
J'avais manqué cet article de samedi dans Libération: Guillemette Faure, notre blogueuse française préférée, ex-new yorkaise désormais rapatriée rue 89 à Paris, fait l'objet d'un portrait bien croqué à l'occasion de la parution de son nouveau livre "Un bébé toute seule." Elle y raconte dans son style direct habituel ses tentatives pour concevoir un bébé dans une clinique de Manhattan.
Ici, aux Etats-Unis, les femmes célibataires (très rarement par choix, faut-il le préciser?) ont accès aux banques de sperme et à la procréation assistée, contrairement à la France où il faut être en couple hétérosexuel et où règne «un regard plus conservateur sur la famille, qu’on imagine toujours façon Ricoré» selon Guillemette. J'ai hâte de recevoir son livre, par voie d'Amazon France, et d'en reparler sur ce blog avec l'auteur.
Here in the U.S., single women (very rarely as a first choice, in case it's even worth mentioning) can access sperm banks and medically assisted procreation. That's not the case in France, where these methods are only available to heterosexual couples. In general, France has "a more conservative view on family, that people only envision like in a commercial for the breakfast drink Ricoré," according to Guillemette. I'm eager to receive her book by way of Amazon France, and to talk about it with the author on this very blog.
Crazy Days and Nigths, ce blogueur anonyme ultra-addictif de Los Angeles qui se présente comme un avocat des stars est en train d'étoffer sa rubrique "Scientologie" avec des articles fort intéressants sur la secte à Hollywood. Il renvoit notamment à Wikileaks, ce site collaboratif crée par des dissidents chinois. Il est devenu le point de rendez-vous de "whistle blowers" du monde entier, dont d'anciens membres de l'Eglise de Sciento qui s'en donnent à coeur joie pour exposer des documents confidentiels au grand jour. Bien entendu, attention aux faux. Ceci dit, c'est incroyable à quel point le mouvement des Anonymous a incité toutes sortes d'anciens de la secte à parler en public ou à publier des d'information inédites sur la Scientologie aux Etats-Unis ces quatre derniers mois.
+ retour à 2004: ma gaffe avec Tom Cruise.
Le site du Washington Post m'a demandé de réagir à l'article de l'écrivain Diane Johnson dans le journal de dimanche, The Dollar's Down. But We're Not Out, sur le drame des expatriés américains à Paris confrontés à la flambée de l'Euro face au Dollar.
L'auteur de romans à succès ("Une Américaine à Paris," adapté au cinéma sous le titre "Le Divorce") qui est, me dit-on, charmante dans la vie, a déclenché une bourrasque de commentaires fieleux sur le site du Post. Il faut dire que son timing ne pouvait être moins bon: le récit de ses douloureux sacrifices (fini les coûteuses bouteilles d'eau minérales à table dans les bistros parisiens; adieux voyages à San Francisco en classe affaires...) a peu ému à l'heure où Américains et Européens voient leur pouvoir d'achat érodé et redoutent carrément une dépression économique. Sa candeur de privilégiée m'a rappelée une autre Américaine à Paris, Susan Spano du Los Angeles Times, qui se faisait régulièrement tailler des costards sur le blog de la Française de coeur Amy Alkon (ci-dessus dans un supermarché parisien: photos Gregg Sutter).
Voici ma réponse (peut-être tout aussi détachée de la réalité française?): (Americans in Paris don't have it so bad.)
This successful author (her best-seller,"Le Divorce," was adapted into a movie) is a charming person in life, I'm told, but her column has unleashed a flurry of spiteful comments on the Post's website. It has to be said that her timing couldn't be worse: the details of her dolorous sacrifices (fini expensive bottles of mineral water to spritz up meals at Parisean bistros; adieux airfare in business class to San Francisco...) didn't exactly move many readers at a time when Americans, and Europeans for that matter, are seeing their purchasing power crumble and fear an upcoming economic depression. Diane Johnson's out-of-touch candor reminded me of another American in Paris, Susan Spano of the Los Angeles Times, who was regularly shred to pieces on the blog of our favorite Française de coeur Amy Alkon (fabulous as always above, shopping in a Parisean supermarket -- all photos by Gregg Sutter).
Here is my "rebuttal" (perhaps just as disconnected from the French reality?): (Americans in Paris don't have it so bad.)
Sur une recommandation de l'ami Jim Lowney: une analyse très drôle des publications financières américaines comme le Wall Street Journal, Forbes et Fortune qui succombent à la mode de la vidéo sur leurs sites web et accumulent les gaffes.

