
De retour d'un piquet de grève des scénaristes devant les studios Paramount pour la Radio Suisse Romande, j'ai trouvé les scribes de Hollywood bien inquiets: le conflit s'annonce dur, disent-il. Ils sont furieux du "spin" des studios qui affirment, via entre autre, le site de Nikki Finke, s'être "fait planter" hier au milieu des négociations par les scénaristes peu désireux d'éviter la grève. La version des scénaristes diffère, forcément: cela fait deux ans qu'ils essayent d'éviter la grève mais les studios refusent de leur faire une proposition tangible sur la réevaluation des droits d'auteur sur les DVD et sur l'introduction de droits d'auteurs sur les films et les séries téléchargées via le Net.
Faut-il plaindre les scénaristes, qui gagnent parfois 30, 50, 100 000 Dollars par épisode de série télé? Faut-il sortir le mouchoir pour ce trentenaire qui a vendu le scénario de son premier long-métrage pour 1 million de Dollars et s'est acheté une maison cash au bord de la plage à Santa Monica (c'était avant la flambée de l'immobilier à L.A....) Je laisse à "Dee," scénariste sur une sitcom à gros succès, le soin d'expliquer comment fonctionne le système pour les scénaristes de télé (son mp3 à écouter -- en anglais.)
Pour l'heure, le public américain est le premier public concerné: les émissions comiques de fin de soirée sont suspendues. Leurs séries préférées comme 24 Heures Chrono ont seulement quelques épisodes en boite pour tenir jusqu'en décembre, mais après? Le public en Europe sera surtout affecté l'an prochain: beaucoup de films et d'épisodes de séries télé ont été tournés dans l'urgence avant le déclenchement de la grève. Ceux sur le point d'être tournés ne pourront pas être réecrits et améliorés en cours de tournage par les scénaristes comme c'est souvent le cas. Ensuite, la saison des "pilotes" où les studios sélectionnent les séries du futur risque d'être perturbée. La qualité de notre divertissement ne peut qu'en pâtir, affirment les scénaristes, et le public risque de se tourner de plus en plus vers l'Internet (reason.tv par exemple?)
Le producteur français à Hollywood Marc Frydman soulignait récemment que ce chaos pourrait bénéficier aux cinémas étrangers: c'était en effet à la faveur d'une grève à Hollywood que François Truffaut avait été contacté par United Artist pour travailler aux Etats-Unis dans les années 70...
I have a daughter who is a writer-producer - so she is nervous that she might be sued since she is a hyphenate, but then so is Tina Fey, etc. Many producers started out as writers first. And if you think writers still command those enormous paydays, have you noticed how many more "reality shows" there are these days, and how many fewer scripted shows there are? Je regrette que ceci n'est pas en Francais - pas de cedille aussi :)
On a du mal se comprendre, Martine, car je n'ecris pas du tout que ce conflit est un caprice de scenaristes plein aux as. Je précise seulement que la cause des scénaristes a du mal à émouvoir le reste de l'Amérique, car tout le monde sait que les scénaristes à Hollywood gagnent très bien leur vie... quand ils travaillent, ce qui n'est pas souvent pas de façon régulière.
Bonjour Elspeth,
Et bravo pour ton français! Let's hope for the best for your daughter in this difficult situation. Well, the writers that I know get paid really, really well, but as you rightfully mention, there are less and less good jobs around here (less TV dramas for instance), and reality TV shows don't often employ writers that are unionized. I just learned that it was during the 1988 strike that bored TV audiences turned a new little reality series called “Cops” into a huge success...
Les enjeux vont bien au-delà des caprices de quelques riches scénaristes, bien entendu. Je te suggère la lecture de ce billet qui rassemble plusieurs sources qui se sont exprimées sur les véritables enjeux:
http://heywriterboy.blogspot.com/2007/11/blogging-for-context.html