
On me demande souvent quelle différence il y a entre le métier de journaliste et celui de détective privé, lequel est le plus intéressant, excitant, satisfaisant... Ce que je raconterai sans doute sur ce blog dès que j'aurais un peu plus d'expérience. Pour l'heure, je travaille principalement en tant que journaliste, et mes enquêtes pour des détectives privés établis représentent une petite portion de mes activités, à garder d'ailleurs bien séparées. On est loin de poursuites en voitures à la James Bond: ce sont en majorité des interviews, des recherches de témoins, de documents...
Mais si vous êtes curieux de rencontrer des pros accomplis dans ces deux métiers passionants, et que vous vivez à Los Angeles, rejoignez-nous le 9 novembre au club de la presse pour rencontrer des journalistes d'investigation et des détectives parmi les meilleurs de la ville. Certains, comme Adam Dawson, sont d'anciens journalistes devenus détectives privés réputés. La boutique Silver Lake Wine sponsorise l'événement et nous fera goûter des vins à la réception précédant le débat qui sera animé par Don Ray, un journaliste d'investigation formidable en public. Il forme des détectives à la recherche de documents gouvernementaux, tout un marathon ici aux USA. De nombreux journalistes et détectives sont invités: ce devrait être très sympa et informatif.
WHO:
MODERATOR: investigative reporter and trainer Don Ray of the Daily Journal
SPONSORS: PR Newswire and Silver Lake Wine.
Journalists aren't the only ones digging deep for information. Private investigators do pretty much the same kind of research, but with a different approach and different tools. What can reporters learn from the best private eyes? In an age when, as the Los Angeles Times recently stated, "Private eyes are now seen as essential in high-profile cases," and when traditional journalistic methods aren't enough to get every crucial bit of data, an increasing number of production companies, reporters and book writers are hiring outside investigative agencies. Does working with P.I.s violate journalistic ethics? Are investigators portrayed fairly in the media? Can the two sides learn from one another?
WHERE the Los Angeles Press Club's swank new headquarters
Steve Allen Theater
4773 Hollywood Blvd.
(2 blocks west of Vermont in Hollywood / Los Feliz)
Free parking
COST: none but donations appreciated
RSVP to rsvp -- at-- lapressclub.org

Le coming out de George Takei alias Sulu dans Star Trek m'a fait sourire hier matin. Les révélations du vendredi portent un message implicite: "Je veux que ca se sache, mais merci de ne pas en faire tout un plat et bon week-end." Mon amie Cathy, qui figure souvent sur ce blog ou ma gallerie de photos sur Buzznet, a choisi un vendredi après-midi pour dévoiler sur son blog populaire qu'elle a un cancer du poumon. A la voir, vous auriez du mal à croire qu'elle vit avec cette maladie depuis trois ans et demi: elle est en super-forme, éclate de rire comme une adolescente, saisit chaque occasion de sortir (ci-dessus à une soirée WB, ou sur cette belle photo prise par l'ami Jim Lowney devant Yamashiro à Hollywood.)
Elle avait médité toute la semaine une suggestion de son ami Rob: "Le moment est peut-être venu d'en parler". Pendant toutes ces années, elle ne voulait pas être "cancer girl", et définie uniquement par son cancer, un peu comme l'écrivain français Hervé Guibert qui disait de son Sida, "c'est mon nez de Cyrano." Rob l'a convaincue en détournant un dicton américain: "Quand la vie te donne des citrons, fait de la citronnade. Quand elle te donne un cancer, fais de la'cancerade'." Et c'est ce qu'elle a décidé de faire publiquement, car elle a "des choses à dire" sur un cancer beaucoup moins médiatisé mais infiniment plus meurtrier que le cancer du sein.
Les commentaires sur son site sont un hommage à sa force et son courage qui nous laissent tous babas. Jamais elle ne se plaint jamais de ce qu'elle appelle pudiquement "ma situation stupide." Elle fait l'admiration de sa fille Maia et comme le disent plusieurs amis dans ses commentaires, elle est pour ses proches "une source d'inspiration incroyable." Son nombre d'amis fidèles et de tous bords en dit long sur sa personnalité éclatante. Tout comme ses critiques.
Quand la guerre en Irak et la réelection de Bush ont polarisé les blogueurs en faisant monter l'agressivité de plusieurs crans, Cathy la conservatrice ne s'est pas fait que des amis. La précédante incarnation du blog Onanism Today en avait fait sa cible de choix. Elle l'a pris avec l'humour et le fair-play d'une plume acerbe qui n'hésite pas à balancer des piques redoutables de son côté.
