
De retour d'un excellent week-end prolongé au mariage des amoureux C & C (photos) à San Miguel de Allende au Mexique, une magnifique petite ville coloniale du XVIe siècle devenue repaire de retraités américains qui viennent couler des jours paisibles (yoga, ateliers d'écriture, poterie...) au soleil et à frais réduits. Ce séjour à inspiré une chronique à Matt dans le Los Angeles Times, car San Miguel déplore l'afflux d'immigrés américains... clandestins qui s'installent et lancent des petits business mais ne payent pas d'impôts. Evidemment, San Miguel a son lot de jeunes Mexicains partis travailler sans papiers aux Etats-Unis... Drôles de flux migratoires nord-sud.
Par ailleurs, c'est au tour de Matt de participer à un chat (très 1997) sur le site du Los Angeles Times ce jeudi à 14h heure de Los Angeles (17h à NY, et 23h à Paris) avec les lecteurs des pages Opinion / débats, dont il est rédac chef adjoint. Vu les bloggers dans son réseau de copains en ligne, on parlera sans doute beaucoup de baseball et du futur des journaux à l'heure où le Los Angeles Times repense toute sa politique sur le Web.
En vidéo ci-dessous, l'entrée du pilote de course "français" Jean Girard (Sacha Baron Cohen) dans la comédie américaine lourdaude Talladega Nights est l'une des scènes de cinéma les plus drôles de 2006. Girard force Ricky Bobby (Will Ferrell) à répéter sous la menace "I love crepes" (Autre phrase de dialogue mémorable: "Like the frightened baby chipmunk, you are scared by anything that is different...")
Mais pour ceux qui veulent apprendre le français pour de bon et en douceur, essayez les lessons gratuites en MP3 de la BBC. Je suis en train de tester les podcasts pour l' allemand et l'espagnol qui ont l'air très bien faits.
C'est bien dommage de ne pas avoir l'équivalent du vibrant magazine New York dans notre chère mégapole marginale et mal-aimée de Los Angeles, en panne d'hebdomadaire malgré l'effort de ces zozos en 2004. Mais l'un des petits plaisirs de la vie est de dévorer New York sous le soleil éclatant de Los Angeles (22 degrés cet après-midi) tandis que les new-yorkais se préparent à la tempête de neige.
L'amie Cathy, abonnée à New York magazine, donc, m'a passée le dernier numéro qui essaye de décrypter “le plus grand gouffre générationnel depuis le Rock & Roll”: NY veut parler de la déshinibition des jeunes sur internet (jeunes=moins de 30 ans, pour mettre les choses au clair), ces ados et étudiants qui s'affichent sur Buzznet, Flickr et Vimeo, et racontent leur vie intime sur Facebook ou Myspace avec une liberté et une insouciance qui font frémir les vieux (dont je fais partie... J'avais fait un article pour le cahier emploi de Libé sur la mine d'informations que les employeurs décèlent sur les candidats à l'embauche sur leurs blogs, moblogs etc.) L'article de NY, très fouillé, cite Clay Shirky, professeur à NYU et blogueur de 42 ans qui a sa théorie sur ce gouffre en question:
"A chaque fois que les jeunes gens s'adonnent à des activités auxquelles les vieux n'ont pas droit, nous sommes amers. Qu'est ce que nous avions comme occupation à leur âge? Trainer dans le centre commercial ou dans le parking de la superette. Quel poisse d'avoir grandi à notre époque! Et cela nous fait enrager après-coup."
“Whenever young people are allowed to indulge in something old people are not allowed to, it makes us bitter. What did we have? The mall and the parking lot of the 7-Eleven? It sucked to grow up when we did! And we’re mad about it now.”
Selon Shirky, les gens sont pressés de dire que leur comportement découle d'une certaine morale, pas d'une simple logique chronologique. "On ne se comportait pas comme [les jeunes d'aujourd'hui] parce que ce n'était pas une option."
C'est presque difficile de se souvenir de la vie avant la Toile, mais je ne suis pas mécontente d'avoir découvert le Net à 22 ans seulement. C'est un thème dont nous avons un peu parlé avec l'actrice Drew Barrymore lors d'une interview pour le Vogue de Décembre. Elle disait: "J'ai vraiment de la chance d'avoir grandi avant que la technologie ne change vraiment la vie," et pas seulement parce qu'elle a pu garder un peu de temps pour lire des livres, avant que tout notre quotidien soit absorbé par des écrans.
