
Le même jour où l'on apprend le retour triomphal des frites belges (appelées ici "French fries") au menu de la cafet' du Congrès à Washington, le Los Angeles Times nous informe que le centre Pompidou à Paris a détruit deux oeuvres d'art confiées au musée par des artistes californiens pour la grande expo Los Angeles 1955-1985. Deux pièces sont tombées du mur et une troisième se retrouve abimée. Dans une interview, la curatrice de l'expo parisienne a le toupet de dire: "Ce n'est pas de notre faute!" Selon le journal, plusieurs experts estiment qu'un grand musée de cette stature n'a jamais commis autant de dégâts le temps d'une seule expo.
L.A. Observed en appelle à boycotter la moutarde française. Sérieusement, j'ai honte, et honte du fait que les médias français n'en touchent pas un mot (tout le monde est en vacances, évidemment.) Mais je fais un papier pour RFI sur le champ. Du nouveau vendredi: les médias français commencent à couvrir l'affaire: France 2: La grosse maladresse du Centre Pompidou
Mise-à-jour: une dépêche AFP est apparue et cite un communiqué du Centre Pompidou qui exprime, faute d'excuses, ses "plus profonds regrets. Depuis la création du centre il y a 30 ans, il est extrêmement rare que de tels incidents se produisent. Un rapport est en cours."
Le Times de Londres cite une porte-parole de Pompidou plus contrite: "Nous accrochons les oeuvres d'art avec le plus grand soin, et ce genre de choses ne se produit pas. Nous sommes extrêmement désolés."
+ L.A. Frog: They survive earthquakes -- but not French nails.
+ Modern art notes: "how did the works get destroyed? Evil Hogwarts? George W. Bush tried to give them a backrub? Puh-leeze."
Update: an AFP dispatch has materialized in the meantime and quotes a statement from Centre Pompidou. Short of offering any apology, they express "their deepest regrets. Since the creation of the center 30 years ago, such incidents have occured very rarely. A report is in the making."
The Times of London quotes a more contrite spokesperson for the museum: “We take utmost care in hanging works of art and we don’t have this sort of thing happen. We are extremely sorry.”
+ L.A. Frog: They survive earthquakes -- but not French nails.
+ Modern art notes: "how did the works get destroyed? Evil Hogwarts? George W. Bush tried to give them a backrub? Puh-leeze."
Je pars en Europe jusqu'au 5 juin en fermant les commentaires derrière moi, vilain spam oblige...
Michèle Lévy, la présidente de l'Association des Amis de Michel Houellebecq me signale que le précieux écrivain revient à Los Angeles mais sans strip-teaseuses (un an après sa premiere visite californienne) à la librairie Skylight Books à Los Angeles, le 2 juin à 19h30. Michèle recherche des témoignages. Elle serait reconnaissante si les personnes sur place pouvaient lui signaler des compte-rendus sur les blogs locaux, en anglais ou en français, ou lui donner directement leurs impressions (houelle AROBASE magic POINT fr)
Merci, et bonjour chez vous.
Michèle Lévy, the president of the French association Friends of Michel Houellebecq is telling me that the valuable writer will come back to Los Angeles, but without the strippers (one year after his first visit to California) at the Skylight Bookstore in Los Angeles, June 2 at 7:30. Michèle is looking for accounts. She would appreciate if people going there could send links pointing to any coverage on local blogs or send her their own impressions of the event directly to her at (houelle AT magic DOT fr)
Thank you and be seeing you.

J'adore le magazine des objets trouvés américains, Found Magazine, dont le blog est rempli de pépites (papiers, photos, notes.) Lors d'une balade à Franklin Hills avec le copain Ken B., nous avons ramassé par terre un dessin d'enfant très dérangeant d'un gamin sur des toilettes, avec de l'autre côté de la porte... Michael Jackson, qui dit "toc toc" et essaye d'entrer. Ken l'a envoyé à Found.
Notre ami photographe de Marseille Eric Franceschi, collectionne les négatifs dans la rue et son nouveau site (appuyez sur la langue pour entrer) comprend toute une section géniale de photos de femmes inconnues, arrachées à l'oubli comme les petites filles ci-dessus.
Gros problème de serveur: tous les mails envoyés depuis 4 jours à l'adresse @emmanuelle.net ont été engloutis, suite à l'attaque d'un virus ce week-end. Mieux vaut utiliser l'adresse du blog pour me joindre, sachant que je tape au ralenti ces jours-ci (on appelle ca troubles-musculo-squelettiques: fun!)
VIDEO! A Austin au Texas, nous levions un toast aux nouveaux mariés Dan et Sara quand Charlie a trouvé un papillon dans son champagne. Délirant de bonheur dans la nature texane loin de nos ordinateurs, nous avons observé le beau lépidoptère pendant dix bonnes minutes, pomper du champagne avec sa petite trompe. Bonnie a immédiatement surnommé notre bête "le Ken Layne des papillons," en hommage à l'endurance de l'ami Ken. Comme toujours, Tony auteur de cette cascade-vidéo a tous les détails sur son blog ainsi qu'un portrait formidable de la mariée.
