
L'amie et gourou tech de L.A. Xeni Jardin conclut aujourd'hui sa série de reportages radio HACKING THE HIMALAYAS sur NPR. Dans laquelle des pirates occidentaux introduisent les dernières technologies au Tibet, où des moines bouddhistes envoient des e-mails de leur monastère du bout du monde; où les Tibétins connectés s'assurent que leur équipement sans-fil est protégé contre les attaques de singes. Passionnant! Toute la série est archivée sur cette page et les coulisses du reportage sont racontées sur le blog de Xeni.
Quel génie a inventé la junket de cinéma? Le principe est simple comme une tarte aux cornichons: des dizaines de journalistes rassemblés à Los Angeles ou New York voient le film, puis interviewent les stars en petit groupe ou individuellement dans une chambre d’hotel. C’est, hélas, presque toujours le seul couloir d’accès aux stars ou aux réalisateurs, en particulier pour les médias étrangers. Et ca ne s'arrange pas, d’année en année: de plus en plus d’interviews de groupe se muent en «mini-conférences de presse» avec stars, réalisateurs et producteurs se félicitant les uns les autres. Pire: les studios trouvent normal de ne plus projeter le film systematiquement avant les interviews, comme ce fut le cas avant la junket de Serpents dans l’avion (Snakes On A Plane.)
Ce n’est pas que le film soit encore en montage, comme cela arrive parfois. Le réalisateur et New Line Cinema ont décidé de ne pas le montrer à la presse, partant du principe que SOTP «appartient aux fans.» Une décision que j'aurais respecté tout à fait si le studio avait annulé la junket et les interviews. Au lieu de cela, ils nous ont sollicité pour davantage de presse. Et plutôt que de boycoter, j’ai saisi l’occasion de demander des explications en personne.
A la junket, avant les interviews, les journalistes défilent autour du buffet de «purée de serpent» (du homus rebaptisé pour l’occasion.) Mes tentatives de ralliement de collègues («Quelle farce! On est vraiment pris pour des idiots!») ne déclenchent pas vraiment de réactions, seulement des soupirs blasés: «Et oui...» Plusieurs stakhanovistes des junkets partent déjà du principe que le film est nul, forcément, puisqu’on nous le cache.
Or, au dernier moment, New Line nous montre sur une télé 10 minutes du film... très bonnes. Le premier serpent me fait recracher mon Red Bull de peur et je m'étrangle de rire pendant une course-poursuite à la hâche. A juger par cet extrait, le ton de SOTP est parfait, les acteurs sont impec' pour ce genre de film-déconnade, à regarder en groupe dans une salle de ciné un samedi soir. Donc bien la peine de faire des mannières.
NOW, THE INTERVIEWS...
Il s'avère que je ne suis finalement pas la seule piquée par ces conditions de travail. Pendant une interview en petit comité, l’actrice Juliana Margulies (très sympa) nous signale que, coincée dans un avion à New York la veille, elle a raté une projection organisée pour les stars «afin que nous puissions vous parler du film»:
Juliana Margulies: "I really truly believe them when they say: we want the fans to see it first... they are those who put us on the map. It's been such an amazing experience with this blogging, and my friends are e-mailing me, forwarding me the sites and I'm like: 'it's great that they're being respected and heard.'"(grumbles from journalists)
Me: "What about respecting us?"
An Australian journalist jumps in: "This could be all their hype aswell, because the fans haven't seen the film either."
Juliana Margulies (looking sorry): "Well... I don't know. I think we're all on the same boat here. And it's called Snakes on the Plane!"
On s'enquiert ensuite auprès du toujours efficace Samuel L. Jackson:
"Oh shucks! Are you complaining? It sounds as if somebody is angry because they might have to pay!" (Roars laughing.) "You can have a conversation without seeing the film. It's Snakes on a Plane! What do you think is gonna fucking happen? (roars again) "
Vient le tour du réalisateur, David Ellis. Cet ancien cascadeur souriant (décidément, tout le monde sur cette junket est bien sympathique) défend mordicus l’absence de projection:
"It's unfair in some ways to the media, because you guys always get to see the film and it helps you with the questions and that you want to ask... But at the same time, we felt that this is so unusual of a phenomenon that it has become the fans' movie. We wanted to give the movie to the fans, and let them decide whether they like it or don't like it. We took the chance pissing off some of the critics, but we felt that it was a gamble that was worth it."
Ellis ajoute que les projos de presse pour les médias et les "bloggers internet" seront organisées le 17 août, pour coincider avec la Première, deux heures avant la sortie du film aux Etats-Unis.
Tout cela pour dire que les studios se trouvent de plus en plus de bonnes raisons d’éliminer les projections de presse. Aux médias de refuser de jouer à ce petit jeu, à l'instar de plusieurs de mes rédacteurs-en-chef en France. Dans mon cas, c'était la dernière fois.
PPS: DAVID POLAND WRITES:
Movie critic David Poland of Movie City News and the Hot Blog, a favourite of ours, adds:
“As long as international journalists print what they are fed by studios, it will keep happening. The only true response is to boycott... to not write stories unless the studios deliver access on a reasonable level. Even if just 30% of the outlets say “no,” that would force change.""I believe that the studios have a right to do whatever they want. There is no sin in not showing movies or giving easy access to talent. But unless journalists – and more importantly, their editors – are willing to go without, there is zero motivation for studios to take our concerns seriously. New Line has made a smart strategic play to put all their eggs in SoaP into ads and buzz and Sam Jackson. They got an Entertainment Weekly cover out of it. No one should ever talk to talent from a finished film without seeing the movie, unless that is part of the story.”
PPS: more about junkets, courtesy and integrity on the Hot Blog
A ne pas manquer: cet article incroyablement bien mené et explosif par Claire Hoffman sur Joe Francis, le créateur richissime des vidéos Girls Gone Wild, dans le magazine du Los Angeles Times de dimanche (lien via L.A. Observed et Fishbowl L.A.)
