May 30, 2005
Frogblog party (avec foie gras)

Pendant que le reste de l'Amérique grillait des burgers en ce week-end de trois jours, 14 bloggers francophones ou Frenchies expatriés aux USA ont pic-niqué ensemble à Central Park: photos chez Nicolive MBA et chez Jérôme. Par ailleurs, on me dit que le sujet de Envoyé Spécial autour de plusieurs blogueurs de Los Angeles doit être diffusé début juin.

While America was grilling burgers during this 3-day weekend, 14 francophone and French-expat bloggers enjoyed a picnic in Central Park: Nicolive MBA has pics and so does Jérôme. In a related matter, I was told that the TV report featuring L.A. bloggers on Envoyé Spécial is due to be broadcast at the beginning of June.

Posted by emmanuelle at 08:59 PM | Comments (6)
May 29, 2005
Référendum: No "coyote moment" for Houellebecq

Dimanche, on a voté (par procuration) avant de rejoindre une bonne foule de fans de Michel Houellebecq venu l'écouter parler de son essai sur Lovecraft au musée Hammer, à Westwood. Le Times de Londres avait senti venir un "coyote moment" pour le gouvernement français (voir * au bas) mais pas pour Houellebecq. Assez léthargique pendant sa performance, il s'anime en commentant le résultat du référendum:

Sunday was election day and we voted (by proxy) before joining a good-sized crowd of Michel Houellebecq fans, who came to hear him talk about his essay on Lovecraft, at the Hammer museum, in Westwood. The Times of London had predicted a "coyote moment" for the French government, but Houellebecq didn't have such a rude awakening. He gave an eloquent but quite narcoleptic performance but perked up when commenting on the French referendum's results:

"Probablement 95% de nos représentants politiques avaient une opinion, et 57% des électeurs avaient l'opinion contraire. C'est un grand moment, vraiment... C'est un phénomène croissant, les élus qui ne représentent plus le peuple. [...]"

"Je suis très surpris parce que d'habitude, les Français sont des lâches. Quand c'est important pour l'Etat, le gouvernement vous dit qu'il faut voter oui, qu'il n'y a aucune raison de voter non, que c'est irresponsable de voter non. Et ils le répètent en insistant de plus en plus jusqu'au dernier jour. Et les gens votent 'non!' C'est un échec incroyable."

"Probably 95 percent of the professionals of representative democracy had one opinion, and 57 percent of the people had the other opinion. It's a great moment, really.... It's a growing phenomenon -- representatives don't represent any more the people. [...]"

"I am very surprised because normally French are cowards. When it's important for the state, the government tells you that you have to vote yes, there's no reason to vote no, it's irresponsible to vote no. And they repeated it at high levels with more and more stress until the last day. And the people voted no!... It's an incredible failure."

"Est-ce un signe que nous nous dirigeons vers l'extinction de l'humanité?"a demandé le présentateur, en référence aux dernières pages du roman "Les Particules élémentaires." Les Américains se marrent, mais dans l'assistance, des Français de L.A. restent songeurs. Il faut dire qu'en début de soirée, des strip-teaseuses burlesques avaient chauffé la salle pour Houellebecq, l'écrivain français vivant le plus fascinant, le plus connu et sans doute le plus vendu au monde.

"Is it a sign that we're heading towards the extinction of the human race?" asked the moderator, as a nod to Houellebecq's hit novel, Atomized. The Americans in the audience laughed, but the L.A. French seemed contemplative. It's also true that the event started with burlesque strippers as an appropriate introduction to Houellebecq, the most fascinating, famous and probably the best selling living French author.

Houellebecq est tout recroquevillé, les jambes entortillées en Bretzels. Il est souvent drôle sans le faire exprès. On parle de sexe et il émet un petit rire. Un copain, ex-pornographe chez Hustler, trouve que Houellebecq lui rappele les drôles de types silencieux qui trainent parfois sur les tournages de films porno, les épaules rentrées. Ils laissent échapper des rires bizarres et plus tard, envoient à Hustler les lettres les plus obcènes. Autre détail: alors que Bernard Henri Lévy prédit la mort de Los Angeles, Houellebecq pense en revanche que les vieilles métropoles comme Paris ou New York vont disparaitre et que "le futur appartient aux villes comme L.A."

Houellebecq is all hunched up, his legs double-crossed into a pretzel. He's often very funny, not on purpose. Sex is mentioned and he erupts into a little laugh. A friend who used to be a pornographer for Hustler says that Houellebecq reminds him of the weird scrunched up guys who would sometimes hang out on porn shoots and laugh awkwardly. Later, these same guys would send the most obscene letters to Hustler. Another detail: while Bernard Henri Lévy is predicting the death of Los Angeles, Houellebecq thinks that old-style metropoli such as Paris or New York will disappear, and that "the future is cities like L.A."