L'ami Tony Pierce a passé un sale week-end: il a appris que l'un des fans de son blog a été arrêté dans l'Oklahoma pour avoir tué une petite fille de 10 ans, dans le but de la manger. "Il n'avait pas de casier judiciaire," écrit Tony (qui, pour le situer, avait fait l'ouverture du sujet d'Envoyé Spécial sur les blogs.) "Il n'avait pas d'arme à feu. Ne prenait pas de drogues, à en lire son blog, et ne buvait pas. Juste un type de la rue, quelqu'un à qui vous pouviez dire 'salut' s'il portait une casquette des Cubs ou un maillot des Raiders."
Le garçon de 24 ans avait repris un article de Tony sur son blog et Tony l'avait signalé dans ses liens. Tony est malade en songeant à la complicité que ce monstre a pu éprouver en lisant son blog, au point de le mettre dans sa liste de liens préférés. Tony avait placé des liens en retour, ce qu'on appelle entre amis ici "un échange de linky love". Hier, Tony a commencé à dire que le type était certainement rejeté par les filles, et que les nanas devraient faire des efforts... avant de reprendre ses esprits, heureusement, et de conclure: "Oui, j'ai perdu la tête."
Film Thread a sélectionné les dix films tournés à L.A. à ne pas manquer, et le blog L.A. Voice rajoute ses favoris. Ils oublient le film avec la plus formidable poursuite en bagnole à contre-sens sur l'autoroute: To Live and Die in L.A. traduit par Police Fédérale Los Angeles en français, avec un sex symbol des années 80 (oh yeah), William Peterson (désormais dans la série Les Experts.) En télé, je ne saurais trop recommander la série de HBO Entourage, sur une star montante de Hollywood et son entourage à Los Angeles, pas encore diffusée en France à ce que je sache. L'agent-requin du jeune acteur, Ari Gold, interprété par Jeremy Piven, est l'un des meilleurs personnages de télévision -- tout court.
[Ari Gold Best Of in this video]
Une chose me rassure: même si la mairie de Los Angeles a déclaré le 4 avril "Crash day" en l'honneur du film Crash (Collision en V.F.) de Paul Haggis, lauréat de l'Oscar du meilleur film, cette bouse n'apparait dans aucune des listes du "best of L.A." Matt a expliqué en détail dans une chronique pour le L.A.Times pourquoi le film nous donne envie de vomir un taco. Nous ne sommes pas les seuls. Cet après-midi, l'ami Ken B. est allé célébrer Pâques dans le restaurant gay mexicain du quartier, Casita Del Campo, fondé par l'un des danseurs latinos dans West Side Story. Bref, Ken nous raconte que le petit théâtre en sous-sol avait préparé une chasse aux oeufs particulière pour les spectateurs: ils ont chacun découvert sous leur siège une copie du DVD de Crash ("blanc comme l'album blanc des Beatles"). Eclat de rire général. On prend Crash très au sérieux ici!
Cheeta, le plus vieux chimpanzé du monde a fêté son 74ième anniversaire cet après-midi en Californie entourés d'amis, avec un soda light et un gâteau sans sucre (il a du diabète, mais mis à part ca, il est en super forme.) Quelques photos sont ici; un article suivra. En attendant, voici une interview avec Dan, le "maître" de Cheeta sur NPR (en anglais).
Alan Pavlik de Just above Sunset me rappelle que Bernard Henri Lévy présentera son nouveau livre ce week-end à Los Angeles. Comment ai-je pu oublier? Hélas, dimanche je serai dans le désert, pour interviewer... un chimpanzé. Véridique. Mais pour ceux que cela intéresse, notez:
Saturday: Bernard-Henri Lévy, Paul Holdengräber. Academics present discussion, “What Can a Frenchman Tell Us About America?” as part of OTIS Speaks lecture series. Writers Guild of America Theater, 135 S. Doheny Dr, Beverly Hills, (866) 468-3399. Sat at 4.Sunday: Bernard-Henri Levy @ Book Soup
8818 West Sunset Boulevard, West Hollywood
The writer presents and signs his book, "American Vertigo: Traveling America in the Footsteps of Tocqueville."
April 9: 5 p.m.
Il parait que BHL veut profiter de son séjour pour rencontrer quelques blogueurs de L.A. et Sharon Stone (si elle est en état de se montrer après le flop retentissant de Basic Instinct 2... mais elle a assisté à une précédance conférence de BHL à L.A.)
J'aurais voulu demander à BHL de faire le point sur cette rumeur de film avec George Clooney: BHL essaye parait-il le recruter pour réaliser une adaptation de l'un de ses livres (Who killed Daniel Pearl? Peut-être?) A en croire le Gawker Stalker, Clooney est à New york en ce moment. Personne à Los Angeles n'a oublié la dernière visite de BHL à L.A. et son entourage de rock star.
