

"Etre journaliste dans cette ville [Los Angeles] est une existence misérable. On est considéré comme de la drouille, une branche douteuse de l'industrie des relations publiques, le dernier ressort absolu," disait le journaliste-écrivain britannique Toby Young (photo) dans une interview avec Luke Ford, en 2003. Il faisait surtout allusion aux journalistes de Hollywood, traités comme un troupeau de porte-micros.
Ce mépris atteint des proportions presque fascinantes. Un copain envoyé interviewer Johnny Depp à la première de Pirates des Caraibes me racontait que tous les journalistes étaient convoqués à Disneyland, où se déroulait la première, trois heures avant l'arrivée des acteurs. Il a découvert que 240 (240!) équipes de télévision se bousculaient sur un tapis rouge de... 800 mètres de long. Autant dire que les stars du film, épuisées après quelques dizaines d'interviews dans cette cohue, ont laissé en plan des centaines de médias furieux d'avoir gaspillé une journée pour des miettes. Tous les journalistes, des stakhanovistes de junket cinés aux reporters pour la presse "sérieuse" (contraints de participer aussi aux junkets pour avoir accès aux acteurs et réalisateurs) se plaignent du dédain permanent de Hollywood pour leur travail (à ne pas manquer, à ce propos, l'article classique de Sharon Waxman sur son arrivée à Hollywood pour le Washington Post.)
Comme beaucoup, Toby Young a essayé de passer de l'autre côté du miroir et de travailler pour Hollywood. De son échec spectaculaire à Los Angeles, Toby a tiré son nouveau livre, The Sound of No Hands Clapping. Ce soir, nous organisons avec Cathy, Amy et le Los Angeles Press Club une fête en son honneur à Barnsdall Art Park. Après une réception en plein-air avec vue sur Griffith Park et Hollywood, sponsorisée par Pravda Vodka, le scénariste et producteur Rob Long (auteur de l'un de mes livres préférés sur Hollywood) interviewera Toby dans le théâtre et le public pourra poser ses questions. Les réponses affluent, mais le théâtre est grand et il est encore possible de nous rejoindre (détails sur le site du Club de la presse.)
PS: les commentaires désactivés depuis un mois devraient être rétablis sous peu. / Comments have been disactivated for a month but should be back up soon.