
Libération publie ce lundi mon article sur l'intérêt croissant des employeurs américains et de leurs détectives privés pour les blogs de leurs employés et candidats à l'embauche. ("Full disclosure": le journal a envisagé de signaler ma formation de détective et a visiblement renoncé. Bien entendu, je n'ai aucune relation personnelle ou professionnelle avec les personnes interviewées. Tenir un blog est en soit une façon de travailler constamment à visage découvert...)
Aux Etats-Unis, quatre entreprises sur cinq disent enquêter systématiquement ou presque toujours sur leurs candidats à l'embauche. Quand ils n'ont pas leurs enquêteurs "in house", ils recrutent des cabinets de détectives spécialisés comme Background Network dans l'Ohio (qui tient un blog sur ce secteur dit du "background check".)
J'ai été surprise d'apprendre dans le papier éclairage français qu'il est interdit en France de faire une enquête de préembauche. Ce qui me laisse à penser que les employeurs comptent d'autant plus sur les blogs et les recherches en ligne pour se renseigner sur vous, s'ils n'ont pas accès à tous les documents dit de "domaine public" disponibles aux Américains.
Vu les coûts de l'embauche en France et l'engagement que cela représente pour le patron, il me paraitrait normal de pouvoir vérifier si mon futur caissier a déjà été condamné pour vol ou si un professeur dans mon établissement a été condamné pour abus sexuel sur mineur. Je préfère faire ces vérifications moi-même de façon préventive plutôt que d'attendre d'éventuels problèmes et l'ouverture d'une enquête par la police.
Aux USA, les personnes qui travaillent en contact avec de l'argent, des enfants ou sont chargés de la sécurité sont les premières soumises à ces enquêtes, toujours effectuées avec l'accord du candidat. Lequel est libre de refuser. Bien sur, l'employeur peut en conclure que vous avez quelque chose à cacher et votre CV passe à la trappe. Mais pas toujours: le candidat qui prévient son employeur des informations gênantes susceptibles d'être déterrées peut accroitre ses chances. Peter Turecek, cité dans l'article, raconte ici comment sa "transparence" lui a permi d'obtenir son emploi actuel à Kroll.
Le problème, c'est que les entreprises U.S. poussent les contrôles au dela des limites du raisonnable et empiètent sur la vie privée: "Nous faisons tous des erreurs, et si nous sommes constamment punis pour chaque petite chose, la société peut devenir un terrible endroit," constatait une chercheuse spécialisée sur les droits à la vie privée au magazine Reason.
On pense notamment à cette pratique abusive et très fréquente ici de tests de détection de drogues, d'alcool et même de tabac dans les urines, avant l'embauche ou au grée des caprices de l'employeur. Selon le Los Angeles Times d'hier, certains états autorisent les entreprises à virer des employés qui fument en dehors des heures de bureau. Si une enquête révèle que la personne fume en violation des règles de la compagnie (une photo de vacances au Mexique, cigare à la main sur un blog par ex.) l'employeur a le droit de lui remettre la fameuse "feuille rose" de licenciement. Pourquoi? "C'est à cause de l'argent," comme dirait Popeye. Parce qu'aux USA, ce sont les employeurs et non pas l'Etat qui assument les coûts de la santé de la classe moyenne laborieuse, et l'assurance-maladie d'un fumeur coûte bien plus cher que celle d'un marathonien du dimanche.
C'est incroyable qu'il n'est pas permitter en France, specialement avec les lois contre "firing." Ici, tu as raison, il va trop loin. Tous mes amis, je pense, ont fumé marijuana d'un fois ou une autre. S'il on ne fume pas avant le travail, ou toujours...pourquoi c'est important de tous? Moi, je prefere trouver les assistants avec les experiences de la vie, qui peut etre ont appris quelque chose.
permittée (sigh...j'essaye!)
bonjour ,
je recherche pour une émission qui s'appelle "le monde au quotidien " diffusée sur direct8 du lundi au vendredi de 11h30 à 12h30 heure française,des personnes qui sont francophones et vivent à l'étranger pour nous parler en direct et via webcam de la vie quotidienne dans leur pays.
L'idée est de faire découvrir la culture d'un pays à travers le témoignage de ceux qui y vivent.
Pour plus d'informations veuillez nous contacter au 01.46.96.49.79 ou à l'adresse lemondeauquotidien@direct8.net
cordialement,
elodie buhagiar
Note aux visiteurs: en effacant du spam, j'ai supprimé par erreur plusieurs commentaires intéressants: désolée.
Note to commenters: so sorry... While erasing spam comment, I got rid of several interesting comments by mistake.
Comments:
Il y a aussi la CNIL qui , en France ,interdit le croisement des fichiers informatiques!
je suis bien contant que mon assurance ne puisse pas voir mes PV.....que mes les flics ne puisse pas savoir d'un clic si je paye mes impots...que la securité sociale ne sache pas combien j'ai sur mon compte en banque....les fichiers peuvent même ne pas être croisés au sein d'une entreprise ( france telecom et Orange)
Bref je suis bien contant que cet organisme tienne BIGBIGBIG BROTHER le plus loin possible de moi
Si on les laisse faire les DRH ne prendrons plus que des clones bien moulés!
Et je ne suis pas sur que les big boss de ces entreprises acceptent que les investigations qu'ils font sur les autres soient retournées contre eux.
Sans parler du fait que ce genre de pratiques légitimées par le monde du travail arrive dans la vie privée ( marriage et autres)
pour finir relisons la petite phrase de MARCHAIS:
le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Le syndicalisme, c'est le contraire !
Comments:
En France, certains employeurs demandent tout de même aux personnes qu'ils souhaitent recruter de prouver que leur casier judiciaire est vierge.
Une façon comme vous dites de vérifier que l'enseignant que l'on veut embaucher n'est pas pédophile ou le caissier voleur. Mais est-ce réellement une solution?
OK, I find this hard to believe: "four out of five companies say that they run background checks ..." I would guess it's more like one or two out of five.
And I thought the US law prohibits former employers from bad-mouthing an ex-employee's performance. A friend was once checking a potential hire's resume and he called the former boss who said "Let me tell you everything I liked about that guy." He was silent for 20 seconds then said "Heard enough?"
j'avais beaucoup aimé cet article.