Alan m'apprend aussi que les Galeries Lafayette mènent une opération spéciale L.A.: le site pailleté à outrance est à ne pas manquer! Surtout si vous vous sentez d'humeur hollywoodienne pour rafler un bermuda déchiré à 169 Euros. L'expo L.A. à Beaubourg n'est pas loin des Galleries Laf' parisiennes et plus raisonnable: 10 Euros.
+ Guillemette: BHL in NYC
+ A l'Heure Américaine: BHL réexporté en France.
Pour ceux encore fascinés par le succès historique de La Marche de l'Empereur aux Etats-Unis, l'émission de radio de KCRW The Business interviewe l'homme qui a racheté les droits du film français à Hollywood et a touché le jackpot (podcast ici). Il explique pourquoi il s'est débarassé des dialogues et de la musique, charmants en France, mais jugés atroces aux USA. Surprise: les rumeurs sur un procès intenté par les producteurs français et relayées par Nikki "EXCLUSIVE!!!!" Finke ne se sont pas matéralisées.
Matt a téléphoné de son arrêt de bus sur Sunset boulevard, où des lycéens manifestaient contre la réforme de l'immigration ce matin, tous dopés par le succès phénoménal de la Gran Marcha de samed (voir ci-dessous.) Il y a avait à peu près 300 ados, quand j'ai pris la photo vers 9h30 du matin (ici.) La police leur a demandé de "dégager la voie, les enfants." Quelques drapeaux mexicains, aucun drapeau américain (pour faire plaisir au commentateur politique Mickey Kaus, qui comptait les drapeaux samedi) , et beaucoup de fils blancs d'écouteurs iPods: pourquoi diable participer à une manif avec son iPod à tue-tête?
PPS: The Los Angeles Times opinion blog, Opinion L.A. has launched, all about immigration today (Tuesday.)
Vu ce matin à Los Angeles à la grande manif des sans-papiers contre plusieurs réformes de l'immigration potentielles: cet Abraham Lincoln latino sur échasses. Il a beaucoup amusé les automobilistes avec pile: le drapeau américain, face: mexicain. Ma copine Cathy a téléphoné de East L.A., en pestant contre les bouchons provoqués par ces terribles gauchistes! Je me rends compte qu'avant de venir aux Etats-Unis, je n'avais jamais développé d'amitiés avec des personnes si formidables et différentes, politiquement ou autre. L'Amérique a un pouvoir singulier. Thank you America.
Le fameux épisode de South Park sur la Scientologie, dont tout le monde parle ici à Hollywood, depuis que Tom Cruise aurait empêché sa rediffusion la semaine dernière, est sur YouTube (gratuitement, pour combien de temps?) A visionner aussi: Stephen Colbert vous explique la Sciento et se laisse influencer par Beck, qui fréquente le nouveau centre de sciento près de chez nous...
PS: South Park Scientology Saga Staggers On: Chef is Back--Or is He?
PPS: In last night's (03/22) episode, The Return of Chef, Chef ends up devoured by wild animals. Watch video here and here. Here's the kids of South Park's eulogy to Chef, a thinly disguised satire of Scientology:
"A lot of us don't agree with the choices the Chef has made in the last few days. Some of us feel hurt and confused that he seemed to turn his back on us. But we can't let the events of the past few weeks take away the memories of how Chef made us smile. We shouldn't be mad at Chef for leaving us. We should be mad at that fruity little club for scrambling his brains."
PPPS: Scientology may be shrinking according to this long and very interesting expose in Rolling Stone magazine.
Lors d'une séance d'interviews ce week-end à New York pour la sortie du nouveau film de Spike Lee, Inside Man (très réussi) Denzel Washington nous a expliqué la différence entre interpréter un flic de New York et un flic de Los Angeles. Son personnage dans Inside Man est new-yorkais pur jus et bavard comme lui. Il décrit les policiers de New York et de Los Angeles dans cet extrait audio (1'22" à télécharger en MP3 ici avec en bonus, une histoire de sandwich aux cornichons.)
"A New York, (pour un flic) il faut avoir du talent dans ses relations avec les gens et savoir s'adapter. A Los Angeles, vous faites signe à la personne d'arrêter sa voiture sur le bas-côté... vous l'isolez, vous sortez de la bagnole... Les flics à L.A. ont plus de contrôle: ils arrivent par derrière. Ici, à New York, vous avez plein de gens autour, vous ne savez pas qui est qui..."
Je peux confirmer: impossible de protester avec les policiers de L.A. Mais si vous faites preuve d'humilité ("Vous avez raison, officer, je me disais justement que je roulais trop vite..") ils sont en général coulants. Du moins dans mon expérience de Frenchie, qui, avec son gros accent, doit certainement les distraire des criminels plus sérieux dans les quartiers alentours, infestés de gangs.