Ce type fascinant dans son genre me rappelle furieusement le pornographe français Pierre Woodman, en plus bronzé. Après parution d'un article lui ayant déplu dans Libération, il avait seriné un redacteur-en-chef au téléphone et m'avait réveillée dans mon appartement de Budapest avec des menaces colorées dans le combiné; j'ai vite appris que ce comportement était courant, en particulier avec les femmes journalistes. Joe Francis s'adonne aux mêmes pratiques, mais va plus loin en plaquant la reporteur par derrière sur le capot d'une voiture. Avec la description d'un viol présumé dans l'article, ca sent vraiment le roussi pour l'empire GGW (rebaptisé "Girls With Low Self-Esteem", dans la série TV Arrested Development...)
+ Luke Ford: L.A. Times reporter nails Joe Francis
+ Mark Ebner: The Hustler, the Heiress and the soft-porn king
Les Irakiens ont le sens de l’hospitalité, dit-on, à tel point qu’on ne peut rien leur refuser sous peine de les offenser. J’ai pu le vérifier en compagnie de soldats américains il y a quelques jours à Medina Wasal, dans le désert: plusieurs villageoises ont insisté pour nous offrir une grosse assiette de dolma (feuilles de vignes farcies), du yaourt fait maison et une cannette de soda fraiche, une fois n'est pas coutume, étant donnée la chaleur écrasante. On a parlé du Liban, de la guerre, et une Irakienne, «Mona» a mis une cassette de Julio Iglesias en français pour nous distraire des horreurs de l’actualité. Bien sur, je n’étais pas en Irak, mais dans le désert au bord de la Vallée de la Mort en Californie, dans l’un des douze villages irakiens reconstitués dans le centre d’entrainement militaire de Fort Irwin.
Plusieurs mois avant leur déployement en Irak, les soldats U.S. suivent un entrainement spécifique pour apprendre à interagir avec la population irakienne dans ces faux-villages, enfouis dans le désert au bout de longues routes poussiéreuses bordées de constructions inachevées et de voitures désossées, comme en Irak. Chaque village a une mosquée, avec des appels à la prière, et des maisons allongées dans lesquelles vivent des immigrés irakiens jour et nuit. Ils sont censés s’habiller, parler, manger, chanter, comme en Iraq, car tout, des sons aux odeurs, doit transporter les soldats U.S. Les Irakiens insultent les Américains en arabe et chantent «Mort à l’Amérique» si besoin est, pour freiner le travail des troupes à la recherche d’insurgés, interprétés, eux, par des militaires rentrés d’Irak. Ces derniers ont reçu des cours de l'acteur Carl Weathers, alias Apollo Creed dans les films Rocky. Tout le monde porte un petit harnais avec des lampes qui clignotent si la personne est touchée par balle ou tuée.
LE JOB D’ETE LE PLUS BIZARRE DU MONDE / THE WORLD’S WEIRDEST SUMMER JOB
Il était impossible de photographier les Irakiens de face: certains ont encore de la famille en Irak, et redoutent des représailles. Dans ce qui doit être le job d’été le plus bizarre jamais crée, ces immigrés sont payés 230 Dollars par jour pour participer à ce grand jeu de rôle guerrier sous 40 degrés à l’ombre. A Medina Jabal (ci-dessous), où nous avons assisté à un exercice avec un faux kamikaze au milieu de la place noire de monde, des figurants Irakiens se repassaient un gros sac de glace sur la tête et des chewing-gums irakiens super sucrés. Les Irakiens se disent contents de leur boulot. Certains étaient contre la guerre en 2003, mais estiment qu'elle est là pour durer, alors aider les USA (leur terre d'asile par ailleurs) revient à aider le peuple Irakien.
L’entrainement tourne souvent au carnage pour les Américains, qui partent du principe que les erreurs commises pendant ce jeu de rôles permettent d’éviter les pertes humaines plus tard. Rien ne remplace le véritable bourbier irakien, mais dans le désert californien, ils apprennent surtout des choses de base: l’importance de savoir quelques mots d’arabe, fouiller les femmes selon les règles, s'assurer que la police locale est armée ou encore d’engager une relation avec la population sans pour autant relâcher sa vigilence. "A leur arrivée ici, les Américains ne savent rien du tout [sur à quoi s'attendre en Irak]," me disait une Irakienne, "il faut tout leur apprendre."
La canicule à Los Angeles ne suffisant pas, j'ai roulé trois heures sur la route de Death Valley avant de m'enfoncer dans le désert jusqu'à Fort Irwin, le fameux centre d'entrainement militaire pré-Irak où les soldats américains combattent des acteurs-insurgés dans des répliques de villages irakiens.
En attendant d'observer l'entrainement demain, je me suis promenée dans la base, qui semble sortie de nulle part comme un curieux champignon du désert. A première vue, en fin de journée, des soldats se musclent dans la salle de gym en étouffant des jurons (de nombreux panneaux les enjoignent à retenir gros mots et gestes obcènes); ils font des cabrioles du plongeoir de la piscine, jouent au billard et boivent de la bière, sourient aux rares femmes sur place, et se détendent dans le centre de récréation, en s'adonnant à des jeux vidéo guerriers sur écrans géants.
Comment disparaitre complètement sans jamais être retrouvé... Je ne parle pas de Zizou (quelle tristesse...) mais du titre d'un bouquin lu la semaine dernière, lors d'un voyage à Washington pendant lequel ce blog fut particulièrement négligé (d'ailleurs, un petit problème technique empêche de réactiver les commentaires pour l'heure...)
Ce livre, publié par feu la maison d'édition ultra-libertarienne Loompanics explique en détails comment se reinventer une nouvelle vie: revêtir une nouvelle identité, en abandonnant conjoint et enfants, un boulot déprimant, des dettes et autres responsabilités. L'auteur du livre, "Doug Richmond" affirme avoir parlé à plusieurs Américains ayant totalement changé de vie, et c'est l'aspect qui m'intéressait le plus.