Voici Houellebecq avec des effeuilleuses, à la réception. Je viens le saluer pour notre petite interview radio calée avec son attachée de presse. C'est son premier voyage en Californie, avec étape au kitschissime Madonna Inn, une menace de manif à San Francisco et cette affaire dans l'air qui aurait pu lui inspirer un commentaire. "Non, je n'ai pas envie," dit-il en tirant sur une clope au-dessus d'un carton "merci de ne pas fumer."

Here is Houellbecq with two exotic dancers, at the reception. I went to introduce myself and do a little radio interview that was set up with his PR woman. It was his first trip to California, including a memorable stop at the kitschy Madonna Inn, some kind of threatened demonstration against him in San Francisco and there's this little thing in the news that he could have commented on. "No, I don't feel like it," he said, sucking on a cigarette above a sign that said "thanks for not smoking."

J'essaye de nouveau, en variant... Houellebecq n'est pas désagréable, au contraire, mais difficile à suivre. Je retiens du mélange de phrases inaudibles et de grommellements 1. Que Michel Houellebecq "n'a pas de vie privée." Il va où "là on lui dit d'aller." 2. La Californie est très bien pour faire du shopping, surtout à Petco, le supermarché pour chiens. 3. Il n'a pas enquêté aux USA pour son nouveau bouquin, en relation avec le milieu des sectes, parce que "les sectes sont beaucoup plus présentes en Europe" (?) 4. Les Américains sont beaucoup plus relax chez eux qu'à Paris, donc beaucoup plus agréables ici (!) Il aimerait qu'à l'avenir, son éditeur l'envoie ailleurs qu'à New York pour voir du pays (car, encore une fois, il va où on lui dit d'aller.)

I brought it up again, differently... Houellebecq is not unpleasant; to the contrary, but he's hard to follow. This is what I extracted from the mix of inaudible sentences and mutterings that ensued: 1) that Michel Houellebecq "has no private life." He goes "where he's told to go." 2) California is great for shopping, especially the dog department at Petco. 3) He hasn't done any research in the U.S. for his new book, which deals with sects, because "sects are much more present in Europe" (?) 4) Americans are much more relaxed here than in Paris, therefore they're much nicer at home (!) He would love it if his publisher could send him elsewhere than New York so that he could see more of the U.S. (remember, he goes only where he's told to).

Faute d'interview, je lui présente son recueil "Rester vivant." "Ah, c'est pas mal, ca" dit-il, avant de signer "San Francisco, le 26 mai", corrigeant la date (29) mais pas le lieu. Rendez-vous le 1er septembre.

So much for the interview. So I presented him with his book "Rester vivant." "Ha, this one is not bad." he said, before signing "San Francisco, May 26." He then corrected the date (29), but not the place. Rendez-vous on September 1st for the simultaneous release of his new book in France and America.

* "Coyote moment": les lendemains de cuite difficile quand on découvre un(e) inconnu(e) dans son lit et que l'on préfèrerait s'arracher un membre avec les dents, comme le font les coyotes pris dans un piège, plutôt que de confronter la réalité.

Posted by emmanuelle at 10:40 PM | Comments (8)
May 28, 2005
"Hellloooo, it's Julio from Parissss, France!"


Trois ans sans Julien Prunet, sans sa présence jusqu'à Los Angeles, sa vitalité et ses coups de fil de la rédaction de France Info qui démarrait souvent avec un faux accent américain outrageux: "Helloo, it's Julio from Parisss, France... J'aurais un little reportage radio à te demanday... on a very interesting subject, I'll guarantee it!" Julien animait l'émission France Info Plus, pour laquelle les correspondants à l'étranger adoraient travailler parce qu'il avait toujours de bonnes idées, discutait des sujets avec passion et faisait d'excellentes suggestions pour améliorer les reportages. Julien était formidablement doué, né pour faire de la radio avec sa voix énergétique et un champion des imitations qui nous faisait rire à en avoir mal à la mâchoire. Boute-en-train, il partageait sa bonne humeur et son appétit de vivre en nous épargnant le reste. C'est un immense regret. Il manque à tellement d'amis: rien qu'entre correspondants radio, nous l'évoquons souvent.

En sa mémoire, des collègues de Julien animent l'association Lire dans le Noir qui réalise des livres-audio et des lectures pour les non-voyants, grâce à des dons.

