
"Jacko le Barjo" entâme son procès demain et vu comme c'est parti en ce qui me concerne et tous les correspondants en Californie, ce thriller judiciaire va mettre du beurre dans les épinards. Fin 2003, son arrestation hébétée et l'élection de Schwarzie au poste de gouverneur de Californie m'avaient déjà procuré du travail non-stop, et ce, sans que je ne fasse une seule interview de l'un ou de l'autre. Comme l'observe le critique de cinéma Roger Ebert dans le New York Post d'aujourd'hui, plus les célébrités s'étalent dans les médias sous tous les angles (et font manger des journalistes) moins les médias y ont accès, bloqués par une armada de publicistes, d'agents et de managers.
Au sujet de Los Angeles et des journalistes qui tentent de couvrir le cinéma dans cette ville, ne pas manquer les confessions de Bernard Weinraub. L'ancien correspondant du New York Times à Hollywood a eu un choc à ses débuts à Los Angeles face au gouffre économique "de folie" séparant les pros du cinéma et les journalistes qui couvrent cette industrie. "C'est comme tomber dans la France de Marie-Antoinette," écrit-il.
Il m'arrive de croiser des journalistes qui profitent de leur accès, même limité, pour refiler des scénarios à des vedettes ou à des producteurs (ce qui nous flanque la honte, comme les demandeurs d'autographes à la fin des interviews de groupe.) Comme si leur rêve était de passer de l'autre côté du miroir, au lieu d'élaborer des reportages autour des déboires judiciaires de Michael Jackson, sans jamais rencontrer ce Peter Pan californien - qui part en sucette si vous me demandez mon avis, mais hé, je ne rapporte que ce qu'en disent les médias...
Cathy, la Lucky Luke des blogueuses (qui blogue plus vite que son ombre) a raconté depuis longtemps notre escapade vendredi chez NBC (le déjeuner Miami Vice parmi crocodiles en plastiques et flamands rose, la conf de presse de Patricia Arquette et de la médium qu'elle incarne dans une nouvelle série) mais le plus crucial est bien sur la version américaine de The Office. Les fans de la série culte britannique s'en rongent les ongles, mais c'est vrai: NBC va diffuser une version américaine, dès le 22 mars à 21h30.
De ce que j'en ai vu: The office, an american workplace peut fonctionner (laissons leur le bénéfice du doute, contrairement aux commentateurs sur Imdb) Le bureau est très similaire et la composition de l'équipe aussi (un patron à côté de la plaque, une réceptionniste rêveuse, l'employé mignon qui en pince pour elle...) Le boss sous les traits de Steve Carell (de l'émission satirique The Daily Show) trouve son propre ton sans même tenter d'américaniser l'inimitable David Brent, mais les personnages s'éloignent peu des originaux, à l'exception de Gareth (qui devient Dwight: moins bizarre, plus tête à claques.) Le scénariste principal, ancien des Simpsons et de Saturday Night Live assure que seulement 50% du matériel dérive directement de The Office, même si de nombreux gags semblent recyclés (cf. l'agrapheuse dans la gelée.)
Les créateurs du show briton Ricky Gervais et Stephen Merchant sont des consultants sur la version U.S. et selon NBC, la cautionnent à 100%. Steve Carell racontait sa rencontre avec Ricky Gervais: "Nous avons entâmé un combat de lutte ensemble... Nous nous sommes couverts le corps d'huile et... Sérieusement, Gervais et Merchant n'auraient pas pu manifester une attitude plus positive [envers la série américaine.]" Et si la version U.S. est un flop, NBC pourra appliquer l'une des nombreuses maximes de David Brent: "Si tu ne réussis pas de suite, fais disparaitre toutes les preuves que tu as essayé."
PS: Reconnaissance éternelle à l'ami blogueur de Down Under Tim Bair (Tim Bleah) venu à Los Angeles cet été et nous a fait connaitre la première saison de The Office. /
PS 2: got hold of several episodes of The Office, an American workplace: very disappointing, not to say... awful!
Extrait du nouvel article de Matt dans Reason, sur les divisions franco-américaines: "Plus d'1% des habitants de chaque pays visite l'autre chaque année, et les français sont aussi obsédés par la pop culture américaine que les Américains le sont par le prétendu snobisme gaulois en matière de vin. Nous sommes hostiles car nous prêtons encore attention à l'autre, et car les deux côtés ont réussi à projeter une identité nationale dans un monde de plus en plus transnational."
