
Kate Coe du blog mordant spécialisé ès médias de Los Angeles, Fishbowl L.A., a interviewé Matt juste avant les derniers remous au Los Angeles Times où il travaille comme rédacteur en chef adjoint aux pages Opinion / Débats. Le journal a annoncé la fusion de la rédaction papier et de la rédaction web (mieux vaut tard...) et les réactions méfiantes sur place sont dignes d'un syndicat d'oribusiers (fabricants de bougies) français face à l'invention de l'électricité. En 2007.
Matt détaille sa consommation de télé à Fishbowl L.A:
"Au bureau, le Net est avant tout un outil de recherches, mais quand j'ai le temps, je clique sur les liens sur notre blog (Opinion L.A.) J'allume la télé en général vers midi, pour suivre CNN ou C-SPAN (une sorte de chaine parlementaire américaine) sans le son jusqu'au coucher du soleil, au moment de passer au baseball et au basket. J'ai de la chance si je rentre chez moi à temps pour regarder The Colbert Report. La seule émission d'information qui m'intéresse autrement de temps en temps est la minute dramatique de Hal Fishman."
"At the office, the Internet is mostly a search tool, though when I have time I might zip through the permalinks listed on our blog (Opinion L.A.) I usually turn the teevee on around noon, watch CNN or C-SPAN with the volume off until the sun goes down, then it's baseball or basketball. Back home, I'm lucky if I arrive in time for The Colbert Report. The only other news program that occasionally interests me is the Hal Fishman Drama Hour."
Les Frenchies en visite sur ce blog (coucou!) pensent ne pas connaitre Hal Fishman, mais ce présentateur de télé de Los Angeles a inspiré le personnage de Kent Brockman dans Les Simpsons. Après 45 ans ans de loyaux services, il a obtenu de pouvoir glisser dans ses journaux télévisés une minute de commentaire de temps à autre: c'est surréaliste. Imaginez Poivre interrompre son journal pour donner son avis sur le nombre de candidats démocrates aux présidentielles de 2008 ou les prix scandaleux à la pompe à essence (l'équivalent de 0,60 Euros le litre d'essence ordinaire sans plomb à Los Angeles... vu de France, pas de quoi hurler, sauf de joie)
So, what do you do, Matt Welch? Des smores! Le week-end dernier, notre copine Christelle a fêté les Rois tardivement chez elle près du Farmer's Market et Matt fraichement couronné à essayé de préparer un met typiquement américain pour épater les jeunes invités: des smores, une espèce de shamallow fondu sur un biscuit avec du chocolat. Mais les smores de Matt se sont emballés sur les flammes...

L'impensable arrive en Californie en ce début d'année... D'abord Schwarzie qui annonce son projet de couverture médicale pour tous les Californiens et aujourd'hui, de la neige à Malibu. Pas beaucoup, mais de quoi semer la zizanie: sauf neige artificielle à Disneyland à Noël, les Angeleno ne voient jamais de flocons ou presque (cf. cette photo de 1947). Ici, à Silver Lake, il fait seulement froid et pluvieux. A regarder ce soir avec une bouillotte: Le docu d'Al Gore sur le réchauffement de la planète.
Photos: NBC 4 & KNX1070
Pour les Angelenos désireux d'en savoir plus sur la révolution YouTube et ce que la montée en puissance des sites communautaires signifie pour la télévision de Papa (=les chaines traditionnelles), Kevin Roderick du blog LAObserved interviewe ce jeudi au Club de la Presse de Los Angeles Nicole Lapin de CNN. Décrite par Wired comme une sosie surdouée de Lindsay Lohan, Nicole Lapin a étudié entre autres à Sciences Po Paris avant de présenter "CNN Pipeline", un nouveau service de la chaine d'info pour "news junkies" graves: il permet de regarder en direct sur le Net, les images de 4 événements majeurs à travers le monde en continu (voir cette critique du service sur le blog Many Highways + chez TVNewser.) - Plus d'infos sur le site du Club de la Presse de Los Angeles.
(*) Everyone who attends gets a one-year VIP pass to CNN Pipeline, the network's premium broadband news service, sez LA Observed.
(image: Mediabistro.)
Pour ceux qui se souviennent de l'affaire Limelight, sur laquelle j'avais écrit un article pour feu le magazine Max en novembre, et pour tous les copains/ines français(es) de Los Angeles qui connaissaient les protagonistes les condamnations sont tombées: 20 ans de prison pour de Alexandre de Basseville,15 pour Bruno d'Esclavelles.
Rappel des faits: à Hollywood, Alexandre de Basseville, un photographe de mode au look de pirate, charismatique, cultivé et réputé "mytho" avait transformé la société de production de sa femme Kiera Chaplin, petite fille de Charlot, en organisation criminelle internationale de traffic d'Ecstasy, AK-47 et blanchiment d'argent. La DEA, l'organisme fédéral de lutte contre les traffics de stupéfiants a mis deux ans à démanteler ce réseau, une mission surnommée"Opération Clap de Fin".