Three years without Julien Prunet, we're missing his presence all the way from Los Angeles -- his vitality, his phone calls from the editorial offices of France Info radio, for which I work. As my editor, he would often take up an outrageous fake American accent to commission a story: "Hellooo, it's Julio from Parisss, France... I wuld like to ask yu for a little reportage radio ... on a very interesting subject, I'll guarantee it!" Julien was the anchor-producer of a show called France Info Plus. The radio's foreign correspondents loved working with Julien because he always had good ideas, would take time to discuss the angle with passion, and would make excellent suggestions on how to improve the reports. Julien was incredibly talented, born to do radio with his energetic voice. He was so good at impersonating people we would laugh until our jaws hurt. He was the life and soul of the party and would share his good spirit and appetite for life, while sparing us the rest. This is an immense regret. He has so many friends who miss him, starting with radio correspondents: we talk about him often.

colleagues of Julien are running an association, Lire dans le Noir that produces audio-books and readings for the blind, with the help of donations.

Posted by emmanuelle at 11:09 AM | Comments (4)
May 26, 2005
L'art du portrait (de stars) / The art of celebrity profiling

"Quand Luke Ford a ouvert la porte de sa cahute, il tenait entre les mains un Bolino kosher à moitié entâmé. Il est naturellement joueur, gracieux, humble - un homme-enfant foncièrement modeste. Un peu tendu. Il dit qu'il n'a pas entendu parler de moi, de mon travail ou de la France, mon pays natal. J'ai 7 ans de moins mais j'ai l'impression d'avoir soudain 60 ans.

Avant notre interview, il avait préparé une large assiette de fruits pour moi, chose réservé jusqu'alors pour Cathy Seipp. Sa joue luit comme une pomme fraichement cueillie. Il est beau, comme je m'y attendais - vous ressentez cette attirance hétéro consulsive, un amour metrosexetoutou. Le béguin s'est abattu sur moi comme une vague idiote, ce truc Australien..."

"When Luke Ford opened the door of his hovel, he was holding a half-eaten kosher Rice-a-Roni in his hands. He's inherently playful, graceful, humble -- a naturally modest manchild. A tiny bit stiff. He said he was unfamiliar with my name, my work or my native France. I'm 7 years younger, but suddenly felt 60.

Before our interview, he'd prepared a large plate of fruit for me, something he'd done only for Cathy Seipp. His cheek glows like a freshly picked apple. Handsome as expected -- you get the automatic hetero crush, metrosexpuppy love. The crush washed back on me like a dumb wave, that Australian thing..."

Odieux, n'est-ce pas? Mais c'est inspiré de portraits de stars comme celui-ci de Keanu Reeves et de Vincent Gallo, publiés dans des magazines américains réputés. Hier soir, la troupe de comiques de L.A. Innuendo (Richard Rushfield, Defamer, Stacey Grenrock Woods of the Daily show...) a présenté un spectacle drôle dans l'ensemble, au concept simple: la lecture de portraits/interviews de stars affreusement pompeux et lèche-bottes-en-peau d'autruche. Ce, dans la tradition américaine qui implique trop souvent l'intervention du journaliste à la première personne du singulier pour parler de LUI, et pas uniquement du crétin/mannequin/chanteur à peine pubère devenu star hollywoodienne millionnaire.

Unbearable, isn't? But it's inspired by celebrity profiles such as http://www.reevesdrive.com/newsarchive/2003/details1103.htm">this one of Keanu Reeves and of Vincent Gallo, published in renowned American magazines. Last night, the L.A. Innuendo comic troup '(Richard Rushfield, Defamer, Stacey Grenrock Woods du Daily show...) gave a mostly very funny performance with a simple concept: they read out loud celebrity profiles/interviews, featuring pompous writing and gross suck-ups to the stars, in the American tradition that too often implies the use of the first person by the author who feels compelled to speak about HIMSELF, not just the barely pubescent jackass/model/singer millionaire star.

Assis à côté, Luke Ford, celèbre pour ses interviews démentes et irréverencieuses, riait comme une baleine. Depuis ma première rencontre de lui en 1998, il est devenu une webstar. Pas encore assez riche, puissant et célèbre pour être le sujet de ce que les Américains appellent une "puff piece" (une pièce moussée?) mais ce n'est peut-être qu'une question de temps.

Next to me, Luke Ford, famous for his demented and irreverent interviews, was laughing like a whale. Since our first meeting in 1998, he has become a webstar. Yet not rich, powerful and famous enough to be the subject of what Americans call a "puff piece," though it's perhaps only a matter of time.

A la fin du spectacle, les terribles portraits de stars étaient de plus en plus indigestes. En 1996, Esquire avait placé en couverture la nouvelle starlette blonde du moment, Allegra Coleman, avec portrait complaisant à l'appui: en réalité, une parodie, virtuellement impossible à distinguer d'un vrai article. Dans certains journaux français, des portraits de célébrités me paraissent parfois inutilement venimeux, comme si le journaliste voulait prouver à tout prix qu'il n'a pas été subjugé par son sujet. Mais au moins, même les portraits flagorneurs de Paris-Match nous épargnent l'emploi de la première personne. C'est vraiment une maladie ici...