A l'académie de détectives que j'ai fréquentée, on étudiait souvent ces affaires, mais de la perspective de la famille délaissée et sous le choc, qui appelle un investigateur privé au secours. Tous les cas semblent impliquer inmanquablement un homme de 40 ou 50 ans pris par "le démon de midi", parfois bigame, désireux de redevenir célibataire sans divorcer ni payer de pension à une épouse détestée et des enfants dont ils peuvent se passer. Ils disparaissent du jour au lendemain, après des mois de préparation pour obtenir de faux-papiers, transférer de l'argent offshore etc. Certains surendettés mettent-en-scène un décès fictif en espérant que la prime de l'assurance-vie sortira leur famille d'un gros pétrin financier.
Les meilleurs détectives retrouvent ces fraudeurs grâce à leurs erreurs. Comme le bouquin le signale, ces hommes ont souvent un hobby adoré (modélisme, pêche, moto...) en concurrence avec la femme. Dans leur nouvelle vie, ils le pratiquent en toute liberté: s'inscrivent à des clubs, ou font suivre leur abonnement à "pêche magazine" à leur nouvelle adresse...
J'ai trouvé ce bouquin dans les rayons de la librairie Atomic Books à Baltimore (photo), remplie de manuels du genre: "Comment fabriquer de la méthamphétamine," "Comment fabriquer une bombe", "Comment fabriquer de faux-papiers..." La puissance de feu du premier amendement à la constitution américaine n'a pas fini de m'étonner.
Baltimore est une ville géniale, soit-dit en passant. La visiter était un vieux rêve de fan de John Waters (dont les écrits sont encore meilleurs que les films à mon avis.) Le quartier Hampden est parsemé de flamands roses dans les vitrines des magasins et le café Hon (photo ci-dessus) semble droit sorti d'une scène de Hairspray ou Polyester. Les amis journalistes-blogueurs Laurent et Guillemette, venus de New York, ont été sous le charme et je leur recommande lors de leur prochain saut à "Bawlmore" de visiter le American Visionary Art Museum et de suivre Jesse Walker dans son marché préféré pour les meilleurs crab cakes.

Déformée à Baltimore, avec et sans Matt / Distorted in Baltimore, with and without Matt

Le journaliste-écrivain-scénariste Toby Young et le scénariste et producteur de sitcom Rob Long ont déclenché beaucoup de rires à la soirée du club de la presse de L.A. en leur honneur mercredi, et quelques grognements quand Toby a déclaré à la foule de journalistes, principalement:
"J'essaye d'abandonner le journalisme depuis des années... Mais j'ai tellement échoué dans tous mes efforts, que je suis coincé dans le journalisme."
"I've been trying to give up journalism for years... But I've been so unsuccessful in all my endeavours that I've had to stick with journalism."
Les deux compères ont enchainé une farandole de blagues sur ces losers de journalistes, et une remarque de Rob sur les métiers les plus gratifiants qui sont généralement les moins bien payés, comme... journaliste. Los Angeles regorge d'anciens journalistes devenus scénaristes de télévision et producteurs richissimes. J'en ai encore rencontré un hier soir, très sympa d'ailleurs, au pince-fesses mensuel de l'ancien rédacteur-en-chef devenu producteur TV, Scott Kaufer, au restaurant surplombant Hollywood, Yamashiro. Parfois, on devient rêveur en écoutant ces anciens reporteurs parler de leur nouvelle maison à Malibu, dans cette brise océane délicieuse, tandis que l'on crêve de chaud sans clim' à Silver Lake, dans le vacarme assourdissant des travaux de construction de la voisine.
Mais l'avantage du métier de journaliste (pour peu qu'on ne passe pas ses journées à interviewer des célébritées demeurées multi-millionnaires) est que l'on a pas le temps de s'apitoyer sur son sort lequel, si l'on considère le monde autour de soi, n'a rien de pitoyable. Combien de gens peuvent dire qu'ils prennent beaucoup de plaisir à faire leur métier? Si je nourris le projet de quitter cette profession, ce n'est pas pour le travail au coeur du métier, qui reste fondamentalement formidable.
Dans une interview sur la chaine catholique KTO (les interviews VIP ici sur leur site sont excellentes) le chroniqueur télé et red chef Philippe Vandel évaluait à 10 ou 12 000 le nombre de personnes en France, pays de 60 millions d'habitants, qui font un métier qui les passionne. J'ignore d'où il sort cette estimation, mais il se compte parmi les chanceux.
Dans cet entretien, il racontait aussi que pendant son enfance près de Lyon, il n'avait jamais rêvé d'être journaliste: "Je voulais être le type qui fait les choses, et pas celui qui raconte ce que font les autres." En tant qu'"enfant de la crise", il ne pensait jamais avoir un jour un métier qui lui plairait. Aujourd'hui, il "fait des maths avec les mots" et écrit des livres, fait de la télé, élève ses gamins et a l'air content. Dans les années 80, Vandel était l'une des plumes de mon magazine préféré, Actuel, qui m'a donné envie de me lancer dans le journalisme. A chaque époque son métier.
In this conversation, he was reminiscing about his childhood in France, near my hometown of Lyon, and how he had never dreamed of becoming a journalist: "I wanted to be the guy who does things, not the guy who tells what others are doing." As a "child of the economical crisis," he never expected to some day hold a job that he would enjoy. Today, he and "does math with words" and writes books, works in TV, raises his kids and seems happy. In the '80s, Vandel was one of the best-known bylines in the cult French magazine Actuel, which inspired me to go into journalism. At each season, it's a profession.

"Etre journaliste dans cette ville [Los Angeles] est une existence misérable. On est considéré comme de la drouille, une branche douteuse de l'industrie des relations publiques, le dernier ressort absolu," disait le journaliste-écrivain britannique Toby Young (photo) dans une interview avec Luke Ford, en 2003. Il faisait surtout allusion aux journalistes de Hollywood, traités comme un troupeau de porte-micros.
Ce mépris atteint des proportions presque fascinantes. Un copain envoyé interviewer Johnny Depp à la première de Pirates des Caraibes me racontait que tous les journalistes étaient convoqués à Disneyland, où se déroulait la première, trois heures avant l'arrivée des acteurs. Il a découvert que 240 (240!) équipes de télévision se bousculaient sur un tapis rouge de... 800 mètres de long. Autant dire que les stars du film, épuisées après quelques dizaines d'interviews dans cette cohue, ont laissé en plan des centaines de médias furieux d'avoir gaspillé une journée pour des miettes. Tous les journalistes, des stakhanovistes de junket cinés aux reporters pour la presse "sérieuse" (contraints de participer aussi aux junkets pour avoir accès aux acteurs et réalisateurs) se plaignent du dédain permanent de Hollywood pour leur travail (à ne pas manquer, à ce propos, l'article classique de Sharon Waxman sur son arrivée à Hollywood pour le Washington Post.)
