
Lu dans le New York Post ce matin: la marque de 4X4 abominables Hummer, le véhicule des dragueurs bourrins à Los Angeles sur le ton "J'ai un joujou extra," va lancer son eau de toilette destinée aux gars "ultra-masculins." Car des hommes font de cette bagnole infâme leur identité. J'ai interviewé une fois ce chirurgien plastique de Beverly Hills qui se vantait de posséder deux Hummers, payés grâce à des kyrielles de... sexes féminin. Il refait vagins, vulves, clitoris et pose même des implants dans le point G. Ce Docteur Frankenstein du point G et ses Hummers allaient très bien ensemble. Beuah!
Plus que 10 jours avant Burning Man 2004! L'ami Brian Doherty s'y rend depuis dix ans (c'est lui sur la photo à Burning Man) et signe le premier livre sur l'histoire du festival, This is Burning Man
Pour ceux qui n'en ont pas entendu parler, Burning Man est surnommé «l’événement le plus cool des Etats-Unis». Chaque année, à la fin du mois d’août, des milliers d’artistes et de jeunes branchés forment un gigantesque campement psychédélique dans le désert du Névada: robots cracheurs de feu, jongleurs nus, temple construit entièrement avec des pièces de puzzles de dinosaures… Je rêve d’y aller. Mais ça ne sera pas pour cette année. Brian, brillant journaliste au magazine Reason s'intéresse surtout à l'aspect politique de cette cité fantastique, anarchique et éphémère de Burning Man.
Dans cet entretien avec Brian, le blogger star Luke Ford tente d'obtenir des infos juteuses: "Il parait qu’une cassette circule de toi au milieu d’une partouze à Burning Man!" Dans une interview à paraître dans le Max français, Brian explique pourquoi les orgies ne sont pas aussi fréquentes que l’on croit sur le campement ce qui n'empêche pas aux gens d'être furieusement sexy dans les tempêtes de poussière:
"Oui, il y a beaucoup de drogues et de sexe à Burning Man. Mais ces activités peuvent être menées n'importe où. N’oubliez pas que Burning Man n’est pas l’endroit le plus confortable pour le sexe. La poussière entraîne des problèmes de lubrification. Il fait 40 degrés pendant la journée, et vous avez des tempêtes de poussière qui vous empêchent de voir devant vous. La tente vous tombe sur la tronche. […] Au bout d’un moment, tout le monde est sale et sent mauvais. Malgré tout, les gens ont tendance à se sentir sexy à Burning Man."
"Toi y compris?""Oh oui. Absolument. [...] C’est un endroit où les gens font ce qu’ils désirent le plus au monde. Cela crée un halo de confiance en soi qui vous rend très attirant aux yeux du sexe opposé."
"Yes, there's plenty of drugs and plenty of sex at Burning. But you could do those anywhere. Let's not forget that Burning Man is not really a comfortable place to have sex. The dust, I mean, you have lubrication issues there. It's like, 100 degrees C during the day, and you have dust storms that prevent you from seeing in front of you. Your tent falls all over you. […] You're gonna be dirty and smell bad after a while. But despite all of this, people tend to feel sexy at Burning Man."
"You included?""Oh yes. Absolutely. [...] It's a place where people tend to be doing what they most want to be doing and that creates an aura of confidence which tends to be very attractive to the opposite sex."
More on Matt's blog and Brian's Burning Man weblog.
On sait, on sait: les Américains sont obsédés par Jerry Lewis et son statut de comique vedette en France et ils ne peuvent s'empêcher de glisser son nom dans une conversation sur l’hexagone. Pourquoi pas?! C'est toujours plus agréable que les remarques à l'apéro sur l'occupation nazie d'il y a 63 ans, l'antisémitisme en France ou la vague de chaleur meurtrière de l'été dernier. Ouf, déjà le 16 août: on sans doute échappé à un remake cet été!
Plastic héberge une énième discussion sur l'angoisse de la France, qui rêve de restaurer sa gloire d'antan." Et ça ne loupe pas, il est question de ce bon vieux Jerry. Mike Godwin avait lancé le concept de la loi de Godwin, selon laquelle Hitler et les Nazis jaillissent comme des pantins dans les discussions en ligne et salopent tout. Selon ma nouvelle "loi de Jerry", le génie comique est inévitablement mentionné dans les cinq premiers commentaires d'un cyberdébat sur la France.