Pour plus de détails, voici l'article de Max (Début - suite) Des tournures ont été changées, parfois malencontreusement: par ex. Alexandre de Basseville est décrit en "aristocrate" alors que ses véritables origines sont floues.
Le Los Angeles Times avait couvert l'affaire brièvement, sans donner suite et je n'ai jamais lu d'enquête détaillée dans la presse helvétique sur tout le pan suisse de l'affaire, alors qu'AdB a tout de même réussi à enbobiner le clan Chaplin, ayant un moment installé sa holding au Manoir de Ban! Le plus triste dans l'affaire, me disent ceux qui ont connu les deux Français, est l'implication de Bruno d'Esclavelles: un père de famille décrit unanimement comme "un type bien", dont tout le monde se demande comment il a pu se laisser embarquer dans de tels traffics mafieux.
Quand à Kiera Chaplin, elle figure dans un reality show, a demandé le divorce de son pygmalion emprisonné et a déclaré à la presse anglaise, "je suis célibataire pour la première fois depuis l'âge de 16 ans et j'adore ça."
As for Kiera Chaplin, she's starring in a reality show, served his jailed pygmalion with divorce papers and told the British press: "'I'm single for the first time since I was 16 and I'm loving it."

Est-ce que le tout Los Angeles se tamponne de voir débarquer David Beckham en juillet? Pas Hugh Hefner, le fondateur de Playboy: "Le foot n'a jamais vraiment pris en Amérique, et Beckham peut changer cela," a-t'il dit hier lors d'une interview avec un groupe de journalistes au célèbre manoir Playboy. La venue du sex symbol footeux surexcite les trois petites amies de "Hef", Holly, Bridget et Kendra (ci-dessus). Son nom provoque un concert de petits cris et de «ohhhh» «aaaahhhh»:
Bridget: "Il va s’intégrer très vite ici! J'espère qu'il viendra à nos fêtes!"
Kendra : "Ohhh… c'est tellement super. Dites à David que je veux jouer au foot avec lui."
Bridget : "Victoria? Elle va bien s’amuser ici. On a des projets pour elle, hi hi hi."
Bridget: "He’s going to fit in fine ! I hope he goes to our parties!"
Kendra : "Ohhh… It's so great. Tell David that I want to play soccer with him."
Bridget: "Victoria? She's going to have fun here. We have plans for her, he he he."
Attendez-vous peut-être à apercevoir les Beckhams dans dans le reality show à succès The Girls Next Door sur E! (en France aussi sur CanalSat 54) et qui cartonne auprès du public féminin. L’émission suit les girlfriends de Hef' dans leur quotidien de courtisanes modernes en cours d'émancipation, grâce, justement, à leur succès télévisé.
Agées entre 21 et 33 ans, Kendra, Bridget et Holly ont l'air très heureuses, vivent dans l'oisiveté et le luxe, entretenues par un sybarite de 80 ans dopé au Viagra qui leur impose un couvre-feu à 21 heures pendant la semaine. Elles sont adorables mais il ne se passe rien -- rien de grave en tous les cas, les plus gros rebondissements se résumant à: «Mon Dieu, j’ai pris une deuxième tranche de gâteau hier et je ne rentre plus dans ma robe de soirée!» ou «Zut, le chien a encore fait une crotte dans la limousine!»
Comme les Roumains subjugés par le feuilleton Dallas dans les années 80 sous Ceaucescu, les téléspectatrices de l'Amérique profonde rêvent d’avoir les mêmes problèmes. La mère de Kendra, aussi apparemment: "Quand je commence à me plaindre ou que je suis un peu déprimée au téléphone avec ma mère,," raconte la jeune garçon manquée pensionnaire du manoir, "Elle me secoue tout de suite: "Kendra, tu préfères retourner travailler à Papa John (une chaine de pizzérias)? Non? Bon!"
En fait, le plus gros souci des girls est sans doute de plier bagages, comme les jumelles avant elles, si Hef décide de renouveller son harem. De fait, Kendra investit dans l'immobilier. Bridget prend des cours de communication et commence à travailler comme doubleuse de film et télé. Holy espère mettre la bague au doigt de Hef (lire l'analyse de l'ami Tony à LAist, un fan du show.)
In fact, the girls' biggest worry must be about the day they may get sent packing by Hef, if he decides to renew his harem (like the twins before). In fact, Kendra invests in real estate. Bridget takes communication classes and does voice-over work. Holly hopes to become the next Mrs. Hefner (read the review of our friend Tony at LAist, a fan of the show.)
Même si leur arrangement polyamoriste et la machine publicitaire autour laissent songeur, les filles ont des personnalités engageantes, parfaites pour promouvoir la marque Playboy, revigorée après la crise des années 80-90.