De passionnants nouveaux problèmes d'accès au Net (troubles e-mails inclus) m'ont empêchée de souhaiter plus tôt à Maïa Mazaurette d'ennivrantes et piquantes nouvelles aventures, en fille libérée (de son blog).
La webstar coureuse de caleçons passe à autre chose, entre autre car "le concept de blog est devenu mainstream à mort." Et ne l'éclate plus. Quand Jean-Luc Raymond nous a présentée L'amie des hommes il y a deux ans, à ses tous débuts, j'ai craqué illico pour son blog rigolo et formidablement bien écrit, plus attachant que son premier bouquin (acheté via le blog.) En espérant que les archives resteront en ligne... Maïa ne disparait pas pour autant: contrairement à la plupart des blogueurs, elle écrit, dessine, publie, est interviewée & remixée et ne manque pas de tribunes.
This man-hunter of a blogger is moving on to other things, in part because "the blog concept has become mainstreamed to death." And it's no fun to her anymore. When Jean-Luc Raymond introduced me to The friend of men two years ago, at her debut, two years ago, I immediately fell for her very funny and formidably well-written blog, which is even more endearing than her first novel (which I bought through her blog). Hope her archives remain online... Maïa won't disappear anytime soon: unlike most bloggers, she writes, draws, gets published, is interviewed & remixed and doesn't lack outlets.
C'est un peu les Oscars de Washington, la cérémonie d'inauguration du président. Sans stars, toutefois, car il n'y a jamais eu une telle distance entre Hollywood et la Maison Blanche que sous Bush Jr. Hier, devant ce faste télévisé à Los Angeles, j'avais la nausée en pensant aux soldats dans l'enfer iraquien. Guillemette était avec les manifestants, dont la mère de Sherwood Baker et raconte dans Le Figaro.
Dans le New Jersey, l'ami photojournaliste Jim Lowney assistait il y a peu à l'enterrement d'un soldat de 20 ans, Stephen Benish tué par un sniper. En Californie, le service de presse de Schwarzenegger envoie aux journalistes un communiqué par e-mail à chaque fois qu'un soldat du Golden State meurt à la guerre. Certains jours, je reçois 5 e-mails de condoléances de Schwarzie. Une bombe, une embuscade, et les messages pleuvent. La Californie est l'état de l'union qui essuyé le plus de pertes dans cette guerre.
Recently in New Jersey, our photo reporter pal Jim Lowney attended the funeral of a 20 year-old soldier, Stephen Benish who was killed by a sniper. In California, Schwarzenegger's press office sends an e-mail press release each time a soldier from the Golden State dies in the war. On some days, I receive 5 e-mails of condolances from Schwarzie. All you need is a bomb or an ambush, and the e-mails pour in. California is the state with the greatest losses in this war.
Luis Sinco, le photographe qui a pris la célèbre photo du "Marine Marlboro" disait un truc assez troublant à la radio. Peu après la réelection de Bush, il a quitté l'Irak:
"Je ne suis pas prêt de retourner en Irak. Nous les journalistes, nous en sommes au point où nous ne changeons pas l'opinion des gens sur ce conflit. Je pense que les élections lancent un signal clair à ce sujet. Je veux dire, en dépit de tous les reportages sur cette guerre ces 18 derniers mois, les gens n'ont pas changé d'un pouce leur avis sur la façon dont cette guerre se déroule. Alors là, je vois les journalistes comme les perdants dans cette histoire. Vous risquez votre vie, et pour quoi?"
En France, voici deux semaines que nous sommes toujours sans nouvelles de l'envoyée spéciale de Libé en Irak, Florence Aubenas.
"I am not going back to Iraq at any time soon. We as journalists are not changing anybody's mind about this conflict at this point. I think the election was like a clear-cut signal on that. I mean, people, despite the reporting of the last 18 months from this war, people have not budged from their idea of how this war is going. So at this point, I think of it again as kind of a loser's game as far as you're a journalist. You are risking your life and for what?"
In France, it's been two weeks since we last heard from Florence Aubenas, the journalist of Daily Liberation reporting from Iraq.
"C'est dur ma poule d'être coupée du monde virtuel, non???" écrit un ami. Tu l'as dit, Eric, mais me voilà sortie de ce cyber Gloubi-boulga: dû à un problème de serveur et à ma bêtise combinés, j'ai perdu quasiment deux jours de e-mails et emmanuelle.net a pointé pendant une journée vers une page test de blog rance concotée en juin... lorsque j'étais en Roumanie. Tout semble rentré dans l'ordre, mais si je réponds pas à votre récent message, mieux vaut me le renvoyer!