Chez Plastic, il est rappelé que Jerry Lewis était chaud en France dans les années 60 et que cette période est révolue. Selon Adam Gopnik, dilettante de "la Fwance", les Français raffolent des artistes populaires américains avec "une œuvre". Un participant dit que le succès de Jerry Lewis était surtout du à l’acteur français qui le doublait, et qu’après sa mort, aucun film de Jerry Lewis n’a eu de succès en France. En réalité, il a eu plusieurs doubleurs, dont le fameux Roger Carel, toujours parmi nous à ce que sache. Mais c’est vrai que le doublage explique en grande partie le succès de plusieurs sommets de la culture américaine en France, comme les séries Starsky et Hutch et Magnum.
Une professeur, Rae Beth Gordon, a publié le livre Pourquoi les Français aiment Jerry Lewis qui m'apprend pas mal de choses. Selon elle, Jerry Lewis est l'héritier d'un genre de comédie inhérent des music-halls français des années 1880. Leurs sketches sont tous sur le même modèle: mouvements frénétiques, tics, grimaces et bizarres comportements imitant des désordres nerveux comme l'hystérie, l'épilepsie et le syndrome de Tourette. Citons cette critique du livre:
"Le public français était fasciné et diverti par ces comportements sur une scène, alors qu'ils reflétaient de nombreuses maladies nerveuses tout juste reconnues comme telles et débattues dans la presse populaire."
Le mouvement hystérique et rapide d'un corps humain en accéléré et la vélocité extrême d'un train express, thème fréquent des premiers films comiques et dramatiques est devenu 'le paradigme caractéristique de la modernité.' [...] Ce paradigme fut personnifié plus tard par 'Les feux de la rampe' de Chaplin et 'Les temps modernes' dans lesquels tout bouge selon une vélocité hédoniste implacable."
"The French public was fascinated and entertained by watching these behaviors - which reflected many of the nervous diseases just being recognized and written about in the popular press - on the café-concert stage."
"Hysterical and rapid movement of a speeding human body, and the extreme velocity of the express train, a frequent subject of early comic and dramatic films, Gordon says, became the idiosyncratic 'paradigm for modernity' [...] This paradigm was later epitomized in Chaplin's 'City Lights' and 'Modern Times' film classics, in which everything moved with relentless, hedonistic velocity."
Ce qui explique aussi sans doute pourquoi tant de Français (moi y compris) adorent le regretté comique anglais Benny Hill et particulièrement les scènes de poursuites saccadées en conclusion de chaque épisode.
Vu sur le blog de Just Above Sunset: des affiches hollywodiennes défigurées à Los Angeles par plusieurs couches de commentaires politiques, ici et là.
"AloooOOrrrs Matt, quel effet ca fait d'être un b-LOGUEur à la Con -VENTion!!??": Agonie et extase détaillés ici.
Tim Blair blogging from L.A.

... et déprime les vieux fans de mon âge, comme ce chroniqueur musical sur la radio de service public américaine NPR:
"Ah, The Cure. Un souvenir d'adolescence, comme l'acné. Ce que ma génération ressent doit ressembler à ce qu'éprouvent les baby-boomers en écoutant les Rolling Stones à la radio, quand ils conduisent leurs enfants faire leur première rentrée universitaire [...] "Je suis un adulte désormais, et ces gars là font encore de la musique."+ un très bon site de fans sur la tournée américaine actuelle. +pour ceux que ca intéresse, mon article de Libé sur le comeback de Cure aux Etats-Unis avec photos.
"Ha, The Cure, a teenage memory like acne. The feeling that our generation gets is probably rather similar to how babyboomers must feel when they hear a Rolling Stones song on the radio while driving their kids to college. [...] I'm an adult now and these guys are still making music."+ a very good fan site covering the U.S. tour going on right now + for those interested, my article (in French) about the Cure's comeback in the US, with pics.
