
Il y a eu l'histoire du magicien Roy attaqué par son tigre à Las Vegas, et celle de l'acteur porno défoncé au crack qui avait transmis le VIH à plusieurs starlettes à Los Angeles, mais j'ai rarement reçu autant de réactions à un article qu'après la publication mercredi du Grand Angle dans Libération sur la crise existentielle de Starbucks: «La chaine du café broie du noir.»
Un prof de management m'a écrit car j'imagine que les contradictions de Starbucks sont intriguantes pour ses élèves, ainsi qu'un certain «Monsieur Poulet» (!) qui vend des tee-shirts en coton issus du commerce équitable... Celui-ci est carrément réussi.
A teacher in management sent me a note, since, I guess that Starbucks contradictions give good food for thought to his students, as well as a certain «Monsieur Poulet» (Mr. Chicken) who sells T-shirt made of Fair trade cotton with French inscriptions... This one is especially tasty.
Tout le monde semble avoir une opinion sur Starbucks et celles des lecteurs de Libé sont bien intéressantes. Ils sont nombreux à dénoncer la multinationale (pour ses méthodes d'implantation au rouleau-compresseur, son manque d'âme, son café au goût de brulé...) mais certains signalent qu'ils fréquentent Starbucks pour jouir du service à l'américaine (et si vous vous demandez pourquoi personne de Starbucks n'intervient dans l'article, c'est parce que Starbucks USA et Starbucks France n'ont pas exaucé mes demandes répétées d'entretiens.)
Rolan commente sur le site de Libé:
«Les cafés Starbucks sont largement critiquables, mais lorsque j'ai besoin de me poser je vais dans un Starbucks sans état d'âme: j'ai arrêté d'aller dans le petit café du coin parce que la patronne ne dit pas bonjour, parce que le patron me regarde d'un sale oeil, parce que les saoulards au bar puent la bière et grognent des insanités, parce que les serveurs pressent à la consommation (expérience facile: restez 30 minutes sans commander à une table de café...) Moi je dis: vive Starbucks!»
«Starbucks coffee is easily criticized, but when I need to sit down I go to a Starbucks without further conscious wrangling: I stopped going to the little corner café because the woman owner would not say "bonjour," the owner would look at me weird, and drunks at the bar would stink of beer and grunt insanities, and because waiters would pressure me to consume (try this: stay 30 minutes in a café without ordering...) That's why I say: vive Starbucks!"
Ce commentaire m'a rappelée la fois où j'ai du rentrer deux jours à Paris pour interviewer Mathieu "j'ai besoin urgent d'un oinj pendant l'entretien" Kassovitz. Il fallait retranscrire l'entretien en temps record avant de rentrer à Los Angeles. Toute crevée, en bonne française américanisée, j'étais descendue au café du coin à Bastille pour demander un café «à emporter» pour remonter bosser avec mon gobelet. Comme au Starbucks.
Mais non seulement le cafetier n'avait pas de gobelet à emporter mais il m'a bien fait sentir que je commettais là un sacrilège. De là à brancher mon ordinateur dans un coin pour faire le travail du même café... j'aurais pu tenter le coup, mais à mes risques et périls. De fait, c'est peut-être pour cela que les terrasses des cafés parisiens sont si mythiques: on y voit des gens se parler, flirter, lire le journal... pas courbés sur leur ordinateur, iPod aux oreilles, comme au Starbucks à L.A.
But not only did the café manager not have any take-away cup, he also made me feel very intensely that I was committing a sacrilege. Plugging my laptop in the café to work ... would have been risqué. Of course, that's probably the reason why the Paris café terraces are so mythical: you see people chat, flirt, read the newspapers ... but not hunched over their laptops with iPod earbuds on, like in a L.A. Starbucks.
A Los Angeles, je vais au Starbucks de temps en temps, pour commander du café noir et leur délicieux gâteaux à la carotte. Comme au Mc Donald's où les serveurs poussent à la consommation («And do you want fries with that?») , les «baristas» demandent si je veux un supplément "lait de soja" ou une dose d'expresso... dans un café déjà fort à terrasser un coyote. Je prends toujours soin de ne pas utiliser le jargon Starbucks et commande un "small coffee" au lieu de "tall coffee". Mais ils sont inmanquablement très aimables et donnent des coupons gratuits si le délai de préparation du café dépasse 3 minutes.
Mon frère Olivier a longtemps boycotté Starbucks pour leur politique floue sur le commerce équitable, et surtout parce qu'il «trouve ça dégueulasse de mettre des sirops à la noisette ou au caramel dans du café... Starbucks sert les gens qui n'aiment pas le café au départ!» me disait-il tout à l'heure au téléphone.
My brother Olivier has boycotted Starbucks for a while because of their blurry position on Fair Trade coffee, but more recently because he finds it "disgusting to add hazelnut or caramel syrup in coffee.... Starbucks serves people who don't like coffee to start with!" he told me earlier today on the phone.
