiale.) Le Budapest Sun a publié un hommage à Duncan.
Depuis notre rencontre au milieu des années 90, je n'ai gardé que de très bons souvenirs de Duncan: les virées à l'arrière de sa moto à travers Budapest, les rigolades en soirées, cette expédition à Vukovar en Croatie où tous les toits des maisons s'étaient écroulés sous les bombardements, les longues conversations en français à coeur ouvert, car Duncan était un optimiste et un incorrigible romantique, qui adorait la compagnie des femmes en général.
La photo ci-dessus (empruntée à Generation Expat) remonte à la fiesta des anciens du Budapest Week pour le premier de l'an 2004 à Budapest. En janvier dernier, nous étions tombés sur Duncan en janvier, au Café Kör près de la basilique: en super forme, souriant comme toujours, plein de projets. Des amis de Duncan ont établi un blog, duncanshiels.com avec un lien à une gallerie de photos de Duncan au printemps à Paris. Un mémorial est prévu ce vendredi à l'Ambassade Britannique de Budapest. Je devrais conclure par quelque chose de sobre, du genre "quelle tristesse" mais je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est vraiment dégueulasse.
* Au revoir, cher Duncan