Comme beaucoup, Toby Young a essayé de passer de l'autre côté du miroir et de travailler pour Hollywood. De son échec spectaculaire à Los Angeles, Toby a tiré son nouveau livre, The Sound of No Hands Clapping. Ce soir, nous organisons avec Cathy, Amy et le Los Angeles Press Club une fête en son honneur à Barnsdall Art Park. Après une réception en plein-air avec vue sur Griffith Park et Hollywood, sponsorisée par Pravda Vodka, le scénariste et producteur Rob Long (auteur de l'un de mes livres préférés sur Hollywood) interviewera Toby dans le théâtre et le public pourra poser ses questions. Les réponses affluent, mais le théâtre est grand et il est encore possible de nous rejoindre (détails sur le site du Club de la presse.)
PS: les commentaires désactivés depuis un mois devraient être rétablis sous peu. / Comments have been disactivated for a month but should be back up soon.

Bravo à ma collègue correspondante-pigiste à l'étranger Delphine Minoui, prix Albert Londres 2006 pour sa série d'articles sur l'Irak et l'Iran. Delphine était passée à L.A. l'année dernière, aussi incroyablement charmante que talentueuse (son site est ici). Mercredi, Delphine était dans l'émission Médias du Monde de RFI consacrée aux blogs de journalistes. Laurence Aloir interviewe également Pierre Haski de Libération (ex-Chine), Guillemette à New York et Bibi Lolo à L.A.
L'interview s'est déroulée tôt un matin avec la première tasse de café -- je cherchais mes mots en français, la honte. Et depuis le temps, je crois que le sujet des blogs ne m'inspire plus du tout. Mais les collègues ont toutes sortes de bonnes anecdotes. En revanche, l'émission insiste sur le fait que les journalistes blogueurs ne sont pas payés: or, les exemples de reporteurs-blogueurs payés abondent et pas seulement aux USA. Les quotidiens français qui ont des blogs "officiels" compensent leurs journalistes à ce que je sache...
Perso, je lis beaucoup de blogs de journalistes car mes amis sont souvent journalistes, mais tout l'intérêt des blogs est justement de vous ouvrir sur le quotidien de gens totalement différents. Je déteste la façon dont les séries télés ou les films sur-représentent les journalistes ou les écrivains. Un roman dont le héros est un... écrivain me fait enrager d'entrée. Non mais quelle flemme.
Ma copine Cathy, journaliste, utilise le blog de façon intéressante: pour débloquer sa crampe de l'écrivain. Quand elle peine à écrire une chronique, un petit coup de blog, et la machine est en route. Mon aspect préféré du blog, ce sont les gens bien plus malins que moi qui laissent des commentaires intelligents, plutôt en privé que sur le site d'ailleurs. Ils m'apprenent une foule de choses.
En réponse aux messages sympas au sujet de mon trouble squeletto-musculaire: le docteur m'a conseillée de m'éloigner de l'ordinateur le plus possible. Ma condition s'appelle en anglais "Radial Tunnel Syndrome". Derrière ce nom de science-fiction, rien de catastrophique: on ne m'a pas encore prescrit de prothèse en métal comme le Centaure Mécanique.
Deux choses à noter ce week-end: la deuxième partie de l'émission Nous Autres sur Los Angeles, diffusée vendredi sur France Inter et disponible en Podcast ou en simple téléchargement. Nous Autres donne le micro à Marie, une Strasbourgeoise de 25 ans. Elle ne sait pas encore ce qu'elle va faire dans la vie et est venue à Los Angeles pour "se mettre un coup de pied au cul." Elle chronique sa poursuite à L.A. en anglais et en français dans son très bon blog Est/Ouest. Il m'a tellement plu que j'ai invité Marie à passer boire un pot, puisque nous habitons tous les deux dans le même quartier. Son point de vue sur L.A. (mélange de fascination et d'effroi) est très rafraichissant.
A noter tant qu'on y est pour les Parisiens qui s'intéressent à L.A., un colloque gratuit bientôt à la BNF: Los Angeles, un autre regard sur une ville autre.
Note while we are at it to the Parisians interested in L.A.: this forthcoming free colloquim at the French State Library BNF, Los Angeles, un autre regard sur une ville autre.
Ensuite, Libération lance demain son nouveau supplément du samedi de 48 pages, Ecrans, auquel je fournis une chronique sur les séries TV. Je ne vois encore rien sur le site oueb de Libé, mais il parait qu'une grande campagne d'affichage bat son plein en France. Curieuse de voir ce que ca donne.
En ce qui me concerne, en route pour Palm Springs (les dinosaures sur la photo sont sur le chemin), pour un événement impliquant Heather, le lapin blogueur. En espérant soigner dans l'air du désert un violent trouble musculo-squelettique de ceux contre lequels Stephanie Booth en Suisse nous avait mis en garde. Ouch. Taper sur un clavier ou même changer de vitesse en voiture sont devenus des épreuves. Ca sent le sapin pour emmanuelle.net! Bon week-end.
Ceux qui me connaissent à L.A. savent que je suis bénévole pour le Los Angeles Press Club, ultra-glamour dans les années 40-50: non seulement leur QG était à l'hôtel Roosevelt, à Hollywood, mais à l'époque, le club avait une Miss annuelle. Une année, Miss L.A. Press Club était cette jeune actrice, Marilyn Monroe. J'ignorais que deux ans auparavant, Mamie Van Doren avait également été Miss Press Club (voir la photo tirée du site de Mamie, qui, soit dit en passant, reste très en forme.) Rien de tel que l'exploitation d'une beauté blonde pour promouvoir de façon éhontée deux prochaines soirées au Club, moins pailletées qu'autrefois mais en plein dans notre époque:
INTOONFADA THIS THURSDAY. Matt is moderating an interesting L.A. Press Club panel this Thursday, May 11, at 7:30, talking about the Danish cartoons controversy, specifically how it played out with Borders banning an issue of Skeptical Inquirer magazine.