At the end of the show, those terrible celebrity profiles were becoming too hard to digest. In 1996, Esquire had put a new blond starlet on its cover, Allegra Coleman, with a gushing profile inside: it was in fact, a parody, virtually impossible to distinguish from a real profile. In some French papers, celebrity profiles often seem to me unnecessarily venomous, as if the journalist was trying to avoid at all cost the reproach of being subjugated by the star. But at least, even the puff-profiles in Paris-Match spare us from this first-person writing that is such a disease here...

Posted by emmanuelle at 01:31 PM | Comments (6)
May 20, 2005
Le vilain spam ne vient pas de moi / the ugly spam is not from me

A l'attention de ceux qui recoivent une avalanche de emails emanant de emmanuelle.net: ce n'est pas moi qui vous bombarde de spam du côté obscur de la Force. J'ai été victime d'un Joe Job, comme disent les Américains et j'essaye en ce moment d'enrayer cette attaque. Elle entraine des blocages de mail apparemment puisque des personnes n'arrivent plus à m'écrire à mon adresse car les messages rebondissent. Mon adresse secondaire: emmarichard (devinez quoi) gmail (devinez encore) com

If you have received tons of messages sent from my domain name emmanuelle.net: it's not me spamming you from the dark side of the Force. I'm victim of a Joe Job, and I'm trying now to thwart the attack. Which is leading to email problems apparently: some people can't send me email to my regular address, because it bounces back. Another address for me: emmarichard (guess what) gmail (guess again!) com

Posted by emmanuelle at 09:00 AM | Comments (5)
May 14, 2005
La LAPD a ses priorités / the L.A.P.D. know their priorities

La L.A.P.D, la célèbre police de Los Angeles, sait répondre aux urgences, en voici la preuve: Amy m'avait signalée que nos policiers avaient récemment fermé une expo de parodies de logos publicitaires à Downtown L.A., à cause du contenu jugé "agressif" et "offensant". Cette expo diffuse des messages incroyablement originaux et subversifs: anti-globalisation/multinationales/Bush/war on drugs etc.

Or, Blogging L.A. a de nouvelles infos: selon eux, la police a expliqué à la gallerie avoir agi en réponse à un e-mail (UN!) d'un citoyen anonyme choqué, sans doute le même qui a traité les exposants de communistes (l'ignominie!) Mais le rapport de police mentionne 200 manifestants qui ne se sont jamais matérialisés, selon des témoins ... Bien sur, la gallerie est à quelques minutes de quartiers-ghettos où des gangstas s'entretuent et terroristent les résidents.
A New York l'année dernière, un portrait de Bush composé de multiples petits singes avait été retiré d'une expo, par le manager, pas la police, et l'affaire s'était bien terminée.

The world famous Los Angeles Police Department knows how to deal with emergencies, and here is the proof: Amy had mentioned to me that our cops had recently closed an exhibit of a parody of corporate logos in Downtown L.A., due to the "agressive" and "offensivef" content. Indeed, this art show spreads incredibly original and subversive messages against globalization /big corporations/Bush/war on drugs etc.

Now Blogging L.A. has new information: according to them, the police told the gallery that they closed the exhibit in response to one e-mail (ONE!) from a shocked and anonymous citizen, probably the same person who called the gallery owners communists (the ignominy!). But the police report mentions 200 protesters, who, according to witnesses, were never there! Of course, the gallery is minutes away from ghetto neighborhoods where gangstas kill each other and terrorize residents.
In New York last year, a painting featuring a portrait of W. Bush made of multiple monkeys was removed from an art show by the manager, not the police, and it all ended up pretty well.

Posted by emmanuelle at 08:16 AM | Comments (5)
May 13, 2005
Le prochain mariage de Barclay / Eddie Barclay's next wedding

J'ai essayé de recueillir des réactions à la mort du fameux producteur de disques français Eddie Barclay, qui est passée presque totalement inapercue ici (seul Quincy Jones m'a fait passer un communiqué). Un portrait du Daily Telegraph de mai 2004, qui décrit Barclay comme un "pacha sur le déclin" rapporte une anecdote que je ne connaissais pas:

"Il y a quelques années, Barclay et plusieurs de ses amis, y compris l'homme d'affaires déchu devenu acteur Bernard Tapie, achètent une partie d'un cimetière près de St Tropez avec le projet d'en faire une sorte de club exclusif. Il faudrait deux sponsors pour être admis, de la musique serait diffusée le long des allées, il y aurait des intercoms entre les mausolées et des photographies des morts à l'apogée du bonheur. Les caveaux seraient décorés comme des maisons et surtout, les cerceuils seraient laissés ouverts pour permettre au morts de marcher. Ils possèdent toujours le cimetière, mais ne l'ont jamais aménagé. "Ca aurait été très chic," dit Barclay. "La mort n'a pas besoin d'être triste, vous savez."
Plus tard, Barclay, qui convola en noces huit fois raccompagne le journaliste anglais sur le pas de la porte et lui tend la main: "Vous voulez une invitation à mon prochain mariage?"

