
Le site des nouvelles tendances PSFK nous signale le lancement de la version beta d'Amazon MP3, le nouveau kiosque musical d'Amazon sans les verrouillages habituels: on peut écouter ses chansons sur Windows Media Player comme sur iTunes, sur n'importe quel balladeur MP3 et bien sur, on peut graver des CD. C'est Dr. Doctorow qui doit être content: 2,3 millions de morceaux de musique "libérés", dont plus de 100 chansons de Gainsbourg et le dernier album des copains de Tsar, Band, Girls, Money.
Comme je n'achète jamais de musique numérique en ligne, notamment à cause de ces verrouillages irritants, j'ai fêté Amazon MP3 en achetant un album de DJ Sid-the-Apocalypze, un DJ de Miami déniché un peu par hasard ($6.99) La transaction est simple, puisqu'Amazon a toute votre vie en mémoire ou presque: vos cartes de crédit, vos adresses, vos achats passés, vos goûts en général. Seul petit énervement: il faut télécharger un logiciel d'Amazon pour pouvoir réceptionner la musique. Le service n'est pour l'instant disponible qu'aux Etats-Unis mais il y a pas mal de contenu en français (suis tombée sur l'album: "Sensuellement vôtre, par la méta-relaxation"... sans doute pour le marché canadien, le prochain sur la liste d'Amazon?
Le boulot n'arrête pas ces jours-ci, et en fana de robots, j'ai rejoint mon collègue de télévision Thierry au Wired Nextfest, le grand salon futuriste du magazine le plus branché organisé cette année à Los Angeles. Nous avions prévu de faire un sujet sur Bill Dube, un ingénieur pour le gouvernement U.S. et, à ses heures perdues, inventeur du KillaCycle: la moto électrique la plus rapide du monde, capable de passer de 0 à 100 kilomètres heures en 1 seconde. La bombe. Ou comme la décrit Bill: "Une perceuse géante sans fil et à roues." Au téléphone de chez lui dans le Colorado, il avait assuré qu'il ne ferait pas de démonstration du KillaCycle à NextFest: "La moto sera là, mais il n'y aura jamais une esplanade assez longue pour la faire rouler, vu sa vitesse de démarrage. Dommage, hein?"
Bill n'a pas pu résister à la tentation ce matin. Au terme d'une interview avec le site de fans de high-tech TG Daily devant le centre de convention de L.A., il a enfourchée sa "moto qui tue", s'est élancé à toute allure et s'est écrasé contre un van. La vidéo de TG Daily le montre au sol inanimé. Pendant ce temps-là, nous le cherchions partout à l'intérieur du salon pour notre interview, quand on nous a appris qu'il était à l'hosto. La moto a un peu souffert. Je lui ai envoyé un e-mail de bons voeux de rétablissement. Bill est capable de taper des courriels et nous répond qu'il "se porte bien". En Américain comme on les admire, il lève les deux pouces en l'air en regardant le bon côté de la chose: la batterie de 990 cellules lithium-ion de la moto, même endommagée, n'a pas pris feu :
"C'est à l'opposé de ce qui se serait produit si nous avions utilisé des batteries Li-Ion traditionnelles, comme celles utilisées dans les ordinateurs portables, qui auraient explosé et causé un incendie spectaculaire."
"This is a STARK contrast to what would have happened had we been using traditional Li-Ion cells. Traditional (old fashioned) Li-Ion cells (like they use in laptops) would have burst into flames and created a spectacular fire."
Cela aurait pu être pire, donc. Bill sera de retour au salon demain vendredi. NextFest, c'est comme une plongée dans un numéro de Wired en 3D, avec des inventions que l'on peut toucher. Pour tout dire, le futur ici sent un peu le réchauffé avec une quarantaine d'innovations sur 150 déjà dévoilées dans d'autres expos, comme la décapotable electro-solaire des monégasques Venturi Automobiles (c'était néanmoins leur grande première aux Etats-Unis.) Les robots androïdes sont les vedettes du salon, même s'ils ne peuvent pas faire grand chose pour nous assister pour le moment. Mais quand on songe à la complexité de ces technologies, il y a de quoi s'émerveiller devant ces robots capables d'expressions faciales, comme le petit garçon Zeno de l'équipe d'inventeurs texans très rock n'roll de Hanson Robotics (ci-dessous) également co-créateurs du robot Einstein, Albert Hubo, qui a passé la moitié de son temps au salon à smurfer sur Toxic de Britney Spears.
Le corres de l'émission Nouvo en Californie, Didier Bonvin, est sur place pour couvrir le salon et rapporte que Google veut financer la première course lunaire de robots, Lune 2.0.
Les podcasts sont sans doute la plus belle invention depuis le grille-pain, les lignes de téléphone Vonage et le logiciel libre PDF Creator. J'en télécharge plusieurs religieusement dans mon iPod Shuffle pour les ballades matinales à Silver Lake: les conversations de Tony Pierce avec des gens intéressants, la matinale de la Radio Suisse Romande Le Grand 8, l'émission de débats du philosophe Alain Finkielkraut, Répliques, The Business sur les arcannes de Hollywood, les forums de Zócalo autour de Los Angeles et le podcast linguistique My Daily Phrase German (je sais: l'allemand est drôlement utile à L.A., mais l'Europe me manque.)
Mon nouveau podcast préféré est The Curbside Investigator (trad. "Détective de terrain") par le détective privé de Los Angeles Scott Stys. C'est la seule émission par un enquêteur privé que j'ai pu dénicher sur iTunes, et elle est épatante.
Scott a démarré son podcast début 2006, en engistrant ses émissions de la banquette de son véhicule de filature, lors de ces longues journées passées à suer, garé dans la rue en attendant que la personne à surveiller sorte de chez elle. La surveillance consiste, en gros, à suivre des personnes soupçonnées de pratiquer la fraude à l'assurance, de bidonner des arrêts-maladie ou de tromper leur conjoint afin de vérifier la situation. L'"Enquêteur de terrain" parle de son quotidien de détective, donne beaucoup de conseils tirés souvent d'histoires personnelles au cours de ses 13 années d'expérience, y compris certaines anecdotes peu flatteuses qui lui ont permis de tirer des leçons, et le rendent d'autant plus sympathique. Il démystifie aussi la profession sans pour autant divulguer les secrets les mieux gardés: non, les détectives privés ne portent pas d'armes à feu en général, même s'il leur arrive de le regretter dans certaines situations.
Pour les détectives qui se lancent dans le métier et ceux que les aventures de privés intéressent (attention toutefois: c'est parfois un peu technique), ce podcast est très précieux. J'imagine que l'initiative de Scott de partager autant d'informations si ouvertement sur son métier, très inhabituelle pour un détective, n'est pas au goût de tous ses collègues, mais j'espère que son podcast se révèle payant d'une façon ou d'une autre et contribue à améliorer l'image de la profession.
For junior PIs starting in the business, and those interested in PI adventures, this podcast is invaluable (but beware: it can become technical). I would think that Scott's very unusual initiative of sharing information so openly is not appreciated by all his colleagues, but I hope that it's paying off for him in some way or another and helps improve the image of the profession.