
Cette comédie potache est tordante (voir cette critique de Kyle Smith + la page compilée manuellement par le nouveau moteur de recherche Mahalo) et offre en prime des cameos du génial Harold Ramis et de Paul Feig (ici avec Cathy at à la petite fête du Club de la Presse de L.A. en son honneur il y a deux ans.) En revanche, je me serais bien passée du déluge de publicités inscrites dans les dialogues, encore plus sournoises que les placements de produits à l'ancienne avec des marques en évidence à l'image.
Dans Knocked Up des studios NBC Universal (sortie demain aux USA, le 10 octobre en France sous le titre En cloque, mode d'emploi), les personnages chantent les louanges de produits NBC Universal comme la série télé Everybody Loves Raymond. Le film Spiderman 3 est évoqué au moins à trois reprises dans les conversations et l'acteur James Franco surgit à un moment dans le rôle de... James Franco en train de donner une interview sur son rôle dans Spiderman 3. Le plus curieux là dedans, c'est que Spiderman 3 est le blockbuster d'un studio concurrent, Sony. Lou Lumenick du New York Post se demande quel genre de services les deux studios se sont échangés et remarque que le film entier "est, quelque part, une campagne furtive et lubrique pour le mouvement anti-avortement."
Même ceux d'entre nous peu sensibles au charme de San Francisco peuvent passer des heures à se mouvoir virtuellement dans la ville à même la rue grâce au nouveau service de Google Maps qui offre depuis mardi une option "street view": après les cartes satellite, les vues panoramiques.
Voici par exemple ci-dessus les fameux locaux du journal en ligne pionnier Tabloid.net sur Haight Street dix ans après les glorieuses aventures de Ken Layne, Charlie ou Tony... Bien sûr, Google ne dit pas quand les photos ont été prises et tant pis si un pauvre type est immortalisé en train de sortir d'une boite à strip tease (le zoom est très précis, remarque le Drudge Report.) Les copains libertariens de Reason vont adorer. A quand l'intégration à Second Life?
+ Rue 89: Après les mails, la génétique dans l'oeil de Google

A week, a blogroll, and a deadly duel on Jewcy by Nick Gillespie, Tim Cavanaugh and Terry Colon. (+ get the Suck book)
+ another pal on Jewcy: Whiz kid of warfare Noah Shachtman.
Bravo à Rue89 pour leur scoop (leurs serveurs étant surchargés, voir les détails chez le Nouvel Obs), selon lequel le Journal du Dimanche a renoncé à publier hier un article révélant que Cécilia Sarkozy n'a pas voté pour son mari le 6 mai au second tour de l'élection présidentielle, et pour cause, car... elle n'est pas allée voter tout court!
Une anecdote humiliante pour le nouveau président de la République française. Mais le vrai problème a de quoi hérisser les Américains très favorables à ce réformateur pour une libéralisation de l'économie à l'anglo-saxonne mais en revanche moins sensible à la beauté du Premier Amendement: le JDD aurait passé l'article à la trappe sous la pression du propriétaire du groupe de presse, Arnaud Lagardère, qui considère Nicolas Sarkozy comme "son frère".
Ce n’est pas la première fois que Lagardère intervient sur le contenu, notait rue 89. Il a ainsi obtenu le départ de Alain Genestar de Paris-Match, après la Une sur Cecilia Sarkozy et son amant présumé. Toutes ces amitiés du président Sarkozy avec l'élite médiatique inquiètent beaucoup et irritent, tout comme l'avait fait sa gestion des conférences de presse lors de sa visite américaine.
Pour tout dire, j'étais assez sidérée d'apprendre que le JDD avait eu accès à cette info en toute légalité en France, pays de grandes restrictions dans ce domaine, doté de garde-fous comme la CNIL, ultra-attentive envers toute dissémination d'informations personnelles. J'ai alors déterré le Code Electoral français sur le Net, et en effet, selon l'article L. 68, tout électeur a la possibilité de se voir communiquer les listes d'émargement dans les dix jours qui suivent l'élection. Selon un avocat spécialisé consulté par Le Monde, "rien ne s'oppose à la publication dans un journal de ce genre d'information."