Ses jeunes fans de l'excellent Drewseum, par exemple, Ashley et Anne, ont grandi en ligne et se sont rencontrées sur des forums en ligne consacrés à Drew Barrymore. A 14 ans, quand j'étais fan de Cure, tout se faisait par courrier: les lettres en mauvais anglais aux "curistes" du monde entier, les échanges de photos et de cassettes de concerts piratés, la distribution du fanzine français Three Imaginary Boys ou encore les préparatifs avant les tournées européennes ("Tu sais où crêcher après le concert de Strasbourg?" "Ecris au P'tit Titi et demande-lui!") Un fan de Minsk (à l'époque de l'URSS) m'avait envoyé des pin's communistes en guise de cadeau. Une fan de Budapest contactée dans les années 80 est devenue une très bonne amie et m'a fait invitée à lui rendre visite, ce qui a déclenché mon engouement pour la Hongrie. Bref, on faisait la même chose que les kids d'aujourd'hui, mais en plus lent, en plus petit comité, et faute de webcam ou de Myspace, sans savoir à quoi l'autre ressemblait, ce qui était très bien. Et ce, même lors des rencontres par voie electronique, via le fameux Minitel (quasi objet de culte dans certains cercles aux Etats-Unis.)
Mais la véritable question, conclut New York magazine, "est celle qui se pose pendant toutes les révolutions: "Dans quel camp êtes-vous?"
But the real question, New York magazine concludes " as with any revolution is : "Which side are you on?"
(Photo: Juliette Lewis and the Licks par Tony. Quel rapport me direz-vous? J'ai lu l'article sus-cité dans New York en attendant de l'interviewer cet après-midi. Or, elle incarne très bien la trentenaire qui vit son rêve de jeunesse, puisque cette actrice reconnue a sacrifié le cinéma pour faire du rock à temps plein. )

Hallelujah. John Waters signait hier sa (très bonne) compilation de chansons pour la Saint Valentin, "A date with John Waters," à Amoeba Records à Hollywood où j'ai fait la queue avec 200 et quelques fans déjantés, dont ce jeune homme de Baltimore (ou un malin qui connait très bien l'attachement du "pape du trash" pour sa ville natale.) Il lui a laissé au passage une photo et un CV d'acteur... Une de plus sur la pile de cadeaux.
Un fan barbu qui sentait le bar avait amené sa copie écornée et tâchée de Crackpot sous le bras (j'avais la mienne) et nous avons comparé nos chapitres préférés: j'adore le "John Waters' Tour of L.A." dans lequel il fouille les poubelles de stars et évite de regarder les piétons, "ces tristes figures de Los Angeles." Une jeune fille adorable posait beaucoup de questions, ses grands yeux écarquillés: elle ne connaissait pas bien l'oeuvre de John Waters mais avait décidé, enfant, que le personnage était merveilleux et une icône indispensable de l'Amérique moderne.
On n'a guère de temps avec son idole au moment de la signature. Il a été gracieux et au cours de la conversation, m'a dit que je ne faisais pas mon âge, youhou. J'ai oublié de faire comme Antoine de Caunes, qui, selon la légende, prend soin de loucher sur toutes les photos un peu solennelles (avec des éminences grises, ministres, Chirac..) pour agrémenter sa gallerie personnelle -- il faut dire que j'étais contente comme tout. A force d'interviewer des célébrités, je pense de plus en plus qu'elles ferairent mieux de se taire et de garder un peu de mystère, mais pas John Waters. Si seulement il pouvait se remettre à publier des essais comme dans Rolling Stone comme dans les années 80 et donner suite à sa bio, Shocked Value!
Bonus link: Best John Waters fan site: Dreamland.
+ video promo of John Waters for his CD.
+ a 5 part-documentary on JW by Jonathan Ross on Youtube:
+ Morning Becomes Ecclectic (radio) Dec, 23 2005 + MBE Sept 21, 1998 + The Treatement with Elvis Mitchell (1997)
PS: merci LAist!