On the panel will be Skeptical Inquirer guy & constitutional lawyer Eddie Tabash; Reason's Brian Doherty, Edina Lekovic of the Muslim Public Affairs Council.
Go to http://www.lapressclub.org for more details
PRISONER OF X AND NEWS JUNKIE GRILLED BY GENERATION KILL
WHAT: A reception for two now-sober journalistic troublemakers: Allan MacDonell, whose high-flaming memoir, Prisoner of X: 20 Years in the Hole at Hustler Magazine (Feral House), has been featured in the NY Times, NY Post, Rolling Stone, Vanity Fair and NPR; and Jason Leopold, the obsessive-compulsive investigative journalist whose News Junkie (Process) details the felonious conduct behind his rise and fall at the Los Angeles Times, Salon and Dow Jones Newswires, and later his rise once again in the independent media.
FOLLOWED BY: A discussion with the two writers moderated by Evan Wright, whose bestselling Generation Kill, about American grunts in Iraq, won the 2005 PEN award for the best work of researched nonfiction.
WHEN: Thursday, May 18. Reception begins at 6:30 p.m., with presentation and Q & A starting at 7:30 p.m.
WHERE: The Steve Allen Theater located in Los Feliz/East Hollywood, 4773 Hollywood Blvd., one block west of Vermont. Plenty of free parking. Check out steveallentheater.com for information about upcoming events, including the 666 Satanic High Mass.
Go to http://www.lapressclub.org for more details.
PS: check out Luke Ford's interview with Allan McDonell.
C'est le titre d'un article brutal dans le Wall Street Journal sur le journal Libération (qui m'emploie à la pige), tandis que le Washington Post se moque de la dernière reculade en date du gouvernement français, sur une loi anti-tabac.
Hier, je suis allée écouter le ministre français de l'économie et des finances Thierry Breton s'adresser à une centaines d'étudiants en affaires de l'université de USC. Il était plutôt bon avec les jeunes quand il s'agissait de "vendre" l'économie française, souvent décrite en termes apocalyptiques dans les médias américains. J'ai vu pas mal de bouches ouvertes quand il a cité des chiffres impressionnants sur les investissements étrangers en France, et toute une série de descriptions forcément ultra-positives, faisant contraste avec les images de foules en colère et de voitures renversées.
Il a affirmé que le "gouvernement a corrigé le système stupide des 35h, heureusement" et a invité ces entrepreneurs de demain à venir bosser et investir en France où ils "payeraient moins d'impôts en travaillant à Paris qu'à New York" (ce qui va dans le sens de tout ce j'entends sur le taux d'imposition record à NYC, mais j'aimerais beaucoup vérifier cela.) J'ai l'impression que ces fans du "free market" ne se bousculeront pas de sitôt au portillon, ayant trouvé Breton trop vague dans ses explications sur sa façon de mener ses réformes (en moins d'une heure, reconnaissons-le, c'était difficile.) Mais une étudiante américaine qui adore la France en touriste me disait qu'elle était trop attachée à "la sécurité de l'emploi à l'américaine" pour déménager à Pawrisss: Explications: "Sécurité, dans le sens où on sait que l’économie américaine fournit des emplois, surtout pour les diplômés des meilleures universités comme celle-ci."
PS: c'est toujours rafraichissant de voir des Français, même ministres. Breton portait un costume impeccable et une chemise rose-rose (pas vraiment une option pour un secrétaire d'état américain) et quand un cinquagénaire barbu lui a rappelé qu'ils avaient travaillé ensemble il y a vingt ans, le ministre l'a reconnu et s'est exclamé devant l'assemblée: "Comme tu as changé! Ce doit être la barbe... et on dirait que tu as pris quelques kilos." Ah, la diplomatie française!
Cheeta, le plus vieux chimpanzé du monde a fêté son 74ième anniversaire cet après-midi en Californie entourés d'amis, avec un soda light et un gâteau sans sucre (il a du diabète, mais mis à part ca, il est en super forme.) Quelques photos sont ici; un article suivra. En attendant, voici une interview avec Dan, le "maître" de Cheeta sur NPR (en anglais).
Lors d'une séance d'interviews ce week-end à New York pour la sortie du nouveau film de Spike Lee, Inside Man (très réussi) Denzel Washington nous a expliqué la différence entre interpréter un flic de New York et un flic de Los Angeles. Son personnage dans Inside Man est new-yorkais pur jus et bavard comme lui. Il décrit les policiers de New York et de Los Angeles dans cet extrait audio (1'22" à télécharger en MP3 ici avec en bonus, une histoire de sandwich aux cornichons.)
"A New York, (pour un flic) il faut avoir du talent dans ses relations avec les gens et savoir s'adapter. A Los Angeles, vous faites signe à la personne d'arrêter sa voiture sur le bas-côté... vous l'isolez, vous sortez de la bagnole... Les flics à L.A. ont plus de contrôle: ils arrivent par derrière. Ici, à New York, vous avez plein de gens autour, vous ne savez pas qui est qui..."
Je peux confirmer: impossible de protester avec les policiers de L.A. Mais si vous faites preuve d'humilité ("Vous avez raison, officer, je me disais justement que je roulais trop vite..") ils sont en général coulants. Du moins dans mon expérience de Frenchie, qui, avec son gros accent, doit certainement les distraire des criminels plus sérieux dans les quartiers alentours, infestés de gangs.
""In New York, (for a cop) you have to have people skills. And you have to adjust. In Los Angeles, you pull out behind someone, you isolate them, you get out of the car... but they have more control. They come out behind you. Here (in NYC), you have people all around, you don't know who's who...""
I can confirm that it's impossible to protest with L.A. cops. But if you act humble ("You're right, officer, I was actually thinking that I was going to fast...") they're pretty lenient. At least that's what I experience as a Frenchie, whose thick accent is probably a little distraction from the more serious thugs in the nearby crime-infested neighborhoods.