""In New York, (for a cop) you have to have people skills. And you have to adjust. In Los Angeles, you pull out behind someone, you isolate them, you get out of the car... but they have more control. They come out behind you. Here (in NYC), you have people all around, you don't know who's who...""
I can confirm that it's impossible to protest with L.A. cops. But if you act humble ("You're right, officer, I was actually thinking that I was going to fast...") they're pretty lenient. At least that's what I experience as a Frenchie, whose thick accent is probably a little distraction from the more serious thugs in the nearby crime-infested neighborhoods.
(Photo: Universal Studios)
Tous les mails envoyés à mon adresse "emmanuelle.net" ne me parviennent pas depuis ce matin. Essayez plutôt l'adresse en cliquant sur "e-mail" plus haut.
Selon les informations de Nikki Finke, une journaliste spécialisée sur Hollywood (et un sacré personnage,) les réalisateurs français de La Marche de l'Empereur célèbrent leur oscar du meilleur documentaire en préparant peut-être une action en justice envers le distributeur américain, Warner Independent.
J'en ai immédiatement parlé à mon rédacteur en chef à France Info. Il a joint le producteur Yves Darondeau au téléphone, qui dément formellement: le producteur sait que des rumeurs ont circulé à Hollywood, mais en apprenant le contenu du blog de Finke, il affirme "tomber du placard." Darondeau n'est pas allé jusqu'à siffler "non, pas de procès en ce qui me concerne" en language pingouin. (Dimanche soir aux Oscars, l'équipe des manchots avaient sifflé "merci" en recueillant leur trophée. Et l'ont refait en salle de presse: écouter ici.)
L'article sur le blog de Nikki Finke commence à être repris sur le Net, et j'imagine que la presse spécialisée est sur le coup. La perspective du procès pouvait sembler logique, juste après l'Oscar: La marche de l'empereur, le plus gros succès du cinéma français aux Etats-Unis a engrangé près de 80 millions de Dollars au box office, et l'équipe des manchots n'aurait reçu qu'un million, ce, pour les droits de distribution de la version américanisée du documentaire original.
(Photo AP via Yahoo News)
Comme en guise de PS à l'article précédant, cette histoire illustre comment des camphones utilisés à bon escient peuvent conduire à l'arrestation de pervers véritables. L'été dernier, une photo prise à la volée par une jeune femme dans le métro de New York a permis d'identifier et d'arrêter un restaurateur exhibitionniste. Détail important: la photo, d'abord publiée sur Flickr et Craigslist a permi de retrouver le coupable uniquement après l'intervention de la presse traditionnelle dans cette chasse au pervers. Hier, il a plaidé coupable d'obcénité en public et risque trois mois de prison s'il recommence ses méfaits.
Vous vous souvenez des années 80, quand les jeunes Américaines sur les campus exigeaient d'être appellées "women" par les garçons de leur âge au lieu de "girls" et hurlaient au viol à chaque fois qu'un homme osait un compliment sur leur apparence? Je pensais que cette époque d'hystérie collective était révolue. Mais j'apprends par le New York Post que des New-Yorkaises victimes d'agressions verbales machistes ou cochonnes se vengent en photographiant les coupables avec leur téléphone portable. Une demi-douzaine de filles et un garçon publient ensuite les photos en ligne sur un moblog, HollaBack NYC, selon le principe très puritain d'infâmie publique, façon Lettre Ecarlate.
On s'attend à ce que les agresseurs ainsi stigmatisés soient des monstres de muflerie et de grossièreté, la version américaine des lâches sagouins du métro parisien, qui profitent de la cohue des heures de pointe pour peloter les femmes, se frotter contre elles ou s'exhiber. Mais pour déchainer les foudres des vengeresses newyorkaises de Holla Back NYC, il ne suffit pas de grand chose: il y a ce clochard qui a eu l'audace d'appeler une fille "déesse" en espérant obtenir une pièce ou ce black à bonnet qui rappe: "Yo baby, tu es superbe! J'aimerais bien me faire ça! Mmm..." Certes, c'est vulgaire, mais au lieu justement de communiquer ca au type, la "victime" évite toute confrontation et prend la photo sous un faux prétexte! L'une des auteures du blog décrit son aventure la plus traumatisante au New York Post: "Je portais des bottes de cow-boy dorées et ce type me dit: 'Jeune fille, je veux être ton poney!'"
Oh, le cauchemar! L'article ne dit pas si ces nanas sont heureuses en amour, parce qu'avec une telle hostilité d'écorchées vives envers les hommes, c'est mal barré. Quel drôle de pays tout de même, où des femmes qui portent des bottes de strip-teaseuse, des tee-shirts "porn star" ou d'affreux survêtements avec "Juicy" écrit en grosses lettres sur les fesses (la grande mode ici) s'offusquent de susciter des commentaires à voix haute. Sisters, il reste à faire, mais ne nous trompons pas de combat. La meilleure histoire de revanche jamais entendue était très "low-tech", racontée par un copain: une nana énervée par les agissements d'un pervers qui pelotait les femmes dans son wagon de métro a saisi la main du type et l'a levée en l'air en demandant bien fort et en riant: "A qui elle est cette main baladeuse?"