Comme d'habitude, les copains Charlie et Os m'ont sauvée, en l'occurence, d'une grossière erreur de paramétrage D.N.S. Charlie, qui publiait un journal en ligne dès 1996 (l'excellent Tabloid.net) s'étonne que tant d'opérations restent si compliquées à mener, "depuis le temps que le Web existe!"
Les blogs, c'est simple à publier en théorie, jusqu'à ce que l'on ait à gérer des questions d'hébergement, de nom de domaines, de filtrages de spam dans les commentaires, de transfert des archives (les miennes sont dispersées un peu partout depuis 4 ans...) Vivement que tout cela soit plus simple. Et que nous ayons tous un numéro de téléphone portable mondial.
Même si, vu de la lune, nous avons ici-bas de bien plus urgentes priorités, de basse et haute technologie. Canard Wi-fi voudrait combiner les deux en Asie du Sud-est: il envisage une action wi-fi post-tsunami...
Blogs are easy to publish, in theory, until you deal with hosting issues, domain names, de-spamming of your comments, transferring the archives (mine have been scattered a little bit everywhere for 4 years...). Looking forward to better days, when all of this will be simpler. And also when we will all have one world phone number.
Of course, from the moon's perspective, we on Earth have far more urgent
low-tech and high-tech problems to solve. Canard Wi-fi thinks more technology is needed in South-East Asia: he's plotting a post-tsunami Wi-fi action.
Plus de e-mails depuis quelques heures... On dirait que d'autres se sont perdus au grée des différentes interruptions ces derniers jours. N'hésitez pas à renvoyer vos précieux messages sur une autre bal: radiospartacus (devinez quoi) yahoo (devinez encore) fr. Merci! MISE-A-JOUR: ca dure cette histoire. Près de 12h sans e-mails.
Le New York Post, ce tabloid anti-français irrésistible qui nous fait rêver la bouche ouverte à Los Angeles (suis abonnée) interviewe une svelte executive-woman française, Mireille Guiliano, auteure d'un guide du bien-manger intitulé: Les femmes françaises ne grossissent pas.
Pourquoi? Je vous le donne dans le mille: parce qu'elles mangent peu et bien, ne vont jamais à la gym mais se déplacent en marchant. Elles n'ont aucun intérêt pour la junk food, lisent au lieu de regarder la télé et dorment ce qu'il faut, selon cette élégante gourou anti-régime. Si seulement...
Mais je soupçonne Mireille Giuliani, à 58 ans, de parler pour sa génération aux bonnes mannières alimentaires. Actuellement, 10% des Français sont obèses, contre 33% des Américains, mais les Frenchies s'imprègnent de mauvaises habitudes. Le nouveau numéro de Time remarque: "Même l'antagonisme américain actuel envers toute chose gauloise n'a pas refroidi l'accueil du livre." Il en est à sa sixième réimpression, et figure aujourd'hui en 4ième place sur Amazon. Et moi, je rentre d'un séjour en France avec 4 kg à perdre.
A lire plusieurs critiques du livre des journaux de l'Amérique profonde, cette Française en agace plus d'un, mais les commentaires les plus amusants émanent de la presse anglaise. Ils se sentent visés comme de tristes losers anglo-saxons névrosés, obsédés par le régime Atkins et le Yoga Bikram (où l'on sue comme un cochon.)
Selon le Times, Mireille Giuliano omet de mentionner que les françaises mangent moins car elles fument quelque chose comme 400 cigarettes par jour!
Why? You'll be surprised: because they eat little but well, don't work out but walk to get to places. They have no interest in junk food, read instead of watching TV, and they sleep long enough, says this elegant anti-diet guru. If only ...
I think that at 58, Mireille Giuliano speaks for her well-mannered generation. For now, 10% of the French are obese, compared to 33% of Americans, and surveys show that the Frenchies are absorbing bad food habits, too. The new issue of Time notices that "Even the current U.S. antagonism toward all things Gallic has not dampened the book's reception. It has gone through six printings and shot to No. 2 on Amazon.com. Exactly when I'm just back from France with 5 Lbs to sweat off.
Reading several critics of the book in blue-state newspapers, this French woman irritates more than one. But the most amusing comments emanate from the British press. They feel targeted as sad, neurotic Anglo-Saxon losers who are obsessed with Atkins and Yoga Bikram (the kind where you sweat like a pig).
According to the Times, Mireille Giuliano kinds of forget to mention that French women eat less because they smoke something like 400 cigarettes a day!