(Photo: Universal Studios)

"Chacun ses marroniers," m'écrit l'ami photographe Eric de Marseille, "tu as les Oscars, nous on a l'OM-PSG." En effet... et ca empire par rapport à l'année dernière,: accéder à la salle de presse fut encore plus épique cet après-midi, avec des mesures de sécurité dignes de celles des aéroports de LAX et de Paris Charles de Gaulle combinés. En plus, où avais-je la tête, j'ai commis l'erreur de venir en col roulé pour pourfendre la clim' frigorifique: on a failli me renvoyer à la maison. Rappel: il faut venir en salle de presse en smoking pour les hommes et en robe de soirée pour les femmes.
La salle remplie de journalistes du monde entier est loin de frémir comme l'année où Michael Moore était en lice ou celle du "black power" quand plusieurs acteurs noirs ont raflé des honneurs. Cette année, tout le monde à l'air assez blasé ici: Brokeback Mountain est le grand favori, mais la brokeback-mania arrive à saturation et la sélection de films très politiques commence à irriter. Même les gens de gauche n'ont pas franchement envie de passer la soirée à regarder des millionnaires se donner des tapes dans le dos en se félicitant d'être aussi tolérants. Reste à voir comment le présentateur Jon Stewart va s'en sortir... dès sa première phrase, qui vaudra peut-être l'attaque d'anthologie du comique Chevy Chase aux Oscars en 1988: "Bonsoir, hypocrites de Hollywood!"
(photo AP via Yahoo News)
"C'est un bon moment pour être en vie," pour reprendre l'expression de Laurent Haug, un tantinet exténué mais heureux en clôture de sa conférence internet réussie, Lift06 à Genève: de nombreuses vidéos et commentaires affluent sur le blog de Lift. A noter la présentation tout à fait d'actualité de Mark Laperrouza sur l'Internet en Chine. Elle contient ce commentaire glaçant d'un blogueur chinois en référence à la controverse Yahoo! en Chine:
“La Chine n'a pas seulement changé un certain train de vie des occidentaux en fournissant des biens de consommation pas chers, mais a aussi utilisé son énorme marché pour changer les valeurs morales de l'Occidental.”
Chiu Yung, Chine du sud
“China not only changed certain lifestyles of Westerners by providing inexpensive goods, but also used its enormous market to change Westerner’s moral standards”
Chiu Yung, Blogger, Southern China
Je sais, je sais, la conf remonte à deux semaines déjà et je n'ai rien blogué: trop de boulot et un besoin vital de s'éloigner de l'ordinateur. D'ailleurs, ca sent le sapin pour moi, avec cette nomination pour le "Pyjama de Satin" de "meilleure momie de la blogosphère" chez Fistful of Euros, ou tout comme (Lifetime Achievement Award). Comme les vieux crabes de Hollywood dont les noms circulent chaque année aux Oscars pour recevoir une statuette d'honneur pour l'ensemble de leur carrière, ultime coup de chapeau nostalgique aux has-beens sur le point de "rendre les clefs de la chambre" comme disent les Américains!
En "bonne" journaliste toujours à l'avant-garde, j'apprends par Maxence de Futurinc que le blog de référence PointBlog a fait l'honneur de m'inclure dans son Who's Who de la blogosphere francophone. Wow, merci. La page est ici.
C'est d'autant plus remarquable que ce blog est un petit coin perso sur la Toile plutôt insignifiant et sans aucune ambition (cela fait longtemps que je ne regarde plus mes stats et que je refuse d'insérer des pubs -- sorry Blogads!) mais je continue à recevoir de nombreux messages de visiteurs heureux que ce site soit bilingue, ce qui leur permet de rafraichir leur français ou leur anglais (le mien étant passé en revue par Matt... mais j'aurais certainement besoin d'un correcteur d'orthographe français!)
Merci tardif également à l'émission Blogs à Part sur France Inter (signalée par e-mail par Bruno Fay, de l'excellent blog Investigation) et Alexandre Boussageon pour sa chronique sur ce blog, intitulé "Enquête privée" du 3 janvier. Quand il m'a contactée, je l'ai tout de même prévenu que j'étais la correspondante de France Inter à L.A., sous un pseudo, et que ca pourrait être un peu bizarre, mais il n'a pas mentionné mon boulot de journaliste: il s'est dit avant tout intéressé par ma formation de détective privé et les (trop rares) articles du blog sur cet aspect de ma vie.
Puisqu'on me le demande régulièrement: quid de cette reconversion?
J'ai commencé à travailler en freelance pour des détectives en juillet dernier et je constate que mon expérience de journaliste aide beaucoup pour établir une relation avec les gens de tous bords, et rédiger les rapports. Pour tout dire, c'est plus satisfaisant que mon travail de reporter, vu la réalité du journalisme freelance aujourd'hui en France: moral dans les rédactions et budgets dégonflés, le traitement cavalier des pigistes (surtout dans le service public d'ailleurs), l'accès aux interviews de plus en plus régimenté etc. Donc, voilà, pour suivre le conseil du gourou Jeffrey Gitomer, projetons-nous dans un nouvel avenir. Et adoptons Ziggy, le détective-perroquet en guise d'assistant.
Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la profession de détective privé en France, je recommande l'ouvrage de Christophe Deloire: "Histoires secrètes des détectives privés" dans lequel j'ai appris que Charles Pasqua fut détective, menant filatures avec fausse barbe et lunettes!
Un futur proche en ce qui me concerne implique un topo à la conférence Lift 06 à Genève sur l'anonymat sur le Net. Grâce au travail de titan de Laurent, la conf s'annonce drôlement bien, l'occasion sans doute de rencontrer l'équipe de Pointblog et de les saluer en personne autour d'une fondue.
De retour à Lyon après quelques jours à Prague, j'ai été appelée mercredi par l'émission de Jean-Marc Morandini sur Europe 1 pour parler de l'article "Les suicidés de la télé-réalité" dans le nouveau numéro de Max. En 2005, au moins quatre suicides ont été liés à des émissions américaines de télé-réalité, à commencer par celui de "Nitro", le candidat malheureux du show de boxe de Sylvester Stallone, The Contender, sur NBC. Trop honteux de rentrer en loser dans son quartier de Philadelphie, il s'est tué devant son centre d'entrainement de boxe, à quelques semaines de la diffusion de l'émission.