J'ai toujours admiré le Canada, notre voisin du nord, une Europe plus propre et plus polie, pour reprendre l'expression de Colby Cosh. Mais le blog de Reason nous apprend que la police municipale de Surrey, près de Vancouver, sème des voitures-appâts dans toute la ville: des voitures prêtes-à-voler avec caméras cachées à l'intérieur. Le voleur s'élance sur la route, suivi par la police qui arrête le moteur par télécommande et sort les menottes. Cette méthode, très courante et controversée aux USA, est donc reprise au Canada (je n'en reviens pas) et par des flics encore plus zélés: ils publient les vidéos sur leur site, baitcar.com.
Une certitude émerge de ces vidéos: aucun des voleurs de voitures ne passerait le test d'urine du Los Angeles Times. Où l'on voit un type allumer frénétiquement sa pipe à crack pour une dernière bouffée avant son arrestation , et un autre complètement high au crystal meth bruler des feux rouges: un vrai danger public. Au delà des considérations orwelliennes, certaines vidéos sont formidablement divertissantes: comme celle du type qui se rend compte qu'il est pris au piège et crie "Oh no, f**k, oh no, oh f**k, f**k!" en rythme avec The Bittersweet Symphony de The Verve à plein-tube dans l'autoradio. Les vidéos permettent de constater que même intoxiqués et stressés avec les flics aux trousses, les Canadiens anglophones finissent leurs phrases par «eh!»
Pour fêter le nouveau boulot de Matt au Los Angeles Times samedi soir (1), Luke Ford est arrivé à la maison après le Sabbath, tout émoustillé par son dernier scoop publié sur son site (une intrigue dans la communauté juive de L.A.), le plus gros selon lui depuis ses révélations en 1998 sur une épidémie de sida dans le milieu du porno américain. Les touchantes retrouvailles de Luke avec l'ami Ben (photo ci-dessus) ont suscité quelques blagues "Brokeback Mountain", forcément. Luke ne peut s'empêcher d'en faire sur son site en décrivant la soireé:
"Unfortunately, the light of my life and my reason for living, Mickey "Bareback" Kaus, err, I mean Cathy Seipp, had left the party an hour earlier."
Ce film de cow-boys gays a un tel succès ici qu'il est quasiment "mainstream", soit entré dans la culture populaire: le rancher de la Maison-Blanche George Bush n'a pas vu le film et cette pensée le fait ricaner étrangement (voir la vidéo.) On aimerait lui murmurer la fameuse phrase du film "I wish I could quit you" ("J'aimerais pouvoir rompre avec toi") reprise désormais dans les conversations, en guise de boutade.
A la soirée, notre copine Sylvie, très attachée à la bouteille d'absinthe rapportée de Prague, a déploré les réactions hostiles de nombreux amis hommes pas franchement emballés par ce magnifique film. Ils expliquent, un tantinet sur la défensive, que Le Secret de Brokeback Mountain est un film de nanas (un "chick flick") voire carrément, un fantasme de bonne femme. C'est aussi le point de vue de Matt, qui a aimé mais sans plus, et souligne que l'auteur de la nouvelle à l'origine du film est une femme. Timmay à San Francisco nous signale justement un article du Chronicle sur la résistance de certains hommes hétéros à Brokeback Mountain, en écho à la chronique humoristique de Larry David.
Tandis que nous nous bavardions sur la grâce du film (si bien décrite par Gérard Lefort dans sa critique), Amy photographiait des derrières pour le nouveau blog essentiel: "Est-ce que ces pantalons me font un gros derrière?, le meilleur du genre depuis l'invention de la gallerie "Boobies" sur Buzznet.
(1) Wow, merci Tony Pierce!
Vous vous souvenez de l'histoire du doigt coupé retrouvé dans un chili con carne d'un fast-food Wendy's en Californie? On en a beaucoup parlé au printemps, et des journalistes bloqués au procès de Michael Jackson se lamentaient de ne pas pouvoir enquêter plutôt sur ce fait divers palpitant. Le doigt avait bien entendu été planté dans la soupe exprès par un couple d'escrocs qui pensaient remporter un procès juteux envers Wendy's. C'est là où les Américains ne rigolent pas: les truands écument écopent de 12 et 9 ans de prison, et sont condamnés à payer 21 millions de Dollars en guise de restitution à Wendy's.
Retour à Los Angeles déconnecté: plus de ligne de téléphone. On a cru aux conséquences des orages, mais le technicien de la compagnie téléphonique dépêché après quelques jours d'attente fut catégorique: la faute aux écureuils qui adorent grignoter les installations.
