

Le Parisien a publié hier le compte-rendu de ma visite chez l'écrivain de polars Harlan Coben à Ridgewood, dans le New Jersey: un grand type chaleureux, très porté sur la famille et manifestement hanté par la douleur d'avoir perdu ses parents à un très jeune âge. Sa maison victorienne du XIXeS est à couper le souffle. Il avoue ne pas l'avoir achetée vraiment pour ses qualités historiques mais parce qu' "elle se trouvait en vente au bon moment et était déjà complètement rénovée", ce qui convenait parfaitement à cet écrivain peu bricoleur, pas du genre à passer ses dimanches à manier les outils dans le garage transformé en atelier comme tant de pères de famille américains.
Parmi les choses qui m'ont le plus étonnée: apprendre qu'il fait très peu de recherches pour ses livres. Contrairement à Elmore Leonard armé d'un recherchiste de choc, l'ami Gregg Sutter qui interviewe des détectives à travers le monde et passe des nuits en tournée avec des flics, Harlan Coben invente pratiquement toutes les scènes de commissariat, de visites à la morgue et autres détails de situation. Il se renseigne sur le Web ou passe quelques coups de fil à des amis procureurs mais c'est tout. Et cela fonctionne très bien. Autre détail frappant: ses ventes en France, estimée à 400 000 exemplaires en moyenne par ouvrage, souvent mieux qu'aux Etats-Unis où ses romans sont aussi des méga best-sellers. Un journaliste-écrivain envieux a tenté de d'analyser la méthode de Coben pour produire autant de succès de librairie, l'an dernier dans ce long article pour The Atlantic.
Plus généralement, je trouve les chiffres de vente de livres de loisirs aux Etats-Unis vraiment bas pour un pays de 300 millions d'habitants. Selon une récente enquête gouvernementale, les jeunes entre 15 et 24 ans passent 2 heures et demi par jour à regarder la télévision mais seulement 7 minutes à lire pour le plaisir, que ce soit des livres, des journaux, ou des textes sur le Web.
Photos: Andrew Lichtenstein