Pour ce garçon de 23 ans, visiblement, l'enjeu était énorme: il avait raté la chance de sa vie pour accéder au mythique quart d'heure de célébrité et à la fortune - un million de Dollars des mains de Rocky. "Nitro" est le seul, à ce que je sache, à s'être suicidé directement suite à un échec sur une émission, depuis le premier cas enregistré en Suède, en 1997 (un perdant de l'Ile de Robinson s'était jeté sous un train.) Je regarde rarement ce genre d'émission, mais il y a quelques jours, nous avons suivi chez les "drunken sistas" à Prague la "super finale" du Big Brother tchèque, avec Matt, Hana, Zuzka et Zena (photo).
Le gagnant, une armoire à glace surnommée "Shrek," a passé toute la finale les larmes aux yeux, les lèvres tremblantes, comme si sa vie en dépendait. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser: "Bon sang, ce type a grandi sous une dictature communiste et il nous fait un ulcère en direct pour un reality-show!" Mais il faut se rendre à l'évidence: c'était il y a 15 ans. Depuis, Prague s'est métamorphosée en mecque du shopping de luxe, grouillante de touristes, et le prix de 10 millions de Couronnes est énorme par rapport au salaire d'ouvrier de "Shrek."
Le niveau de l'émission est effarant, mais les critiques de télé et autres journalistes sont sans doute trop privilégiés pour bien saisir l'enthousiasme et le besoin de reconnaissance des candidats. Pour commencer, malgré la galère inhérente au métier et des revenus relativement modestes, les journalistes gagnent en moyenne nettement plus que leurs concitoyens (2591 € brut mensuel en France.) Ensuite, beaucoup se frottent à la célébrité à longueur d'année.
Or, voir de près les "riches et célèbres" vous fait prendre pas mal de recul. Croisé en janvier dernier, Sylvester Stallone m'est apparu tout moche et tout lifté (mais avec plus d'humour que ce à quoi je m'attendais.) Certes, pendant une interview avec une actrice multimillionnaire sublime, aux ongles impeccables, il m'arrive de penser: "La vache, c'était quand la dernière fois qu'elle a épluché les patates? Fait la queue elle-même à la poste? A été prise d'une crise d'angoisse en dépliant des factures?" Mais les bouffées d'envie ne durent pas. Plus je rencontre ces vedettes, plus je chéris ma liberté. Il faut rappeler aussi que je vis à Los Angeles, sans doute la seule ville au monde où les gens laissent les stars faire leurs shopping tranquillement et les plaignent de subir autant de pressions.
A Prague, je souhaite bonne chance à cette boule de nerfs de Shrek pour gérer sa nouvelle célébrité. Au Portugal, le gagnant du premier Big Brother national il y a 5 ans a mal vécu sa retombée dans l'oubli et a menacé de se jeter du fameux pont suspendu de Lisbonne pour attirer de nouveau l'attention des médias. Encore un que je n'envie pas! (Sur la photo: l'ami tchèque Vladan.)

Récemment, deux journaux que je lis régulièrement ont annoncé le licenciement d'environ 10% de leurs journalistes: 85 postes supprimés au Los Angeles Times en Californie (journal très bénéficiaire), 35 au sein de la rédaction de Libération en France (qui perd de l'argent). Matt contribue au LA Times, je pige pour Libé. Le journal actuellement en grève n'est pas celui qui vous parait le plus évident. Même si, c'est vrai, on s'attend toujours au français dans ces cas là.
La semaine dernière, pour se tenir au courant de ce qui se préparait à Libération, les pigistes loin de Paris comme moi se sont repassés par e-mail un article... du Figaro, faute d'infos sur le site même du journal. En Californie, les bruits de couloirs au LAT ont vite trouvé leur chemin sur les blogs, dont Romenesko et L.A. Observed.
Au Los Angeles Times, le message de 500 mots du rédacteur en chef Dean Bacquet va droit à l'essentiel: "J'ai le regret de vous informer que la rédaction du Times va perdre 85 emplois d'ici la fin de l'année." Il termine les deux pouces en l'air: "Nous aurons quelques semaines difficiles mais nous nous en sortirons." Les licenciements seront vite expédiés, d'ici fin novembre, et zou.
A Libération, la lettre envoyée aux employés (désormais publiée) et longue de 1300 mots est beaucoup plus fleurie, évoque un "nouveau Libération" et le "recentrage sur notre coeur de métier." Le PDG Serge July attend les tous derniers paragraphes pour signaler prestement les suppressions d'emplois... comme dans l'espoir de faire reculer l'inévitable, qui n'a pas manqué: grève générale au journal, votée illico ce lundi.
Le secteur de la presse est en crise ici comme en France, avec des défis très similaires à relever. A la grosse différence que Libé déplore des pertes d'exploitation élevées (6,6 M€ en 2005) alors que le Los Angeles Times dégage de gros profits (19% cette année pour le groupe Tribune Co), comme quasiment tous les journaux américains ayant licencié cet automne!
+ Le blog des salariés de Libération en grève: LibeLutte / Liberation's strike blog LibeLutte
On me demande souvent quelle différence il y a entre le métier de journaliste et celui de détective privé, lequel est le plus intéressant, excitant, satisfaisant... Ce que je raconterai sans doute sur ce blog dès que j'aurais un peu plus d'expérience. Pour l'heure, je travaille principalement en tant que journaliste, et mes enquêtes pour des détectives privés établis représentent une petite portion de mes activités, à garder d'ailleurs bien séparées. On est loin de poursuites en voitures à la James Bond: ce sont en majorité des interviews, des recherches de témoins, de documents...