Plusieurs jours sans bloguer, autant de soirées déjantées: quand rien de neuf n’apparaît sur ce site, c’est plutôt bon signe que nous célébrons une saine vie off line avec les copains et copines, blogueurs pour beaucoup. L’ami australien Tim Blair est chez nous à Los Angeles et un barbecue impromptu a rassemblé une belle brochette de blogueurs locaux: Cathy Seipp, Cecile Dubois, Amy la déesse chroniqueuse du coeur, Mickey Kaus, Greg et Molli and Lil' Sean, Ben Sullivan, Tony Pierce, Kate The Rock Child, Heather, Os qui ne blogue pas mais héberge la moitié d’entre nous… Si mon appareil numérique n’avait pas rendu l’âme sans crier gare, il y aurait quelques photos divertissantes sur cette page. Tony disait qu'il raffole du nouvel album de Morrissey et sa chanson d’ouverture: «America is not the world». Extraits:
"Amérique, ta tête est trop grosse, parce que, Amérique, ton ventre est trop gros. Et je t'aime, j'espère simplement que tu peux rester comme tu aies" (ou quelque chose du genre: apparemment, il emploie du mauvais anglais pour se moquer de l'illettrisme aux USA)"L'Amérique vous a donné le hamburger. Bon, Amérique tu sais où te le mettre ton burger,"
Et ne te demande pas pourquoi en Estonie ils disent, hé toi, gros cochon, gros cochon.""America your head's too big, Because America, Your belly's too big And I love you, I just wish you'd stay where you is""In America, It brought you the hamburger, Well America you know where, You can shove your hamburger
And don't you wonder, Why in Estonia they say, Hey you, Big fat pig You fat pig, You fat pig"
Tony remarquait (en faisant descendre son hamburger avec une bière) que le hamburger est une invention de génie. Tim a renchérit quelque chose du genre:
«C’est vrai ça. Est-ce qu’il y a une seule chose que le reste du monde fait mieux que l’Amérique?»
Tony: «A part les filles françaises, rien! L’Amérique botte le cul de tout le monde! Boua ah ah ah!»
Le patriotisme absolu de Tony Pierce et ses éclats de rire sont précieux. Il raconte ici le BBQ, la visite de l'opossum et les filles qu'il rencontre grâce au blog.
Avoir des amis blogeurs est assez fantastique pour continuer en ligne des conversations entamées en personne. Comme ce salon politique anti-Bush auquel nous avons assisté la semaine dernière avec Cathy, chez le génial éditeur excentrique Adam Parfrey, fondateur de Feral House (ci-dessous une photo de Cathy et Adam l’année dernière, lors d’une expo sur l’ouvrage publié par Adam sur les magazines américains pour hommes des années 50, remplis d’illustrations d’officiers nazis terrorisant des femmes en lingerie. Fantasmes de l’après-guerre…)
Cathy décrit beaucoup mieux que je ne pourrais le faire ce mini château de Blanche Neige, construit dans les années 20 par un créateur de décors pour Disney, avec la peinture à l'huile géante de Staline au dessus de la cheminée, puis le déroulement du salon (d'autant plus intéressant pour moi que politiquement, nous sommes à l'opposé toutes les deux.) C'est difficile de se souvenir d'un monde avant le Web et les blogs quand on peut aujourd'hui participer à une soirée à plusieurs niveaux: sur place, lire le compte-rendu détaillé sur le blog de sa copine et sa chronique plus fouillée sur le site d’un magazine politique national.
Et quand du boulot me retient à la maison, Amy va à la soirée et raconte ce qui s'est passé.
Avec les webstars et les outils pour mesurer son trafic, son influence dans la blogosphère et que sais-je encore, on a tendance à oublier que les blogs permettent surtout à des amis et des proches de rester en contact et de se connaitre davantage. Dernier en date: mon beau-père Pete, ingénieur en aérospatiale a désormais son blog! Le voici en train de publier sa première ligne sur le web. Malheureusement, ma famille et mes amis de longue date en France et en Hongrie ne ressentent pas le besoin d'avoir un blog, qui pourrait nous rapprocher entre deux e-mails ou coups de fil transatlantiques. Il faut dire que ca ne passe pas toujours bien en Europe d'avoir un site perso: Christian en Suisse s'en est rendu compte quand Le Matin a publié un article bouleversant de connerie, l'accusant de "s'auto-ériger un site à sa propre gloire!" Impensable ici, et pour ce genre ce choses, on aime que l'Amérique ne soit pas le monde.