Je ne suis encore jamais allée dans un Starbucks en France, qui, comme l'explique le prof Bryant Simon dans l'article, ne fait pas directement concurrence aux cafés français puisque la chaine propose des produits différents, du café à emporter aux milk-shakes cafféinés. La spécialiste du design Virginia Postrel, brièvement interviewée dans l'article, me disait qu'elle avait trouvé un Starbucks parisien «bien moins plaisant esthétiquement que le McDonald's» visité lors du même séjour.
Pour ceux que cela intéresse, allez-sur les sites mentionnés dans l'article: Starbucksgossip de Jim Romenesko, un forum pour employés de «la sirène de Seattle », I hateStarbucks.com, orchestré par un Américain qui vit à Londres et veut "fournir une lueur d'espoir aux gens fatigués par la mono-culture capitaliste." Guettez aussi le prochain livre du professeur Bryant Simon, qui a visité des centaines de Starbucks à travers le monde et a interviewé des gens de toute la galaxie Starbucks, des fermiers d'Amérique centrale aux cadres de Seattle.
Je vous laisse avec le sketche de mon comique américain préféré, Denis Leary, qui entre dans un Starbucks et cherche en vain à obtenir un "café au goût de café." Un classique!
(Illustration from Slate.com, by Robert Neubecker.)
Je peux t’assurer qu’en France le Starbuck ne sont pas plus aimable que les cafés traditionnels, le seul truc vraiment agréable qui change vraiment : c’est non fumeur, et c’est plutôt agréable, quand l’interdiction de fumer sera appliquées en 2008 on verra si Starbuck va résister.
Intéressant Denis, et malheureusement, c'est une bonne raison pour moi de fréquenter Starbucks même en France. Après un séjour prolongé en Californie ou la cigarette est honnie, la souffrance dans les cafés enfumés devient intolérable.
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Doode Ken, I've felt so happy to find a Starbucks in remote deserted area or on some highways with nothing but fast-foods that I can imagine how it feels in Reno. It's a little bit like seeing the Golden Arches of McDonald's in Romania or Serbia when you're so sick of the local food. You feel like you've stubled upon the American Embassy. It's good to have the option. As the libertarians say, it's all about "choice."
Congrats the way Ken on the Bloggie Award: WONKETTE BEST POLITICAL BLOG
http://wonkette.com/politics/bloggies/omfg-wonkette-wins-the-bloggie-243584.php
J'ai bien aimé l'article et j'ai été drôlement surprise par les commentaires des lecteurs français. Je pense que la situation est néanmoins différente aux Etats-Unis où il n'y avait en effet pas de culture du café il y a encore quelques années. Perso, je trouve leur café vraiment très cher et leurs boissons bien trop sucrées, je préfère m'approvisionner chez Jean-Pierre, mon boulanger/pâtissier français préféré :) Je connais peu d'Américains vraiment accros au café du Starbucks, ils me disent souvent que c'est trop cher/pas à leur goût et qu'ils préfèrent celui de... Dunkin Donuts !! Il parait que leur café est meilleur que leurs donuts, va comprendre ;)
Quand j'ai parlé de l'invasion des Starbucks en France l'an passé sur mon blog, un lecteur fort passionné m'a en effet parlé de l'atmosphère non-fumeur qu'il y appréciait... Finalement, c'est comme le MacDo quand je vais à Paris : je m'y arrête pour prendre une boisson et aller aux WC, pas pour la nourriture !
Pour finir, j'ai appris qu'il existait une taille de gobelet plus petite que le "tall", le "short", dont Starbucks nous cache plus ou moins l'existence, préférant nous refiler ses ventis !
Le short!!! C'est comme le "grilled cheese" sandwich dans les fast-foods californiens(délicieux) In n' Out, qui n'est pas sur les menus mais fournit une alternative bienvenue aux vegetariens.
Très interessant ces infos et ces réactions. Ceci étant dit, pour ceux qui aiment l'acidulé, remplacer le sucre par un sirop de noisette ou de caramel, ça a du sens, et c'est très bon.
In France when I am on holiday, a crappy French cafe is just perfect. I have two hours to get a coffee and maybe a sandwich or an omelette. In east LA, I can go to Cafe Tropical and have tasty espresso con leche and baked treats and look at pictures of Che. But in places where coffee is only known as something served from a crappy diner or truck stop or gas station shop, Starbucks is welcome. Live in Reno for a while, and you will not worry about Starbucks ruining the globe or whatever ... you will just be happy that you can finally buy a decent cup of espresso.
Also, Starbucks will make that Gallon To Go coffee box with paper cups and milk and the whole deal, for twelve dollars. I've asked other local places for such a thing, but they don't have the box.