Après ces dernières semaines particulièrement éprouvantes pour Cathy (elle a entâmé un nouveau traitement, c'est sur son blog) et très préoccupantes pour ceux qui l'aiment (voir le blog de Nancy), j'ai beaucoup d'espoir. Récemment Sue Nelson, une enseignante californienne avec un cancer du poumon depuis 17 ans me disait:"Beaucoup de malades du cancer dépriment profondément. Mais d'autres face à un tel défi qui change leur existence donnent énormément à la vie et au monde en retour." C'est Cathy.
Vous savez peut-être que Hollywood boulevard à Los Angeles pullule de personnages costumés (Darth Vador, Bob l'Eponge, Superman...) qui posent pour des photos avec les touristes et s'attendent à un pourboire en échange. Au moment de la sortie de Star Wars, ce petit cours de sabre laser avec un Anakin alcoolisé ce matin là m'avait couté un Dollar: très raisonnable.
Or, le Los Angeles Times raconte que la police de Los Angeles a mené une opération coup de filet et a menotté des personnages accusés de faire pression sur les touristes pour obtenir un pourboire (voir photo). Comment la LAPD a t'elle mené l'enquête? En envoyant des policiers se faisant passer pour des touristes français, pardi! Un type costumé en Elmo de "1 Rue Sésame" dit au journal:
"One of them asked how much I charge, and I said we work for tips. She said, 'Chips?' I had a dollar bill in my hand and I showed that to her. That was my mistake. When you're talking to foreigners you have to show them."
Elmo pris au piège! On imagine le faux accent très convaincant du couple de flics "undercover" qui prétendait ne pas comprendre l'anglais ou la culture du pourboire. Merci à la LAPD d'incarner des Frenchies aussi lents à la détente. Ah, j'aurais voulu voir ca: avec le bérêt et un pull sur les épaules tant qu'on y est! (Ben et son nouveau bérêt français aurait été parfait pour le rôle.) Et en ayant pris soin de ne pas se laver pendant une semaine.
Les fins limiers de la LAPD ont peut-être consulté le livre de Guillemette, La France Made in the USA, qui recense tous les clichés des Américains sur les Français. Je suis en train de le lire et c'est très drôle, rempli de perles. Sur la propreté par exemple, l'odeur du Français est définie selon Steve, un Américain marié à une française, comme "un mélange de transpiration et d'eau de cologne." Des copines américaines de Guillemette, installées à Paris surnomment la ligne 7 du Métro "l'aisselle en mouvement." Je recommande vivement "ce petit manuel de décryptage", le blog qui l'accompagne et comme toujours, celui de Guillemette -- l'un des meilleurs blogs tout court. Plus de détails quand j'aurais fini ma lecture.
Les samedis soir à Hollywood, certains sortent en boite avec Paris Hilton. D'autres, comme Bibi, vont à un séminaire sur l'avenir de la télévision de service public américaine.
Sérieusement, le week-end organisé par
American Cinema Foundation était fort intéressant, avec ses sex-symbols pailletés (ci-contre notre webstar Luke Ford en costume pastel droit sorti de "Deux Flics à Miami" et Cathy) et des invités glamour (Amy et Gregg.) Tous les compte-rendus des débats étaient publiés en temps réel sur le blog de Cathy par notre blogueuse ado préférée, Maia, de son nom de blog CecileDuBois.)
Seriously, this weekend organized by the American Cinema Foundation was very interesting, featuring its own shiny sex-symbols (such as here, our webstar Luke Ford in a pastel suit right out of Miami Vice and Cathy) and glamorous guests (Amy and Gregg.) All the debates were live-blogged at Cathy's blog by our favorite teen blogger, Maia -- the real nom-behind-the-blog of CecileDuBois.)
Cathy (ci-contre avec Mel Stuart, le réalisateur du film culte hallucinogène Charlie et la chocolaterie) a animé une discussion sur le bien-fondé de la chaine de service public PBS: car n'oublions pas que nous sommes dans un pays où chaque dollar du contribuable est soumis à débat. Il règne une grande méfiance envers les services publics, jugés par beaucoup forcément plus incompétents que les services privés.
Aux Etats-Unis, il n'y a pas de redevance "obligatoire" comme en France. Les impôts des Américains financent 15% du budget de Corporation for Public Broadcasting, une sorte d'ORTF qui englobe la télé (PBS) et la radio (NPR) de service public. Le reste du budget, donc 85%, provient de sponsors, des corporations comme McDonald's qui financent des émissions comme Rue Sésame en échange de leur logo en début de générique.