En Californie, où beaucoup d'informations tombent dans le "domaine public", la participation ou l'abstention d'un électeur ne sont pas divulguées à ce que je sache (les détectives peuvent, en revanche, avoir accès aux listes électorales qui donnent l'adresse et les coordonnées des inscrits, avec en prime, leur affiliation politique -- ce que je consulte régulièrement pour mes enquêtes.) Je vais de ce pas demander à Don Ray, le journaliste d'investigation & maestro de la fouille d'archives, si Cecilia Sarkozy aurait pu se faire épingler de la même façon en Californie. (Ci-dessus: Don incognito à Belgrade)
Pour les Californiens: Don propose sur son site un petit quiz sur les différentes infos accessibles au public en Californie grâce notamment à la loi Freedom of Information Act. Il donne aussi d'excellents séminaires et publie des guides précieux pour "interviewer les documents officiels."
BONUS: 104 conseils de Don Ray pour protéger sa vie privée aux Etats-Unis.
BONUS: Don Ray's 104 tips to protect your privacy in the United States..
Un Français en Une du magazine du Los Angeles Times ce matin: François Navarre, un ancien photographe freelance pour Le Monde devenu patron de l'agence de paparazzi la plus controversée de la ville (et la plus lucrative?), X17 (ici avec sa femme américaine, Brandy). Avant, je connaissais surtout cette agence via le blogger Perez "Queen of all media" Hilton, car X17 a déclenché un procès remarqué envers "la folle des médias" qui reprend les photos des paparazzi sur le Net, les gribouille souvent de façon marrante et les publie sans payer de droits, au nom de la parodie. Un sacré phénomène ce Perez.
Il se trouve que jeudi soir, le Club de La Presse de Los Angeles, grâce au journaliste d'investigation et blogger Eric Longabardi, avait organisé un débat fort intéressant sur les paparazzi --- ce, disponible sur YouTube (merci Ed!). Le nom de l'agence X17 est souvenu revenu en des termes peu flatteurs: le paparazzo Giles Harrison reprochait à X17 de recruter des amateurs de la rue: d'anciens voituriers de restaurants, employés d'hôtels, de spas, des pompiers et flics... Dans l'article du L.A.T, Navarre dit même avoir donné sa chance à un clochard vétéran de la guerre du Vietnam doté d'un bon coup d'oeil! Il faut comprendre que certaines vedettes de tabloid comme Britney Spears ont constamment une vingtaine de paparazzi pendues à leurs basques, du matin au soir, d'où la concurrence exacerbée entre photographes.
Giles, qui a lui-même un passé chargé, affirmait au Club de la Presse que ces nouveaux-venus ne respectent pas certains codes de courtoisie envers leurs rivaux de la vieille école et les vedettes. Certains paparazzi vont jusqu'à causer des incidents voire des accidents de voiture exprès pour obtenir une réaction de la star. Bien sur, ils sont aussi souvent contactés par les stars elles-mêmes, via leurs publicistes, qui leur donnent le programme de leurs sorties pour être prise en photo. Certaines allant même jusqu'à arranger une séance "impromptue" contre la moitié des bénéfices de la vente des photo!
+ ERS News: The Heiress and the paparazzo
Photo: Art Streiber / For the Times
UPDATE May 15, 2007: Matt's article "You're on fire, L.A.!"
Le feu vu de / the fire as seen from Barnsdall Park.
Juste au-dessus de chez nous, l'immense parc Griffith, le poumon de Los Angeles, est en feu: tout le monde roule au ralenti sur Hollywood boulevard, pendu à son téléphone portable pour décrire la scène apocalyptique aux amis dans un concert de sirènes de pompiers. L'horizon est rougeoyante et les flammes semblent se rapprocher dangereusement du magnifique observatoire Griffith récemment rénové (le bâtiment crème de style art déco coiffé d'un dôme sombre dans la scène finale du film de James Dean, La Fureur de Vivre.)
Ca sent le barbecue géant, des rues entières sont en train d'être évacuées, les coyotes descendent des collines racontent les témoins, et des joyaux architecturaux sont en danger: la maison Ennis Brown de Frank Lloyd Wright ou "Harvey House" de John Lautner visitée récemment pour un article dans le dernier numéro de Vogue.
The air smells like a giant barbecue, entire streets are being evacuated, coyotes are running down the hills say witnessses, and architectural jewels are in danger:Frank Lloyd Wright's Ennis Brown house or the "Harvey House" by John Lautner, which I recently visited for an article in the last issue of Vogue -- the French edition.
Du parking lot de Fatburger sur Vermont avenue. Voir le blog du Los Angeles Times sur cet incendie apparemment provoqué par un jeune sans-abri assoupi avec une cigarette... Voir la gallerie de photos envoyées par les internautes.