Cette ville est une immense réserve animalière: en plus des écureuils un peu partout, nous tombons régulièrement nez-à-nez avec des ratons-laveurs, des coyotes (cf l'épisode du chat sauvé de la gueule d'un coyote devant chez nous), des familles de putois, et le fameux opossum bringueur du jardin (photo) qui ne sort d'habitude que lors des barbecues et des soirées sous son arbre préféré. Sans oublier les rats, bien sur, qui s'exhibent surtout l'été en période de sécheresse. Ils viennent s'abreuver dans les piscines de Beverly Hills et ont le mauvais gout de se noyer et de flotter dans les bassins turquoises, déclenchant les cris des propriétaires.
This town feels like a huge animal reserve: in addition to squirrels quite everywhere, we regularly bump into raccoons, coyotes (i.e. the episode of the cat saved from a coyote's jaws in front of our house), skunk families, and the famous "party possum" from the garden (photo) who usually sticks out his nose from his favorite tree only during barbecues and other social events. And let's not forget the rats, of course. They show up in the summer especially, during droughts, when they come down to quench their thirst in Beverly Hills swimming pools, and have the bad taste of drowning and floating on the turquoise waters, prompting screams from the property owners.
L'ami et voisin journaliste rock culte Philippe Garnier évoque même un cerf en plein Hollywood, sur la pelouse d'un centre de l'Eglise Scientologie, dans son roman "safari vinylique" "Les coins coupés", la vie de rocker d'un exterminateur de termites. C'est un autre spectacle courant à Los Angeles: les maisons enveloppées d'un immense bulbe de plastique, pendant la fumigation.
Philippe vient de sortir un nouveau livre, Caractères, sur des character actors, ou acteurs de composition, notamment Simone Simon, surnommée "La panthère française". Comme toujours, Ses papiers dans Libération (voir sa nécro de Shelley Winters dans le journal du jour) sont les gardiens d'une ménagerie hollywoodienne fantôme et fascinante.
Philippe just released a new book in France, Caractères, about character actors ("acteurs de composition" in French), including Simone Simon, a.k.a. Hollywood's "French panther." As always, Philippe's articles in the French daily Libération (such as today's obit of Shelley Winters) serve as the curator of Hollywood's fascinating ghost menagerie.
C'est toujours réjouissant et stimulant d'être en Europe, pour l'esprit et les papilles, avec ses côtés préocupants (pour des raisons déjà débattues cet été ici, avec de nouveaux commentaires): trop de proches et d'amis de mon âge qui galèrent à trente ans passés. A côté de Paris, Budapest est un modèle de dynamisme. Les copains de Hongrie fourmillent de projets, l'enthousiame à peine entâmé par la mélancolie contemplative de cette ville magnifique, toujours aussi captivante: voyez sur la photo (ci-dessus et là) ce comptoir de crèmes glacées, à consommer derrière la vitrine pour contribuer au spectacle de la rue.
Notre blogueur budapestois préféré, Mr. Pestiside et Janet ont généreusement organisé des libations dans leur fabuleux appartement et nous ont emmenés dans les bains turcs Rudàs, le long du Danube, ouverts désormais aux hommes et aux femmes en nocture les samedi soirs.
Quand l'Euro-sinistrose guette en début d'année, j'avoue (assez honteusement) avoir besoin d'une bonne dose d'optimisme américain bien bête, le poing en l'air ("yes!") et il n'y a rien de tel que le site du gourou de l'automotivation, Jeffrey Gitomer.
Ce self-made man au sourire américain tient une chronique de conseils pour les VRP et autres "agents de force de ventes", publiée dans les journaux d'affaires ("Business Journals".) Pour les free-lance comme moi, des mini-entreprises à eux tous seuls ayant besoin de "savoir se vendre" comme on dit, ses articles pleins de bon sens font l'effet d'une bonne tape sur l'épaule, légèrement écoeurante: parfait!
Admettons en coeur avec Jeffrey Gitomer que les résolutions de janvier ne servent à rien: il faut les remplacer par des "buts" avec des dates butoir. Le gourou recommande d'élaborer "un plan d'action pour l'année":
"Projetez vous dans le futur.
J'ai une question pour vous: qui essayez-vous de devenir?
Une autre question: que tentez-vous de réussir?
Ce sont des questions sur le but (de la vie) et le contentement.
Et à travers les ans j'ai découvert que si vous vous concentrez sur le but, les détails se résolvent d'eux-mêmes."
"Project into the future.Here's the question: Who are you trying to become?
Here's another question: What are you trying to achieve?
These are questions about purpose and fulfillment. And through the years I've found that if you concentrate on purpose, the details tend to handle themselves."
Pas vraiment trempée dans la philosophie "winner of life", je vais tenter l'expérience Gitomer en élaborant un plan d'action pour l'année. Mmm... c'est ça. Autre recommandation de bons sens de notre gourou enjoué: "Mettez du temps de côté chaque jour pour réfléchir et lire davantage". Lire plus de livres offline (et pas seulement coincée en avion ou en train, où j'ai dévoré ces deux ouvrages formidables récemment: Les Pays Immobiles de Bayon et The Fugitive Game, online with Kevin Mitnick de Jonathan Littman.)