I tried to get reactions from stars to the death of famed French record producer Eddie Barclay, which almost went unnoticed here (Quincy Jones was the only one who had a statement passed along to me). A Daily Telegraph profile of Barclay published in May of 2004 describes him as a "pasha in decline," and mentions an anecdote I didn't know:

"A few years ago, Barclay and several of his friends, including the disgraced businessman turned actor Bernard Tapie, bought part of a cemetery near St Tropez which they planned along the lines of an exclusive club. You would need two sponsors to be admitted, music would be piped along the pathways, there would be intercoms linking the mausoleums, and photographs of the deceased showing them at their happiest. The mausoleums would be decorated like houses and most important of all, the coffins left open for the dead to walk. They still own the cemetery, but never fixed it up. "It would have been very chic," says Barclay. "Death needn't be sad, you know."
After ushering the journalist to the door Barclay, a famous hedonist with 8 marriages under his belt, holds out his hand and asks: "So, do you want an invitation to my next wedding?"

Posted by emmanuelle at 05:32 PM | Comments (0)
May 11, 2005
Star Wars: Revenge Of the Sith

Beaucoup d'action, de noirceur, de tragédie et pleins de scènes avec Yoda en vedette: le nouveau Star Wars est formidable. Ne me demandez pas de comparer avec les épisodes précédants: je n'ai jamais réussi à visionner un film en entier jusqu'à hier soir. Et bien sur, après coup, certains passages résistent mal à toute tentative d'analyse.
Deux vilains personnages font des déclarations qui rappellent furieusement George W. Bush ("Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous" et un prêche pour la paix, tout en pratiquant la guerre...) mais George Lucas déclare avoir été inspiré par la guerre du Vietnam et... la France napoléonienne.

Nonstop action, darkness and tragedy, and Yoda stealing many scenes: the new Star Wars is formidable. Don't ask me to compare with the
previous episodes: I've never managed to watch one in full until last
night. Of course, afterwards some passages crumble under attempts to analyze.
Two bad guys make speeches that remind you furiously of George W. Bush ( "Those who are not with us are our enemies," and a preaching for peace while practicing war), but George Lucas says he was inspired by the Vietnam war and ... France under the rule of Napoleon.

UPDATE: Xeni goes to the premiere and secretly records scenes on her plasma napkin.

UPDATE 2: Tiffany goes to the same screening as me. I think I saw the same dude with cute kids wearing Star Wars costumes but I didn't recognize Warren Beatty. I never recognize celebrities. Ever.

Posted by emmanuelle at 11:45 AM | Comments (6)
May 10, 2005
Syd Barrett parle! Et il chante! / Syd Barrett speaks! And he sings!

Arte Radio a retrouvé Syd Barrett! Moi qui croyais vaguement que le fondateur de Pink Floyd était mort ou dans un asile, scotché au plafond depuis ses excès d'acide dans les années 70. Mais il vit en France avec sa soeur, pédale jusqu'au village et fait pousser des dahlias. Il essaye d'interpréter, en français, des messages dans les nuages (réaction de soeurette un chouia agacée: "They're only clouds, Dear!") dispense des conseils de jardinage et chante "Savez-vous planter les choux". A écouter (en français et anglais) sur Arte Radio.

+ une Foire Aux Questions sur Syd Barrett pour se rafraichir la mémoire.

+ MISE-A-JOUR: C'était drôle! J'y ai cru. C'était un canular... de la poésie.

The French webradio Arte Radio found Syd Barrett! I vaguely thought the founder of Pink Floyd was dead or in a madhouse, as we say in French, "scotch-taped to the ceiling" due to his excessive use of acid in the '70s. But he lives in France with his sister, bikes to the nearby village, and grows dahlias. He tries to interpret, in French, messages in the clouds (making his sister lose her patience a little bit: "They're only clouds, dear!") gives gardening advice and sings an old French folk song called "Do you know how to plant cabbage?" Listen to this great document (it's both in French and in English) on Arte Radio.

+ a FAQ on Syd Barrett to refresh your memory.

+ UPDATE: That was funny. I believed it happily. It was an hoax, a piece of poetry.