Félicitations Ken Layne! L'ami Ken vient d'acquérir le blog politique de légende Wonkette auprès de Nick Denton
Hasard: en vacances sur une île lointaine, j'ai lu hier le bouquin de Jessica Cutler, alias "Washingtonienne", la stagiaire désinhibée et passablement troublée du Capitole, entretenue par des vieux riches de Washington. Son blog avait alimenté le premier gros sex scandal sur Wonkette... devenue "Bloguette" dans ce "roman" à clef diablement divertissant et fort instructif pour tout(e) novice dans la capitale américaine. Et pas uniquement à cause de ce dont tout le monde se souvient: je n'avais jamais lu de compte-rendus aussi révélateurs sur le quotidien dans les bureaux des élus du Congrès.
Funny: while on vacation on a remote island, I just read "Washingtonienne," by Jessica Cutler, the uninhibited and slightly troubled Capitol intern who had a few friends-with-benefits relationships with rich old dudes in Washington. In 2004, her blog fueled the first big sex scandal on Wonkette... known as "Bloguette" in this very entertaining roman à clef that is a must-read for any novice in the American capital. Not only because of you-know-what: I had never read anything so revealing about the work life in congressional offices before.
Libération publie aujourd'hui mon papier sur le fascinant "mouvement" Anonymous de protestation contre la Scientologie, vu des Etats-Unis, avec une page de portraits d'"Anonymes" parisiens rejoints par Nono Le Clown lors de la troisième manifestation mondiale, surnommée "Operation Reconnect" samedi après-midi (lire le compte-rendu de Renaud Lecadre.) Je n'ai pas pu assister à la manif de Washington (pour cause de vacances hors des Etats-Unis), mais les forums des Anonymes semblent dire qu'il y avait entre 200 et 300 manifestants, à peu près autant que le 15 mars quand j'étais tombée sur leur rallye festif par hasard.
Au niveau global, la mobilisation serait égale ou inférieure à celle du mois dernier, à en croire plusieurs "leaders" régionaux. Des Anons chargés du recensement sur Enturbulation.org estime qu' "Operation Reconnect" a rassemblé 9 000 personnes dans une centaine de villes du monde entier (le chiffre n'est pas définitif: voir discussion et carte mondiale.) Ces estimations me paraissent un peu optimistes, car les villes championnes du mouvement comme L.A. ou Londres ont vu 300-400 personnes chacune, mais de nombreuses autres comme Moscou, Lausanne ou Paris n'ont réuni qu'une toute petite poignée d'Anonymes. Ce qui n'enlève rien au caractère jamais vu de ce réseau.
CONNECTIVITE LIMITEE EN FRANCE / FRENCH CONNECTION LIMITED
Faute de davantage de place dans le journal, un encadré sur la faiblesse du mouvement en France a sauté: "Je ne pense pas qu’ [Anonymous] existe vraiment en France," estime Karin Pouw, porte-parole de l’Eglise de Scientologie Internationale, tout en se réjouissant d’ "un changement de situation" (en février, la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, s’était interrogée sur la pertinence du mot "secte" pour qualifier la Scientologie.)
Explications avancées pour ce manque de mobilisation: le tout-anglais jusqu'à tout récemment sur les sites-clefs d’Anonymous et "le manque de visibilité de la Scientologie en France", selon un informaticien membre-pivot de la branche française. Face à une secte reconnue en tant que telle, "les gens n’ont pas la même motivation [qu’aux Etats-Unis] pour rejoindre la cause." A noter que des opposants comme Nono Le Clown affirment décrocher des rendez-vous avec des élus politiques "de différents partis" pour exprimer leurs inquiétudes face à la Scientologie.
Here's how French Anons explain the lack of involvement in the usually demonstration-happy France: this is due to the English-only (until very recently) content on Anonymous' main websites and forums and the fact that "Scientology is just not visible in France," according to a young computer guy and key French Anon. When a cult is recognized as such in a country, "people don't have the same motivation [as in the U.S.] to fight for the cause." A point worth mentioning: CoS opponents such as Nono Le Clown seem to be able to line up meetings with elected officials "of different parties" to express their concerns about Scientology.
Aux Etats-Unis, c'est autrement plus difficile. Et c'est un aspect qui n'a pas pu être exploré longuement dans l'article de Libération. J'ai contacté plusieurs plusieurs lobbyistes, hommes politiques concernés et l’Association Américaine de Psychiatrie (la Scientologie lutte activement contre cette discipline) qui ont décliné ou ignoré des demandes répétées de commentaires pour cet article. «Beaucoup d’élus et de leaders religieux craignent de dire publiquement ce qu’ils me disent en privé: certains affirment avoir déjà été intimidés par la Scientologie,» me disait le révérend John Wetzel, un pasteur luthérien qui agit en «lobbyiste» bénévole des critiques de la scientologie à Washington. Arnie Lerma, un ancien membre de la Scientologie devenu activiste critique affirme carrément: "Nous menons un combat façon guerrilla car il n'y a aucun courage à Washington."
Photo in Los Angeles: Sklathill. In the London Tube: a photo by a London Anon.