Gitomer écrit encore: "Les tâches que l'on reporte indéfiniment par manque de temps sont justement celles qui vont vous faire gagner du temps." Ainsi, l'autre jour, coincée dans le train de Genève (la locomotive avait pris feu, puis la neige a ralenti la circulation pendant plusieurs heures) j'ai mis à jour une Foire Aux Questions à destination des jeunes journalistes qui sont nombreux à écrire pour demander des conseils, notamment à l'expatriation. Ce devrait être prêt sous peu, tout comme mon site, encore en chantier.
En marge de l'article publié lundi dans Libé sur le sort du condamné à mort Stanley "Tookie" Williams entre les mains d'Arnold Schwarzenegger, le Globe and Mail canadien décrit un gouverneur californien très partagé... à cause de ses deux cerveaux:
Mr. Schwarzenegger admits to being torn over Tookie's fate. In an interview this year, he recalled his origins in Austria, where the death penalty is banned. “Very few people have that chance to live in a body with kind of two brains, kind of like the Austrian brain and the American brain. . . . They're fighting with each other all the time, you know, where I argue with myself about these things.”
Je vois très bien ce qu'il veut dire, en espérant qu'au final, sa conscience triomphe. Le Los Angeles Times a un cahier très fourni sur le débat "Tookie", à lire ici (pour s'inscrire sur le site du L.A. Times sans se prendre la tête, passez par Bugmenot.)
...aujourd'hui lundi, retour imminent avec beaucoup de bleu.
Que sont-ils devenus? Je me pose souvent la question en souvenir d'une interview marquante dans la presse, avec quelqu'un qui m'a émue, inspirée, impressionnée. Les médias ne sont pas très doués en général pour assurer un "suivi".
Dans le Los Angeles Times il y a trois ans, j'avais lu avec stupéfaction l'histoire de la californienne Susan Nelson, atteinte d'un cancer du poumon depuis... 1989. Déjà, j'ignorais que l'on pouvait vivre si longtemps avec ce genre de cancer, dont souffrait mon grand-père maternel (il s'était mis à fumer alors qu'il était prisonnier de guerre en Allemagne et en Autriche.) Par ailleurs, Susan avait l'air extraordinaire, pleine de vitalité et débordante de cet optimisme téflon, à l'américaine, irritant au début pour une Française grognon fraîchement débarquée aux USA (attitude typique: "chuis-pas-pessimiste-juste-réaliste") mais qui s'avère rapidement essentiel.
Susan enchainait les traitements expérimentaux pour de nouveaux médicaments prometteurs. Mon amie Cathy venait d'être diagnostiquée avec la même maladie, et prenait le même médicament que Susan (Cathy en parle désormais sur son blog, et a des nouvelles encourageantes.)
Susan was moving from one experimental treatment to another, and trying new promising drugs. My friend Cathy had just been diagnosed with the same disease, and was taking the same drug as Susan (Cathy now blogs about dealing with it, and has encouraging news.)
Récemment, en préparant un article, j'ai voulu savoir comme se portait Susan. Je l'ai retrouvée et je l'ai appelée pour une conversation, publiée en anglais sur Science Blog. C'est assez technique: Sue s'est portée volontaire pour essayer un vaccin anti-cancer, GVAX. Son attitude est toujours aussi extraordinaire, une véritable source d'inspiration. Elle est en train de rédiger un guide pour les survivants du cancer, intitulé une phrase prononcé par un clochard, lors d'une discussion dans la rue: ""You Can't Have Cancer, You Look Too Good."
"Q & A with a cancer suvivor."
PS: Sue-emails in late November:
"So here is the latest... I heard on November 9th at UC Davis Medical Center, that the GVAX vaccines helped a bit but not as much as we had hoped for. The tumors in the lungs have increased in size. The unknown is, of course: Did the injections at least slow the growth? I can tell you though that I felt better while receiving the vaccines than I do now - my breathing capacity and comfort level have been somewhat taxing since we last spoke.
I want you and others to know that I have absolutely no regrets for choosing this procedure that included lung surgery. Like I tell others, as cancer patients we sometimes take a gamble and make difficult and very personal decisions in order to extend our lives, provide possible comfort and in my case, to also help others in the future who may unfortunately face these same challenges. I simply follow my heart."

L'ami australien & blog star de Down Under Tim Blair (prononcez Tim Bleah) est de passage à Los Angeles pour le week-end de Thanksgiving, la fête de la gratitude américaine. Impossible de ne pas lui faire écouter notre CD préféré de chansons patriotes de l'extrême, le rock opéra Wake Up America, qui démarre avec l'excellente chanson-phare, Thank You America:
"If today I don't have to speak German and live under the third Reich... Hey... Thank you AmericaIf today I don't have to speak Russian
and live under that red flag...
Hey... Thank you AmericaThank You for everything
Thank you for all my dreams
Thank You yes I am free...