Posted by emmanuelle at 12:45 PM | Comments (8)
May 08, 2005
Guerra des affiches /Guerra of the billboards

En rentrant d'un match de baseball, Matt s'est un tantinet énervé en découvrant cette affiche sur l'autoroute (ci-contre): la réponse d'une chaine de radio conservatrice à la campagne controversée dont on a beaucoup parlé ici, car elle a fait sortir notre gouverneur Schwarzenegger de ses gonds. Une chaine de télévision hispanique de Los Angeles s'était amusée à suggérer que Los Angeles n'appartenait pas à la Californie, mais au Mexique... Ouch! Détails ici chez Matt.

On his way back from a baseball game, Matt became a tiny it angry when he discovered this billboard (above) on the freeway: the response of a local conservative radio station to another controversial campaign that was very much talked about and made our governor Schwarzenegger pop a vein or two. An hispanic TV station here in Los Angeles found it was funny to imply that L.A. was not actually part of California but belonged to Mexico... Ouch! Go to Matt's for all the details.

Posted by emmanuelle at 07:28 PM | Comments (0)
May 05, 2005
Vivre en appart à L.A sans honte / Apartment living in L.A. without the shame

Mercredi, cocktail party de l'hebdo alternatif L.A. Weekly dont le clou était la visite du complexe d'appartements Sunset and Vine à Hollywood. La nouvelle mode ici est aux appartements chers (2500 $ par mois pour un une pièce-grande cuisine-salle de bain à Sunset & Vine...) dans des complexes dignes d'un hôtel, avec projections de films au bord de la piscine, salle de gym, sauna, petit coins-salon sur la terrasse à l'ombre des palmiers avec accès Wi-fi. C'est assez nouveau à Los Angeles. Dans cette mégapole étalée à l'horizontale, ceux qui vivent en appartement (la moitié de la population) sont un peu comme les piétons: les tristes figures de L.A., les losers du rêve californien. Détails du Weekly:

Wednesday, cocktail party thrown by the alernative L.A. Weekly around the visit of the Sunset and Vine complex in Hollywood. There's a new trend here of expensive apartments ($2,500 a month at Sunset & Vine for a one-bedroom with a big kitchen/eating area...) in complexes evocative of a hip hotel: movies projected by the pool, fitness center, sauna, mini-lounges on the terrace under beautiful palm-trees with Wi-fi access. All of which is quite new in Los Angeles. In this horizontal megalopolis, people living in apartments (half of all residents) are a bit like pedestrians: the sad faces of L.A.., the losers of the California dream, as the Weekly explains:


Personne ne déménage à Los Angeles pour vivre en appartement. Ou du moins, pour finir dans un appart. Un appart ici est temporaire, une étape en attendant que les prêts étudiants soient remboursés, que le groupe décroche un contrat avec une maison de disque, que le scénario soit vendu ou que l'on se marie ou s'installe en couple [...] A Los Angeles, c'est un signe d'anomalie, de transition ou de défaite.


No one moves to Los Angeles to get an apartment. Or at least not to end up in one. An apartment here is a way-station, a temporary fix until the college loans are paid off, or until the band is signed, or the screenplay is sold, or you make partner, or you tie the knot [...] In L.A., it’s a sign of quirkiness, transition or defeat.

De fait, beaucoup de gens préfèrent habiter à perpète et passer plusieurs heures par jour dans les bouchons pour posséder leur carré de gazon jugé vital les momes, le chien, le barbecue.

Dans un tel contexte, le numéro spécial du Weekly "L'appartement comme objet de désir" se lit presque comme un roman de science-fiction et fait réfléchir sur l'avenir de L.A. à la "verticale," sous la pression de la population croissante. Comme le dit le résident d'un appart chic: L.A. est super pour y vivre tant que vous évitez les freeways - ces autoroutes urbaines de plus en plus congestionnées.

In fact, lots of people would rather live in the boonies and steam for hours in traffic every day just to possess their own square of grass, seen as vital for the kids, the dog, the barbecue.

In this context, the Weekly's special issue "The Apartment as object of desire" almost reads like a science-fiction novel, and makes you ponder L.A.'s vertical future under the pressure of the growing population. As a resident from a chic apartment complex says: L.A. is great to live, as long as you stay off the increasingly congested freeways.

Quand aux appartements de Sunset + Vine: aussi chouettes que sur le site. Mais comme dans le Village de la série TV Le Prisonier, une musique irritante se dégage en permanence des palmiers en pot au bord de la piscine. Vous vous apercevez que certaines pierres sont en fait des bafles déguisées en caillou!

Back to the apartments at Sunset + Vine: as groovy as the website. But like in the TV series The Prisoner, an ever-present, utterly annoying music comes out of the potted palm trees by the pool. You realize that some of the stones are in fact disguised speakers!

Posted by emmanuelle at 10:36 PM | Comments (3)
Bernard Henri Lévy: "Los Angeles will die!"