"Cela ne va pas vous tuer d'aimer les Français pendant deux heures" C'est le titre d'une pub remarquée (et drôle) de la chaine History Channel pour son émission spéciale sur la révolution française (Via Guillemette, journaliste New Yorkaise et collègue estimée.)
Au début du mois, un écrivain français installé à NYC fulminait déjà; Pour lui, ce slogan tranché était du même tonneau que celui de cette pub télé pour des poulets rôtis en Californie (dont je ne peux pas immédiatement vérifier l'existence): "Ne soyez pas français, lâche comme un poulet. Mangez-le!"
Surprenant, pour la Californie. On ne m'a jamais insulté en relation aux positions politiques françaises, sauf sur ce blog. Certes, un grossier personnage a brûlé le drapeau français sous notre porche peu après le début de la guerre en Irak, mais c'est tout. A la sauterie du 14 juillet, l'ambassadeur de France aux USA à qui j'ai raconté cette petite mésaventure s'est exclamé: "Hissez-le de nouveau!" Le drapeau à moitié cramé? Sous le porche en bois? Vous êtes sûr?
Quand à l'émission de ce soir, selon ce commentateur dans le Los Angeles Times: "Les conservateurs américains voudraient secrètement avoir leur révolution (en Iraq)... L'administration Bush pourrait tirer deux ou trois leçons de l'Histoire de France." Ce qui trahit sans doute son âge, car me dit-on, la révolution française était ultra-branchée au sein de la gauche dans les années 60, une obsession presque. Ces révolutionnaires devraient tout rafler au grand concours "Qu'ils mangent du gâteau."
Earlier this month, a French writer in New York was steaming already. He compared the History Channel's cutting slogan to a (unverified) TV commercial in Californie promoting rôtisserie chicken this way: "Don't be a chicken like the French! Eat it!"
Which is surprising for California. I was never insulted because of French politics, except on this blog. OK, a rude character burnt the French flag under our porch, soon after the beginning of the war in Iraq, but that's all. At the Bastille Day bash, I told the story to the French Ambassador to the US who erupted: "Hail the flag again!" You mean, the half-burnt flag? Under the wooden porch? Are you sure?
Regarding tonight's show, according to this commentary in the Los Angeles Times: "American conservatives have a bad case of revolution-envy... The Bush crowd could learn a thing or two from French history." These comments may carbon-date the writer, since I'm told that the French Revolution was extremely hip among the Left in the '60s. It was their obsession almost. These revolutionaries should kick ass at the "Let them eat cake" sweepstakes.
Un mot pour signaler l'émission Médias du monde consacrée aux blogs sur RFI: (attention: lien aux fichiers audio valable une semaine seulement.) On y retrouve Maïa Mazaurette et Emily Turrettini, le créateur de TsunamiAsie.com, Matt, et Loïc le Meur qui m'apprend que "un tiers des weblogs sont protégés par des mots de passe."
J'ai souri lorsqu'à un moment donné, l'une des journalistes se demande si, avec les blogs, "n'y a pas un risque de multiplication de sources d'information?" C'est une crainte qui me parait assez répandue en France, un peu sur le ton: "Attention, trop de liberté, ca fait peur!" Mes 2 Eurocents: quel risque? Perso, je trouve que les journalistes ne peuvent que se réjouir de la multiplication des sources d'info, en particulier des meilleurs blogs qui réagissent, corrigent, interpellent les journalistes ou écrivent sur des sujets bien mieux que nous. Le seul risque, à mon sens, c'est de se perdre. Et de se laisser dépasser.
Jean-Luc Raymond invite à découvrir la technologie Podcasting (définition) mais je ne vois pas encore bien la différence avec un audioblog, comme celui du reporter de guerre Kevin Site. Est-ce qu'un visiteur pratique par hasard le Podcasting?
I couldn't help but smile when, at some point, one of the reporters asked if blogs aren't bringing "a risk of the multiplication of information sources?" Which is a concern that is more widespread in France, as if: "Gee, too much freedom, that's scary!" My 2 Euro-cents: what risk? Journalists can only rejoice at the multiplication of sources, in particular of the best blogs that correct us, challenge us, or write better than us on specific subjects. The only risk is to get lost in this mesh. And to miss the next boat. Jean-Luc Raymond suggests we discover Podcasting technology but I'm slow to see the difference with audioblogs, such as war reporter Kevin Site's. Does any visitor here happen to practice Podcasting?