Excellent film rafraîchissant, et l'acteur/réalisateur/scénariste Zach Braff a même un blog autour de ce premier film personnel: une collection d'histoires recueillies au fil des ans. Sort en France le 20.08.2004 (aux dernières nouvelles.)
Via Mediatic: l'artiste et blogueur pionnier Philippe De Jonckeere est irrité par certains politiciens américains et leur combat contre les "arts crus".
Dans un geste de protestation poétique, il a envoyé par la poste américaine 25 enveloppes fabriquées à partir de photos porno. La poste américaine a délivré 24 d'entre elles sans problèmes. Ses explications sont ici en français.
Moins subversif mais original: La Poste suisse émettra en septembre son premier timbre en bois et les files d'attente continuent en Autriche pour acheter le timbre à l'effigie d'un Arnold Schwarzenegger assez rigide.
Less subversive but also original: the Swiss postal services will publish its first stamp made of wood this September, and Austrians are still lining up to buy a stamp featuring a rather wooden-looking Arnold Schwarzenegger.


La fête nationale suisse à Los Angeles, en beauté avec la fondue, avec 2 jours de décalage. Plus: un splendide bébé marseillais en direct de Vevey, via le téléphone parental.
Tout le temps au courant de tout ce qui passe en terme de musique de la côte Ouest, Jean-Luc Raymond de Mediatic nous signale un site génial Kulak's Woodshed: un studio à Los Angeles où 5 cameras retransmettent des performances live non-stop (ou fouillez dans les archives.) Pour suivre les séances de zique assis devant votre ordinateur, cliquez sur la webcam ici.
West Coast Music annonce également la préparation d'un album hommage à Warren Zevon.
Pendant longtemps, Tom Cruise est resté discrèt sur son appartenance à la scientologie: il ne figurait pas sur la liste des célébrités scientologues sur le site de la secte et sa puissante publiciste, Pat Kingsley bloquait les questions des journalistes à ce sujet. Tout cela a bien changé, surtout depuis que Cruise a remplacé Kingsley par sa propre soeur, elle aussi scientologue.
Lors d'une séance d'interviews pour la sortie du nouveau film de Michael Mann, Collateral, d'autres journalistes qui l'ont interviewé pour Le Dernier Samourai m'ont dit qu'il était insatiable sur le sujet. Et lors d'une conférence de presse avec une trentaine d'entre nous, il a spontanément vanté l'influence de la secte sur sa vie. C'est là où j'ai gaffé. Tom Cruise interprète un tueur à gages dans Collateral. Or Michael Mann est passionné de psychologie et fait travailler ses acteurs avec des psys pour comprendre les motivations et réactions de leurs personnages. Will Smith acclame cette méthode et dit que depuis le tournage de Ali, il soumet les scénarios de ses films à plusieurs psys et leur dit: "Expliquez moi pourquoi mon personnage fait ca." J'ai demandé à Tom Cruise s'il avait préparé son rôle avec des pros pour se mettre dans la peau d'un redoutable assassin. Réponse cinglante, sourire un peu crispé : "Je ne crois pas dans la psychologie." Il précise: "Je n'ai jamais travaillé avec des psychologues. Jamais. JAMAIS." Eclat de rire général. Oups, j'avais oublié que les scientos rejettent la psychologie!
Tom Cruise aurait carrément dit que la psychiatrie devrait être hors la loi. La profession avait réagi en invitant Cruise à se faire examiner. Michael Mann n'a pas voulu expliquer en détail comment il avait travaillé avec sa star, vu ses restrictions. Tom Cruise est excellent dans le film et je l'aime bien comme acteur. Il est aussi beau gars en personne que sur écran géant mais ses rires forcés et robotiques vous auraient sans doute déplu aussi.
PS: un ami français également journaliste à Hollywood remarque que John Travolta aussi se met à parler abondamment de scientologie. On se demande si l'Eglise de sciento demande à ses stars de mettre le paquet face à la montée en puissance de la Kabbale, maintenant que la fameuse ficelle rouge des stars "kabbaleuses" est disponible dans les supermarchés Target.