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July 24, 2006
En "Irak", sans la clim / In "Iraq", without AC

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Les Irakiens ont le sens de l’hospitalité, dit-on, à tel point qu’on ne peut rien leur refuser sous peine de les offenser. J’ai pu le vérifier en compagnie de soldats américains il y a quelques jours à Medina Wasal, dans le désert: plusieurs villageoises ont insisté pour nous offrir une grosse assiette de dolma (feuilles de vignes farcies), du yaourt fait maison et une cannette de soda fraiche, une fois n'est pas coutume, étant donnée la chaleur écrasante. On a parlé du Liban, de la guerre, et une Irakienne, «Mona» a mis une cassette de Julio Iglesias en français pour nous distraire des horreurs de l’actualité. Bien sur, je n’étais pas en Irak, mais dans le désert au bord de la Vallée de la Mort en Californie, dans l’un des douze villages irakiens reconstitués dans le centre d’entrainement militaire de Fort Irwin.

Iraqi people are said to be very hospitable, so much indeed that refusing anything may be offensive to them. I was able to verify this along with American soldiers a few days ago in the desert village of Medina Wasal. There, several village women insisted on offering us big plates of dolma (stuffed vine leaves), home-made yogurt and a cool can of soda, which I gladly accepted for once, given the crushing heat. We talked about Lebanon, the war, while an Iraqi woman, "Mona," played a tape of Julio Iglesias singing in French to distract us from the awful news. Of course, I wasn't in Iraq, but in the desert bordering Death Valley in California, in one of the 12 mock Iraqi villages at Fort Irwin National Training Center.

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Plusieurs mois avant leur déployement en Irak, les soldats U.S. suivent un entrainement spécifique pour apprendre à interagir avec la population irakienne dans ces faux-villages, enfouis dans le désert au bout de longues routes poussiéreuses bordées de constructions inachevées et de voitures désossées, comme en Irak. Chaque village a une mosquée, avec des appels à la prière, et des maisons allongées dans lesquelles vivent des immigrés irakiens jour et nuit. Ils sont censés s’habiller, parler, manger, chanter, comme en Iraq, car tout, des sons aux odeurs, doit transporter les soldats U.S. Les Irakiens insultent les Américains en arabe et chantent «Mort à l’Amérique» si besoin est, pour freiner le travail des troupes à la recherche d’insurgés, interprétés, eux, par des militaires rentrés d’Irak. Ces derniers ont reçu des cours de l'acteur Carl Weathers, alias Apollo Creed dans les films Rocky. Tout le monde porte un petit harnais avec des lampes qui clignotent si la personne est touchée par balle ou tuée.

Several months prior to their deployment to Iraq, U.S. soldiers follow training especially tailored to learn how to interact with the Iraqi population in these mock villages, buried in the desert at the end of long dusty roads lined with unfinished construction and abandoned cars, like in Iraq. Each village has a mosque, with calls to prayers, and long and narrow houses in which Iraqi immigrants live night and days. They's supposed to dress, talk, eat, and sing as if they were in Iraq, since everything, from the sounds to the smells must transport the Americans. Iraqis insult the soldiers in Arab and chant "Death to America" when needed, and impede the troops searching trough the village for insurgents. The latter are played by members of the military back from Iraq, and they even got acting lessons from actor Carl Weathers, aka the boxer Apollo Creed in the "Rocky" films. Everybody wears a strap on their chest with lamps blinking when the person is shot, or killed.

LE JOB D’ETE LE PLUS BIZARRE DU MONDE / THE WORLD’S WEIRDEST SUMMER JOB

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Il était impossible de photographier les Irakiens de face: certains ont encore de la famille en Irak, et redoutent des représailles. Dans ce qui doit être le job d’été le plus bizarre jamais crée, ces immigrés sont payés 230 Dollars par jour pour participer à ce grand jeu de rôle guerrier sous 40 degrés à l’ombre. A Medina Jabal (ci-dessous), où nous avons assisté à un exercice avec un faux kamikaze au milieu de la place noire de monde, des figurants Irakiens se repassaient un gros sac de glace sur la tête et des chewing-gums irakiens super sucrés. Les Irakiens se disent contents de leur boulot. Certains étaient contre la guerre en 2003, mais estiment qu'elle est là pour durer, alors aider les USA (leur terre d'asile par ailleurs) revient à aider le peuple Irakien.

It was impossible to photograph the Iraqis and show their faces: many still have family back home and fear repraials. In what must be the most bizarre summer job ever created, those immigrants are paid $230 a day to participate in this big role playing war games under heat of 100 degrees in the shade. At Medina Jabal (pic below), we witnessed an exercise with a "kamikaze" on the main square filled with people, while Iraqi role players were passing along a big bag of ice and some sweet Iraqi bubble-gums from one's head to another. Those Iraqis said they enjoy the job. Some were against the war in 2003, but they reason that it is here to stay, and that helping the USA (their new country, it turns out) will help the Iraqi people.

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L’entrainement tourne souvent au carnage pour les Américains, qui partent du principe que les erreurs commises pendant ce jeu de rôles permettent d’éviter les pertes humaines plus tard. Rien ne remplace le véritable bourbier irakien, mais dans le désert californien, ils apprennent surtout des choses de base: l’importance de savoir quelques mots d’arabe, fouiller les femmes selon les règles, s'assurer que la police locale est armée ou encore d’engager une relation avec la population sans pour autant relâcher sa vigilence. "A leur arrivée ici, les Américains ne savent rien du tout [sur à quoi s'attendre en Irak]," me disait une Irakienne, "il faut tout leur apprendre."

Training sessions often end up in carnage for the American troops. They start from the principle that errors made during these role-playing games help avoid casualties later on. Nothing can replace the real Iraqi quagmire, but in the California desert, they learn a lot of basic things for starters: the importance of knowing a few words in Arab, making sure that the local police is armed, knowing of to frisk women in a respectful manner, or how to engage in a relation with the population without losing an inch of vigilance. "When they get here, Americans don't know a thing [about what to expect in Iraq]," an Iraqi woman told me, "We have to teach them everything."


Posted by emmanuelle at July 24, 2006 04:18 PM
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