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July 08, 2006
Toby or not to be journalist


Le journaliste-écrivain-scénariste Toby Young et le scénariste et producteur de sitcom Rob Long ont déclenché beaucoup de rires à la soirée du club de la presse de L.A. en leur honneur mercredi, et quelques grognements quand Toby a déclaré à la foule de journalistes, principalement:

The journalist-memoirist-screenwriter Toby Young and sitcom writer-producer Rob Long triggered many laughs at the L.A. press club event honoring them on Wednesday, as well as a few grunts when Toby declared to the crowd of mostly journalists:

"J'essaye d'abandonner le journalisme depuis des années... Mais j'ai tellement échoué dans tous mes efforts, que je suis coincé dans le journalisme."
"I've been trying to give up journalism for years... But I've been so unsuccessful in all my endeavours that I've had to stick with journalism."

Les deux compères ont enchainé une farandole de blagues sur ces losers de journalistes, et une remarque de Rob sur les métiers les plus gratifiants qui sont généralement les moins bien payés, comme... journaliste. Los Angeles regorge d'anciens journalistes devenus scénaristes de télévision et producteurs richissimes. J'en ai encore rencontré un hier soir, très sympa d'ailleurs, au pince-fesses mensuel de l'ancien rédacteur-en-chef devenu producteur TV, Scott Kaufer, au restaurant surplombant Hollywood, Yamashiro. Parfois, on devient rêveur en écoutant ces anciens reporteurs parler de leur nouvelle maison à Malibu, dans cette brise océane délicieuse, tandis que l'on crêve de chaud sans clim' à Silver Lake, dans le vacarme assourdissant des travaux de construction de la voisine.

The two buddies went off into a barrage of jokes on journalist losers, and Rob brought up how the most gratifying jobs are often the least paid, such as ... journalist. Los Angeles is swelled with former journalists-turned rich-as-hell TV screenwriters and producers. I met yet another one last night, a very nice guy by the way, at the monthly gabfest at the Yamashiro restaurant looking over Hollywood, organized by former editor-turned TV producer, Scott Kaufer. Sometimes, you launch into a reverie, as you listen to these former reporters talk about their new house in Malibu, and the delicious ocean breeze, while you're boiling hot with no AC in Silver Lake, surrounded by the deafening noise of the neighbor's construction work.

Mais l'avantage du métier de journaliste (pour peu qu'on ne passe pas ses journées à interviewer des célébritées demeurées multi-millionnaires) est que l'on a pas le temps de s'apitoyer sur son sort lequel, si l'on considère le monde autour de soi, n'a rien de pitoyable. Combien de gens peuvent dire qu'ils prennent beaucoup de plaisir à faire leur métier? Si je nourris le projet de quitter cette profession, ce n'est pas pour le travail au coeur du métier, qui reste fondamentalement formidable.

But the advantage of being a journalist (as long as you don't spend your days interviewing brain-dead multimillionaire celebrities) is that you don't have time to complain about your life, which, if you consider the world around you, has nothing too pitiable. How many people can say that they truly enjoy their jobs? If I cultivate a project to leave this line of employement, it's not because of the work at the heart of this profession, which is, at core, formidable.

Dans une interview sur la chaine catholique KTO (les interviews VIP ici sur leur site sont excellentes) le chroniqueur télé et red chef Philippe Vandel évaluait à 10 ou 12 000 le nombre de personnes en France, pays de 60 millions d'habitants, qui font un métier qui les passionne. J'ignore d'où il sort cette estimation, mais il se compte parmi les chanceux.

Dans cet entretien, il racontait aussi que pendant son enfance près de Lyon, il n'avait jamais rêvé d'être journaliste: "Je voulais être le type qui fait les choses, et pas celui qui raconte ce que font les autres." En tant qu'"enfant de la crise", il ne pensait jamais avoir un jour un métier qui lui plairait. Aujourd'hui, il "fait des maths avec les mots" et écrit des livres, fait de la télé, élève ses gamins et a l'air content. Dans les années 80, Vandel était l'une des plumes de mon magazine préféré, Actuel, qui m'a donné envie de me lancer dans le journalisme. A chaque époque son métier.

In an interview on the French Catholic TV Channel KTO (the VIP interviews posted on their website are just excellent) French TV personnality, columnist and author Philippe Vandel estimated that 10-12,000 people out of 60 million living in France have a job they are passionate about. I've no idea where his figure comes from, but he counts himself among the lucky ones.

In this conversation, he was reminiscing about his childhood in France, near my hometown of Lyon, and how he had never dreamed of becoming a journalist: "I wanted to be the guy who does things, not the guy who tells what others are doing." As a "child of the economical crisis," he never expected to some day hold a job that he would enjoy. Today, he and "does math with words" and writes books, works in TV, raises his kids and seems happy. In the '80s, Vandel was one of the best-known bylines in the cult French magazine Actuel, which inspired me to go into journalism. At each season, it's a profession.

Posted by emmanuelle at July 8, 2006 09:35 AM
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