Fishbowl L.A. découvre l'article de BHL sur Los Angeles dans The Atlantic et souligne les passages les plus irritants. BHL a du mal à saisir L.A. et s'obstine à chercher des repères traditionnels, comme si une ville devait forcément posséder, à l'européenne, un centre-ville historique encore vivant, des contours définis, un monument d'où l'on peut avoir une vue globale. Sa conclusion? L.A. est une ville post-historique et va très certainement mourir!
En septembre dernier, L.A. Observed s'était amusé à la vue de BHL et son entourage en train de préparer l'article en question, sur les traces de De Tocqueville.

Fishbowl L.A. mentions French philosopher and dandy Bernard Henri Levy's article about Los Angeles in The Atlantic, and points at the most irritating bits. BHL has a hard time, it seems, grasping L.A. He keeps looking everywhere for traditional cues, as if it couldn't deserve the title of "city" without European features such as a historical yet lively city center, clearly defined borders, or a monument with a vantage point. His conclusion? L.A. is a post-modern city and will likely die!

In September, L.A. Observed got amused reporting on BHL and his entourage all around town, preparing this article in his series tracing the footsteps of De Tocqueville.

Posted by emmanuelle at 11:14 AM | Comments (4)
May 04, 2005
Gant pailleté, doigt con carne / The Gloved One and a finger con carne

A un moment donné pendant le procès de Michael Jackson la semaine dernière, à Santa Maria, je me suis demandée si mon temps sur cette planète était sagement dépensé. Après six heures passées à étudier les omoplates saillantes du chanteur sous son costume bordeaux et à griffonner les éloges de son ex-femme éplorée, j'ai songé à m'inscrire à un cours de théologie sur "la quête de sens et son universalité" ou à revoir sans délai Monthy Python: le sens de la vie. Mis-à-part ce bref petit coup de blues, c'était une chance d'être sur place, à un tournant intéressant de ce procès surnommé "Foreverland".

At some point during the Michael Jackson trial last week in Santa Maria, I was wondering if my time on planet Earth was wisely spent. After 6 hours studying the singer's shoulder blades protruding from under his burgundy suit and scribbling down the weeping praises of his ex-wife, I was considering taking a theology class on "the quest for sense and its universality," or re-watching Monty Python: The meaning of Life without delay. But beyond this little minute of blues, it was a chance to be there, at an interesting turning point of this trial, a.k.a "Foreverland".

A mi-course, exactement: l'accusation est en train de boucler son dossier sans gloire, et bientôt, la défense va faire défiler à la barrre une myriade de stars pour chanter les louanges du Roi de La Pop empêtré dans ce thriller judiciaire de cauchemar. Santa Maria est une petite ville agricole plate, pauvre et plutôt sinistre les jours de pluie: un décor anti-glamour au possible pour l'arrivée quotidienne de Jackson, à 8h 20 chaque matin. Il est maigre comme un coucou sous son costume impeccable et couvert d'épaisses couches de maquillage: un vrai choco BN. (On lui prête même des implants capillaires!) Pour ceux que le procès intéresse, voir mon article dans le Libé de vendredi.

We're entering the second half: The prosecution is closing its case without much glory, and soon, the defense will bring in a myriad of stars to sing the praises of the fallen King of Pop, tangled in this nightmarish judicial thriller. Santa Maria is a small farming town, flat and poor, and rather sinister on a rainy day: not a very glamorous locale for the daily arrival of Jackson at 8:20 every morning. He's skinny as a bird under his impeccable suits, and his face is covered by thick layers of makeup: a real cookie pie! (He's also supposedly sporting capillar implants of some sort!) For those francophones interested in the trial, here is my article published in Friday's Libération.

Le coordinateur médiatique du procès, Peter Shaplen, est aussi sympa et efficace que ce que décrit le Los Angeles Times. Et pas seulement parce qu'il m'a obtenue une place à l'intérieur du tribunal, pour le bas prix de 50$ la journée. "C'est une cotisation reversée à la ville, pour absorber les couts engendrés par le procès, notamment, la sécurité renforcée à cause de tous les médias," explique-t-il, dans la petite tente qui lui sert de bureau dans le parking du tribunal. La dernière fois où je me souviens avoir payé pour amortir les frais causés par la couverture d'un événement, c'était à Cuba pour la visite de Jean-Paul II, en 1998.

The trial's media pool coordinator, Peter Shaplen, is as nice and efficient as described in this Los Angeles Times profile. And not only because he secured me a spot in the tribunal for the low price of $50 a day. "It's an impact fee, to absorb the extra costs generated by this trial, such as the extra security for the media," he told me from the little tent that stands for his office in the parking of the court. The last time I remember having paid to cover costs induced by a big event, it was in Cuba for John Paul II's visit, in 1998.