Combien est-ce que la télé de service public coûte au contribuable américain moyen? Un peu plus d'un Dollar par an! Insignifiant par rapport au coût de, au hasard, 30 secondes de guerre en Irak. Tout le reste est couvert par le secteur privé. Mais il y a toujours des gens pour râler contre ce Dollar annuel qui finance une chaine de haute qualité, malgré ses défauts. Le scénariste Rob Long comparait PBS aux épinards ou aux broccolis que nos parents nous forcent à manger: on grince des dents, mais plus tard, on est content de les avoir consommés au lieu de chips graisseuses.
Matt, qui participait au débat (photo), ne veut pas voir ses impôts financer les salaires des stars du service public. Parce qu'aux USA, le "Stéphane Paoli" de la radio NPR, Robert Siegel gagne 262 000 Dollars par an (environs 18 000 Euros par mois!) Peut-être que l'avenir de PBS consistera à distribuer des émissions de qualité non plus sur une chaine hertzienne, mais à télécharger selon ses goûts dans son Ipod ou sa télévision interactive. Mais lors de cette discussion, un couple d'évacués de La Nouvelle Orléans, arrivés à Los Angeles il y a trois semaines a rappelé à l'auditoire que tout le monde n'a pas 200 ou 500 chaines par le cable ou le satellite. Dans des poches de pauvreté comme la Louisiane, PBS est irremplacable.
En résumé, PBS est le broccoli de la télé américaine et comme disait un autre participant, "la chaine américaine la moins merdique", à conserver précieusement. Et à regarder, quand on y pense. Suggestion du prochain débat: Luke Ford est-il d'utilité publique?
PS: Whoops, I realize my Movable Type Blacklist system has been blocking all comments for several days... Trying to fix it now
Une Emmanuelle parisienne me signale son blog de recherche d'emploi, Emmanuelle fait du buzz, à la fois audacieux et surprenant car tous les contacts avec les décideurs sont mentionnés... avec le nom de leur agence. Je me demande comment ces interlocuteurs réagissent face à autant de transparence: la petite danse de la recherche d'emploi ne consiste-t-elle pas à aller d'un rendez-vous à l'autre en restant discrèt sur certaines choses, notamment ses rencontres avec la concurrence, ou ses coups de bluff? Ou encore le fait d'avoir un enfant en bas âge, ce qui peut faire fuir des employeurs (alors qu'ils n'ont pas à le savoir ni à le demander au moment de l'entretien d'embauche, c'est privé... du moins ici, aux USA. En France, je ne sais plus.)
Et puis pourquoi pas? Après tout, le milieu dans lequel elle recherche un boulot n'est pas conventionnel. Et tous ceux avec un blog nominatif savent que des employeurs potentiels peuvent les retrouver sur Google et dénicher des informations gênantes (sans parler des photos.)
Bon blog fructueux Emmanuelle, et tiens nous au courant de tes avancées!
But why not? The sector in which she's looking for a job isn't conventional. And of course, anyone with a non-anonymous blog knows that potential employers can google them and find embarrassing information (not to mention pictures.)
Enjoy the blogging, Emmanuelle, best of luck, and keep us updated on your progress!
Libé publie aujourd'hui mon article sur BeatTheTraffic.com, le service de prévisions des bouchons automobiles crée par un ingénieur français de la Silicon Valley, André Guéziec.
Pour ceux qui vivent dans l'une des dix-neuf métropoles américaines couvertes par ce service et songent à l'essayer, voici mon expérience: je me suis abonnée à BeatTheTraffic pour le tester pour l'article (20 Dollars par an) et si le site est encore moyennement pratique à mon goût (il faut se localiser manuellement sur une carte géographique,) les prévisions-bouchons sur une journée ou une semaine sont extras. Je l'ai encore utilisé hier après-midi avant d'aller à Irvine en empruntant l'autoroute de l'Enfer (la 405) et les alertes par SMS ont permi de calculer le trajet au mieux.
Quand André aura intégré un système à la Mapquest, où l'on tape son adresse de départ et d'arrivée, ce sera encore mieux. Le service n'est accessible au public que depuis le mois de juin, ce n'est que le tout début. Et cela ne nous empêche pas de rêver aux trajets du futur en "Hallitubes," à 209 km/h.
For those who live in one of the 19 metropolitan areas covered by the service and are thinking of trying it out, here's my experience: I subscribed to BeatTheTraffic in order to test it for the article (at $20 a year) and if the site is not incredibly practical to my taste (you need to locate yourself manually on a geographical map), the one-day and one-week traffic-jam forecasts are great. I've consulted as recently as yesterday afternoon before driving to Irvine with a stint on the freeway from Hell (the 405), and SMS alerts helped figure out the best route.
When André integrates a Mapquest-style system, where you type departing and arrival addresses, it will be even better. The service has been open to the public only since June; it's only the very beginning. And we can still dream of a future when we'll be commuting through "Hallitubes," moving people at 130 mph.