Mais si vous êtes curieux de rencontrer des pros accomplis dans ces deux métiers passionants, et que vous vivez à Los Angeles, rejoignez-nous le 9 novembre au club de la presse pour rencontrer des journalistes d'investigation et des détectives parmi les meilleurs de la ville. Certains, comme Adam Dawson, sont d'anciens journalistes devenus détectives privés réputés. La boutique Silver Lake Wine sponsorise l'événement et nous fera goûter des vins à la réception précédant le débat qui sera animé par Don Ray, un journaliste d'investigation formidable en public. Il forme des détectives à la recherche de documents gouvernementaux, tout un marathon ici aux USA. De nombreux journalistes et détectives sont invités: ce devrait être très sympa et informatif.
WHO:
MODERATOR: investigative reporter and trainer Don Ray of the Daily Journal
SPONSORS: PR Newswire and Silver Lake Wine.
Journalists aren't the only ones digging deep for information. Private investigators do pretty much the same kind of research, but with a different approach and different tools. What can reporters learn from the best private eyes? In an age when, as the Los Angeles Times recently stated, "Private eyes are now seen as essential in high-profile cases," and when traditional journalistic methods aren't enough to get every crucial bit of data, an increasing number of production companies, reporters and book writers are hiring outside investigative agencies. Does working with P.I.s violate journalistic ethics? Are investigators portrayed fairly in the media? Can the two sides learn from one another?
WHERE the Los Angeles Press Club's swank new headquarters
Steve Allen Theater
4773 Hollywood Blvd.
(2 blocks west of Vermont in Hollywood / Los Feliz)
Free parking
COST: none but donations appreciated
RSVP to rsvp -- at-- lapressclub.org

Les samedis soir à Hollywood, certains sortent en boite avec Paris Hilton. D'autres, comme Bibi, vont à un séminaire sur l'avenir de la télévision de service public américaine.
Sérieusement, le week-end organisé par
American Cinema Foundation était fort intéressant, avec ses sex-symbols pailletés (ci-contre notre webstar Luke Ford en costume pastel droit sorti de "Deux Flics à Miami" et Cathy) et des invités glamour (Amy et Gregg.) Tous les compte-rendus des débats étaient publiés en temps réel sur le blog de Cathy par notre blogueuse ado préférée, Maia, de son nom de blog CecileDuBois.)
Seriously, this weekend organized by the American Cinema Foundation was very interesting, featuring its own shiny sex-symbols (such as here, our webstar Luke Ford in a pastel suit right out of Miami Vice and Cathy) and glamorous guests (Amy and Gregg.) All the debates were live-blogged at Cathy's blog by our favorite teen blogger, Maia -- the real nom-behind-the-blog of CecileDuBois.)
Cathy (ci-contre avec Mel Stuart, le réalisateur du film culte hallucinogène Charlie et la chocolaterie) a animé une discussion sur le bien-fondé de la chaine de service public PBS: car n'oublions pas que nous sommes dans un pays où chaque dollar du contribuable est soumis à débat. Il règne une grande méfiance envers les services publics, jugés par beaucoup forcément plus incompétents que les services privés.
Aux Etats-Unis, il n'y a pas de redevance "obligatoire" comme en France. Les impôts des Américains financent 15% du budget de Corporation for Public Broadcasting, une sorte d'ORTF qui englobe la télé (PBS) et la radio (NPR) de service public. Le reste du budget, donc 85%, provient de sponsors, des corporations comme McDonald's qui financent des émissions comme Rue Sésame en échange de leur logo en début de générique.
Combien est-ce que la télé de service public coûte au contribuable américain moyen? Un peu plus d'un Dollar par an! Insignifiant par rapport au coût de, au hasard, 30 secondes de guerre en Irak. Tout le reste est couvert par le secteur privé. Mais il y a toujours des gens pour râler contre ce Dollar annuel qui finance une chaine de haute qualité, malgré ses défauts. Le scénariste Rob Long comparait PBS aux épinards ou aux broccolis que nos parents nous forcent à manger: on grince des dents, mais plus tard, on est content de les avoir consommés au lieu de chips graisseuses.
Matt, qui participait au débat (photo), ne veut pas voir ses impôts financer les salaires des stars du service public. Parce qu'aux USA, le "Stéphane Paoli" de la radio NPR, Robert Siegel gagne 262 000 Dollars par an (environs 18 000 Euros par mois!) Peut-être que l'avenir de PBS consistera à distribuer des émissions de qualité non plus sur une chaine hertzienne, mais à télécharger selon ses goûts dans son Ipod ou sa télévision interactive. Mais lors de cette discussion, un couple d'évacués de La Nouvelle Orléans, arrivés à Los Angeles il y a trois semaines a rappelé à l'auditoire que tout le monde n'a pas 200 ou 500 chaines par le cable ou le satellite. Dans des poches de pauvreté comme la Louisiane, PBS est irremplacable.
En résumé, PBS est le broccoli de la télé américaine et comme disait un autre participant, "la chaine américaine la moins merdique", à conserver précieusement. Et à regarder, quand on y pense. Suggestion du prochain débat: Luke Ford est-il d'utilité publique?
PS: Whoops, I realize my Movable Type Blacklist system has been blocking all comments for several days... Trying to fix it now
Libé publie aujourd'hui mon article sur BeatTheTraffic.com, le service de prévisions des bouchons automobiles crée par un ingénieur français de la Silicon Valley, André Guéziec.
Pour ceux qui vivent dans l'une des dix-neuf métropoles américaines couvertes par ce service et songent à l'essayer, voici mon expérience: je me suis abonnée à BeatTheTraffic pour le tester pour l'article (20 Dollars par an) et si le site est encore moyennement pratique à mon goût (il faut se localiser manuellement sur une carte géographique,) les prévisions-bouchons sur une journée ou une semaine sont extras. Je l'ai encore utilisé hier après-midi avant d'aller à Irvine en empruntant l'autoroute de l'Enfer (la 405) et les alertes par SMS ont permi de calculer le trajet au mieux.
Quand André aura intégré un système à la Mapquest, où l'on tape son adresse de départ et d'arrivée, ce sera encore mieux. Le service n'est accessible au public que depuis le mois de juin, ce n'est que le tout début. Et cela ne nous empêche pas de rêver aux trajets du futur en "Hallitubes," à 209 km/h.