Matt pratique le moblogging escargot' et publie une série de photos de la très chouette Roue de l'Europe place Bellecour à Lyon (ma ville natale), prises avec son téléphone portable le jour de Noël. Il a fallu retourner sur le sol américain pour pouvoir les envoyer par e-mail sur Buzznet des semaines plus tard... La vue de Lyon est imprenable. Pour plus de photos: vu de Fourvière + celles d'une blogueuse lyonnaise Stéphanie+ de bonnes photos d'une touriste qui ose suggérer que la roue de Lyon "est une timide réplique de celle de Paris." Saperlipopette!
Quelques photos et un compte-rendu de la soirée en l'honneur du cousin californien de Gawker, le blog qui met Hollywood en boite, Defamer ("Le calomnieur"), à Beverly Hills la nuit dernière
C'est presque comme à l'Elysée, ce blog: déserté pendant la trêve des confiseurs. Les voeux se déclinent tardivement, pendant tout le mois de janvier et sans vraiment vouloir dire grand chose en ce début d'année cataclysmique.
De retour à Los Angeles, on a découvert l'ampleur des dégâts causés par les intempéries mortelles. Notre gouverneur Schwarzie a fait un tour en hélicopter au dessus de la petite ville de La Conchita, au bord du Pacifique et a vu ca: un trou béant dans le flanc de la montagne, comme si un géant y avait donné un grand coup de pied. La ville est partiellement enterrée sous la boue. Et forcément: les gens qui ont perdu au moins dix de leurs voisins veulent reconstruire exactement au même endroit; en dépit des risques, comme il est d'usage en Californie. Une défiance assez difficile à comprendre pour une Française, qui avait déjà été surprise par cette même attitude lors des incendies de 2003.
Chez nous à Silver Lake, le bureau de Matt a été passablement inondé, son ordinateur grillé et sa voiture ne démarre pas et a de l'eau sur la banquette (une fuite peut-être, dans le toit ouvrant de cette bonne vieille Thunderbird?) Mais ce n'est rien par rapport à nos copains Philippe (le mur de son jardin s'est écroulé) ou à Charlie et Bonnie qui ont retrouvé leur bagnole sous une couche de colline qui a glissé comme une tranche de raclette.
Ceci étant dit, me voilà presque remise de trois semaines sans bloguer (non sans poster des photos sur le moblog Buzznet) avec plusieurs résolutions:
- grimper la colline tous les jours, sans faire d'histoires.
- apprendre l'espagnol pour de bon, sans faire d'histoires.
- réprimer gesticulations et roulements d'yeux à l'américaine, parce qu'après plusieurs années ici, on a tendance les accompagner à la parole comme des acteurs de soap opera survitaminés. Exemple de conversation: le facteur: "Passé de bonnes vacances?" Réponse: "C'était super [yeux écarquillés + sourire béat] d'autant plus qu'on a échappé aux orages que vous vous êtes tapés ici les gars [bouche grande ouverte, l'air écoeuré de celle qui a avalé une huitre frite.] Quelle horreur!! [soupir + dents serrées+ rictus de souffrance extrême.]
- Toujours dans le contrôle gestuel: au lieu de déployer des doigts d'honneur sur l'autoroute, les visualiser dans sa tête.
- en cas de coup de blues, écouter plus souvent l'inestimable radio internet Bide et Musique (de tubes obscurs et branchés) d'autant plus qu'elle diffuse des chansons du regretté professeur Choron. Il faisait de son humour, l’impolitesse du désespoir.
- climb the hill every day without making a fuzz about it.
- learn Spanish for real this time, without making a fuss about it.
- repress gesticulating and rolling my eyes in the American fashion. After a few years here, one tends to act up outrageously like soap opera actors on some vitamin cocktail. An example of a conversation. The mailman: "So, did you have a nice vacation?" Answer: "It was great [wide-eyed stare + dumb smile] especially since we escaped the storms you guys had to endure [mouth wide open, revolted expression of someone who just swallowed a fried oyster.] That's so awful!!" [sigh + clenched teeth + grimace of extreme suffering.]"
- More gesture control: instead of flipping the bird on the freeway, try to visualize it instead, and smile.
- when depressed, listen more often to the invaluable internet radio Bide et Musique (obscure and hip French songs). This, especially since they play songs of the much-missed Professeur Choron, a provocative French author and humorist who died this week (see round pic) . He used humor as an impolite expression of despair.
PS: Vous avez provablement remarqué la banière en haut de soutien à Florence Aubenas et son traducteur Hussein Hanoun Al-Saadi. Pour en mettre une sur votre blog, le code est là, hébergé sur le blog des correspondants de Libé aux Etats-Unis qui reviennent en force avec un nouveau blogue en tandem, A l'heure américaine.