
Rentrée à Los Angeles sous des pluies diluviennes: on craint les écoulements de boue, des maisons commencent à s'affaiser un peu partout dans la région. Tout à l'heure, le trottoir devant la superette Trader Joe's à Silver Lake avait complètement disparu (on aurait dit un étang.) Le bureau de Matt est partiellement innondé. On va nous dire que les Angelenos font les chochottes, trop habitués au soleil éclatant pour distinguer une pluie des "orages de proportions bibliques" décrits par les présentateurs TV à bout de souffle, sous leur ciré jaune. Franchement, c'est impressionnant. Le rescapé d'une maison ratatinée dans notre quartier raconte: "J'ai cru à un tremblement de terre!" Au moins ici, tout le monde sait l'effet que ca fait!
A New York, il faisait un froid de canard d'où le refuge à Brooklyn chez Amy et Martin autour d'un "grog" entre amis, dont plusieurs de Budapest. Rien de tel que de séjourner chez une copine qui tient plusieurs blogs sur New York, ici et sur Newyorkology: Amy est imbattable sur tout, y compris les meilleurs plans de NYC à télécharger sur son Palm.
On est tombés d'accord sur les "gates," l'installation de Christo et Jeanne-Claude (ci-contre): un désordre de chiffons qui bouche la vue du parc et le transforme en immense chantier en construction. Loin d'être aussi dramatique et beau que l'atoll rose ou le pont neuf emballé dans de la soie dorée. Si au moins les poteaux n'étaient pas orange, mais transparents. Ou si les étoffes étaient suspendues. Tout le monde converge vers le parc, et c'est sans doute l'aspect le plus émouvant. Ensuite, tout le monde va boire - c'est New York! Jim nous a emmenés dans un bar irlandais où le proprio, un ancien flic, chante du rap aux textes très à gauche.
Adieu Hunter S. Thompson: sale journée pour Matt et les trentenaires de sa génération endeuillée éternellement après Kurt Cobain. L'ami Ken Layne écrit un bel hommage exténué (quelques heures après la naissance de son fils Jesse Dean! Bravo!) sur cet homme qu'il a rencontré, et a été l'un des "piliers de sa vie". Matt avait raconté sa propre rencontre sur le campus de Santa Barbara avec HST à la recherche d'une machine à écrire. Libé publie un article réjouissant sur Hunter S. qui se revendiquait avant tout musicien. Cette disparition m'attriste aussi, mais tout comme ce compte-rendu d'une récente visite d'un HST "à demi-cohérent" dans une librairie à Los Angeles.
Ici aux USA il y a un débat sur l'hommage que le Duke mérite
http://www.poynter.org/column.asp?id=45&aid=79205
et Frank Rich dur NYT estime que HST était un blogueur avant l'heure
http://www.poynter.org/column.asp?id=45&aid=79205
mmm
Tiens on parle de Thompson ici. j'en suis heureux, car visiblement sa mort est quelque peu passé entre les gouttes de la blogosphère. Enfin, j'ai regardé "Las Vegas Parano" en hommage pour lequel j'ai fait une critique. Si tu es fan, cela t'interressera surement.