Grâce au grand-père de Matt, nous avons une précieuse collection de vieux Playboy à la maison. Ce qui veut dire, entre autres choses, une mine formidable d'interviews en profondeur comme plus aucun magazine n'en fait. Même Playboy a du mal: si les interviewers d'enfer comme David Rensin travaillent encore pour le mag, les stars d'aujourd'hui ne sont plus du même accabit. Leurs armadas de publicistes rechignent à donner au journaliste deux ou trois semaines d'accès en continu, et les dizaines d'heures d'entretiens nécessaires à la confection d'une fameuse interview de Playboy. John, le vidéaste personnel de Hugh Hefner (qui documente ses sorties et contacts avec le public) se souvient avec nostalgie des visites des stars d'un autre âge, de Jimmy Stewart à Elizabeth Taylor "qui avaient beaucoup de charisme et traitaient le personnel avec grands égards."
Thanks to Matt's late grandpa, we have a precious collection of old Playboys at home. Which means, among other things, a fantastic treasure trove of thorough interviews like no magazine does them today. Not even Playboy, in a way: if ace interviewers such as David Rensin still contribute to the mag, today's stars aren't exactly of the same quality. Their batallions of publicists are reluctant to grant the
journalist two or three weeks of continuous access, and dozens of hours in conversation, which are what the legendary Playboy interviews are made of. John, hugh Hefner's personal videographer (who documents his media and social events) fondly remembers the times when Jimmy Stewart and Elizabeth Taylor would come by the mansion "who had great charisma and treated the staff with a lof of consideration."
En Europe on dit "Voir Venise et mourir"... A Los Angeles, l'endroit à visiter absolument pour valider son existence est le Manoir Playboy, 10236 Charing Cross Road... notre Palazzo Ducale. Le rituel est connu: le visiteur s'annonce aux grilles dans l'interphone dissimulé dans un faux-rocher, confie sa voiture à un valet et pénètre dans l'enceinte du fameux manoir gothique de style Tudor, construit en 1926-7. Le jardin est un décor de Shangri-la avec zoo privé, une esplanade de gazon tendre où se pavannent des paons dodus, une piscine avec la légendaire grotte de tous les excès (voir la carte satellite de cette vision babylonienne, sans Playmates toutefois.)
En fan de Vegas, j'ai un faible pour les gargouilles, tentures pourpres et canapés en peaux de fauve... Le Manoir est un rêve devenu réalité. Une pièce dans la petite maison-salle de jeux est couverte de miroirs; le sol mou est un immense waterbed (un matelas rempli de liquide, très en vogue dans les années 70 aux Etats-Unis) et la salle-de-bains adjacante est un vrai drudgsore (pot de vaseline, huile pour bébé, Pepto Bismol.) Hier, lors de ma deuxième visite au manoir, des journalistes français étaient horrifiés par le tigre en céramique dans la bibliothèque:
L'un d'eux, à la fois amusé et saturé: "Qu'est ce que c'est laid ici!"
Moi: "Ah bon? J'adore ce genre d'intérieur kitsch... et ces panneaux de bois partout, comme dans un manoir anglais... C'est beau, non?"
Journaliste: "Mais enfin, tu plaisantes... regarde le bois... C'est du bois de merde (toc toc) tu vois, c'est mal fait, ca sonne creux."
Moi, en examinant les boiseries de plus près: "Ben oui, tu as raison... du contre-plaqué peint en marron foncé... comme dans un décor de cinéma..."
J: "Et regarde les peintures comme elles sont laides... C'est d'un goût (tapote la statue d'un lion dans le hall) Tout est faux ici, c'est comme Disneyland. Ca fait combien d'années déjà que tu vis ici? Ah, 9 ans? Je crois que tu es vraiment contaminée!"
Me (incredulous): "Really? I love this kind of kitsch interiors... and these wooden panels everywhere, like in an English manor, isn't it beautiful?"
French journo: "You must be kidding... look at the wood, here... shitty wood (knock knock) you see, it's not well done, it sounds shallow."
Me, checking the wooden panels more closely: "Mmm, you're right... looks like some kind plywood painted in a dark shade of brown... Looks like a movie set... "
French journo: "Look at the paintings all around... The taste! (He plonks the statue of a lion in the hall) Everything is fake here, it's like Disneyland. For how long have you been living in L.A.? 9 years? I think you've been well contaminated!"
Le Dali, le Kooning et le Pollock dans une salle d'entrée nous auront échappé. Hugh Hefner est forcément impressionnant (dans une forme étonnante, quoiqu'un peu sourd, mais bon), mais un poil décevant en interview. Il en a tellement donné dans sa vie qu'il est sur pilote automatique et répète souvent les mêmes choses, verbatim, d'une fois à l'autre, 2, 5 ou 10 ans après, pour alimenter le mythe de la compagnie, dirigée aujourd'hui ar sa fille. Pour le coup, j'aimerais lire un jour une interview style Playboy très fouillée et candide du personnage. Voici deux extraits de la petite conf de presse, à écouter ici en MP3: Hefner parle d'amour (avec ses trois girlfriends) et de la mort, à l'américaine: ici, il s'agit toujours toujours de "célébrer son existence." Une employée de Playboy me disait qu'à long terme, le manoir deviendra sans doute une sorte de "musée" partiellement ouvert au public.
Photos: Dana Ross, et ma gallerie Buzznet