La photo ci-contre n'est pas très réussie, mais entre les tentes et les camions satellite, entre 300 et 600 journalistes et techniciens campent ici chaque jour. Les journalistes vedettes et commentateurs judiciaires se connaissent tous ou presque. Dès 7h du matin devant le tribunal, ils complotent et plaisantent entre eux telle une colonie d'ados lancés dans un jeu de piste. Comme d'autres se retrouvent sur les guerres en Bosnie ou en Irak, ils sont de tous les procès à sensation: O.J. Simpson, Scott Peterson et maintenant Michael Jackson.

The pic above is not great, but basically between all the tents and satellite trucks you have between 300 and 600 journalists and technicians camping there each day. Star reporters and legal analysts all know each other or almost. From 7 a.m. outside of the courtroom, they plot and joke among themselves like a group of teenagers on a treasure hunt. Just like other journalists find each other covering all the wars from Bosnia to Iraq, these legal eagles end up together at all the sensational trials: O.J. Simpson, Scott Peterson, and now, Michael Jackson.

En les voyant les uns sur les autres toute la journée, à la fois crevés et survoltés, isolés dans cette enclave à mille lieues de New York ou de Los Angeles, on se demande combien se réconfortent dans les bras l'un de l'autre. De fait, des audiences longues et monotones sont propices aux "shag flashbacks". Les jurés m'ont impressionnée par leur sérieux: même pendant les moments les plus ennuyeux et rébarbatifs, ils prenaient des notes avec assiduité tandis que dans la salle où nous étions assis, des petits mots blagueurs sur la nullité d'un procureur ou l'inertie de Jackson changaient de main, comme à l'école. "Qu'est-ce que j'aimerais couvrir l'affaire du doigt dans le bol de Chili Con Carne à Wendy's!" confiait une journaliste.

Seeing them on top of each other all day long, both exhausted and overexcited, isolated in this enclave so remote from New York and Los Angeles, you just wonder how many find comfort each other's arms. In fact, some lengthy, monotonous testimonies call for "shag flashbacks." The jurors are impressive: even during the driest, most boring moments, they were carefully taking notes, while where we were sitted, as in a classroom, notes containing jokes about the lameness of a prosecutor or Jackson's immobile posture were changing hands. "I would LOVE to cover the story of the finger in the bowl of Chil Con Carne at Wendy's", confessed a journalist.

C'est toujours instructif d'observer et d'écouter ces brillants stakhanovistes des procès et de reconnaitre les figures médiatiques familières. Comme cette chroniqueuse du New York Post à la mine grincheuse, dont les catilinaires anti-Jackson m'ont toujours paru totalement hystériques. Ou cette diva de Vanity Fair qui a tendance à zapper les files d'attente. Aux toilettes, alors qu'elle passait devant tout le monde avec un naturel confondant, la célèbre avocate Gloria Allred est intervenue avec habileté pour rétablir la justice. Il faut dire que ca se bouscule: les journalistes, les quelques fans et les curieux de la région (qui obtiennent leur place grâce à la lotterie quotidienne matinale, à 6h30) n'ont pas accès aux "restrooms" du haut, réservées à Jackson - qui en profite généralement pour se repoudrer le... nez.

It's always very instructive to observe and listen to these brilliant trial Stakhanovists and to spot familiar media figures. Such as this New York Post columist, looking so grumpy. Her anti-Jackson diatribes have always seemed hysterical to me. Or this Vanity Fair diva who tends to take cuts in the waiting lines. She was jumping ahead of the bathroom line with a fascinating ease, until famed lawyer Gloria Allred intervened tactfully for the sake of justice. I have to say that there's some crowd there: journalists, a few fans and curious locals (who win seats through a daily lottery at 6:30 a.m.) don't have access to the upstairs "restrooms," which are reserved for Jackson -- he usually takes the opportunity to powder his, well, nose.

Dans le centre commercial voisin du tribunal, un marchand de jouets essaye vainement d'écouler un stock de peluches "Les animaux de Michael Jackson" avec un stand "Neverland" (ci-contre) J'ai rarement vu un vendeur aussi bougon, attaquer les rares chalands. Il se plaignait du conservatisme des habitants de Santa Maria et des parents qui, à la vue des peluches Jackson entrainent leurs enfants au loin!

In the shopping mall close to the courtroom, a toy merchant tries in vain to sell a stock of stuffed animals called "Michael Jackson's Pets" displayed under a "Neverland" arch (see pic). I've rarely seen such a frumpy salesman, attacking his few potential clients. He complained of the conservatism of the Santa Maria residents. Some parents, when they see the Jackson toys yank their kids away!


Posted by emmanuelle at 02:45 PM | Comments (10)
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