C'est le gros titre du Drudge Report dimanche après l'élection de Sarkozy, pour lequel 62% des électeurs français expatriés en Californie du sud et dans le sud ouest américain ont voté. Au Café Marly de Los Angeles, les expats français ont éclaté de joie à l'annonce de sa victoire: un participant au "brunch électoral" portait même un tee-shirt tout prêt avec l'inscription: "53% pour Sarko: tout devient possible." Matt se demande sur son blog si cette migration des Français de l'étranger hors période colonniale n'est pas la plus importante depuis le Moyen-Age... Quelqu'un sait?
Plus tard, à la fête d'anniversaire de notre ado préférée Maia, même les amis aux idéaux de gauche ont ressenti le besoin de me prendre par le coude et d'exprimer leur joie et leurs espoirs. Ils ont hâte de voir Sarkozy entreprendre les réformes économiques dont la France a désespérément besoin, et quelque part, envient notre taux de participation de 85% et cette promesse de "rupture". Par comparaison, l'Amérique est coincée avec Bush jusqu'en 2009 (ceci étant tapé alors que je serre des dents, étant moi-même otage de ma voisine chanteuse, une fan de Björk. Elle se croit en lice pour American Idol, la version américaine de Star Academy, et pour plus d'effet se fait accompagner par un copain à la trompette "mariachi".)
Ces élections suscitent un intérêt formidable ici et Breitbart.tv diffusait cet après-midi la vidéo des chaleureux voeux de Tony Blair à Sarkozy, en anglais ET en français. Les Américains et les expatriés semblent privilégier de loin les thèmes économiques (ils ne se sont pas exilés aux Etats-Unis pour les plaisirs du fromage en bombe!), et ne réagissent sans doute pas avec le même émoi aux vidéos comme celle-ci, repérée sur Rue89, dans laquelle le psy Gerard Miller décode les petites phrases de Sarkozy en forme de baffe au voisin allemand.
A ne pas manquer pour rire un peu: la version vidéo de cet éditorial du comique de Los Angeles Bill Maher, un libertarien de gauche (ca existe!) dans Salon.com (via Franco American News): Maher attaque les prédendants républicains à la succession de Bush et tous les Américains qui "se montrent révulsés" à chaque fois qu'ils entendent le mot "France' et critiquent le système de santé français de "médecine socialisée," pourtant, le meilleur au monde (et ô combien de loin, dirais-je même, après avoir testé les systèmes français, américain, anglais, hongrois et cubain.)

C'est le joyeux lancement de Rue 89, le nouveau site de nos ex-collègues de Libération, mené par les deux anciens correspondants aux USA et auteurs du fameux blog A l'heure américaine, Pascal Riché et Laurent Mauriac. Nous avons suivi le Making Of de ce site d'infos et d'opinion coopératif avec grand intérêt, en ayant même eu le privilège de voir la maquette énergique, aux couleurs très Bauhaus. Ce coup de chapeau survient bien tardivement sur ce blog négligé, mais voilà: bravo Rue 89 et à vous lire!
Sur cette photo prise en 1995 par l'ami Eric Franceschi, Ségolène Royal est "souriante et nature, C’était avant qu’elle ne se refasse faire les dents," raconte le photographe dans ce diaporama de photos politiques publié dans 20 Minutes à l'occasion de la parution du livre d'Eric, Et puis s'en vont.
Aux Etats-Unis, la candidate socialiste est presqu'uniquement plébiscitée pour son style et sa beauté classique "toute française", à mille lieues des femmes politiques américaines liftées et laquées. Même les femmes démocrates ne veulent rien à voir avec Ségo, compte-tenu de ses idées très à gauche pour ici. Comme le mentionnait Guillemette dans sa lettre d'information (gratuite!), La France Made In USA, «Quand le camp Royal a tâté le terrain auprès du staff de (Hillary Clinton) l'an dernier pour organiser une rencontre des deux à New York, un silence assourdissant a convaincu les aides de Royal d'annuler le voyage aux Etats-Unis».
Sarko est clairement le favori des Américains, même si le Los Angeles Times soulignait dans un édito ce matin qu'il peut secouer un peu le système, mais ne débarassera pas la France de son caractère protectionniste. A Los Angeles, des membres de la communauté française se retrouveront dimanche matin au Café Marly sur Melrose pour suivre les résultats des présidentielles en direct sur TV5, à l'heure du brunch - tartines ou "French toast", le fameux pain perdu à l'américaine.