Thank You America"
L'auteur est un Italien ex-gladiateur, ex-cuisinier en armure, immigré aux USA à l'âge de 30 ans et rencontré récemment à un rallye politique (j'étais sur le point d'acheter le CD, vraiment bon, mais Luca a insisté pour m'offrir une copie... peut-être une amende honorable pour le morceau rap-métal "Boycott France.") Je ne sais pas ce que l'Italie a fait à Luca Zanna pour qu'il voie des cocos partout, mais autant de ferveur pour son pays d'adoption est allé droit au coeur de Tim, si reconnaissant: "Il n'y a qu'en Amérique!"
AVERTISSEMENT: chronique mondaine aussi futile qu'inutile en dehors de L.A. et de la blogosphere / WARNING: futile social column pretty inconsequential outside of L.A.
Où était Luke Ford hier soir? Ni à New York pour le lancement du réseau de blogueurs très pro-Bush Open Source Media (ex Pajama Media), quelle surprise, ni à l'excellente soirée de Arianna Huffington en l'honneur de l'ami Nick Denton et de Defamer chez elle à Brentwood. Note pour les non-Angelenos: le manoir d'Arianna est un peu la Playboy Mansion des intellos, journaleux, écrivains, gratin penseur de Hollywood et désormais, blogueurs: incontournable. Il y avait une telle foule que Luke était peut-être dans un coin. Comme il ne boit pas, enregistre tout et blogue plus vite que son ombre à la Lucky Luke, je comptais sur lui pour faire le résumé de la soirée. Y compris des discours incompréhensibles dans le brouhaha d'Arianna, Nick et Scott Moore de Yahoo! qui reprend des articles des blogs de Gawker et du Huffington Post (photos sur Buzznet et l'album Flickr d' une bande de fêtards de chez Yahoo! Ne pas manquer ce cliché pour la postérité.)
Autre invité d'honneur, Mark Lisanti alias Defamer (ici avec Mickey Kaus) est resté discrêt . Il est sans doute le blogueur le plus lu de Los Angeles, mais fuit l'attention et les projecteurs (même si -- appel du pied -- comme plusieurs blogueurs interviewés par l'équipe d'Envoyé Spécial en... février, il aimerait bien recevoir la cassette vidéo promise par l'équipe de France 2.)
Tandis que Nick se faisait de nouveaux amis à L.A., je n'ai pas expérimenté une seule poignée de main molle et froide "de poisson mort" -- un miracle à Hollywood. Arianna en personne a la poignée de main coulante, celle de l'"hotesse washingtonienne" et politicienne chevronnée sans doute. J'ai imposé ma main à la peintre Kimberly Brooks (femme d'Albert) dont les tableaux décorent toute la maison, sans savoir qu'une de ses chroniques récentes dans le Huffington Post suggérait l'abandon de la poignée de mains en faveur du salut indien, les deux mains jointes, pour éviter la propagation de la grippe aviaire. Sarah Spitz de KCRW a fait plein de présentations pour mettre les invités à l'aise, tout comme Agapi, la soeur d'Arianna (francophone!)
Parmi les familiers ou rencontrés: Kevin Roderick de L.A. Observed (ici avec Meghan Daum,) Mark Ebner (photo) très content d'avoir participé à la fabrication de l'épisode de South Park sur la scientologie diffusé justement hier soir, Richard Rushfield et Nicole Laporte, Steve Smith, Laurie Pike de LA.COMfidential (parfaitement rousse et francophone) Adam Jacobson de Distinction et Ambigutrex (photo ci-contre), Bettie Rinehart du L.A. Times, Paul Cullum, Michael Sonnenschein de Fishbowl L.A., Andrew Gumbel and Rob Long (photo) Brian "Ain't No Bad Dude" Linse, Steve and Pam de SteveAudio et Joseph Mailander de Martini Republic qui a immédiatement demandé des nouvelles de Cathy (à New York pour le lancement de OSM -- en train de faire tchin-tchin avec Judith Miller (!) ou plus probablement les copains/copines sur place: Amy, Tim, Hillary, Jill, Andrew, Eugene...) Autres grands absents à Brentwood: Xeni (prise par un engagement pro, mais qui était mardi à la pré-party au Club Tee Yee), Tony Pierce et MC Brown (je portais un badge Buzznet pour eux) Calacanis (ou pas vu) et encore une fois, Luke. What were they thinking?
PS: en parlant de la Hongrie des années 90, j'apprends avec tristesse la disparition d'une femme emblématique de la communauté évoquée plus haut, Anita Altman, la Liz Smith de Budapest.
Le coming out de George Takei alias Sulu dans Star Trek m'a fait sourire hier matin. Les révélations du vendredi portent un message implicite: "Je veux que ca se sache, mais merci de ne pas en faire tout un plat et bon week-end." Mon amie Cathy, qui figure souvent sur ce blog ou ma gallerie de photos sur Buzznet, a choisi un vendredi après-midi pour dévoiler sur son blog populaire qu'elle a un cancer du poumon. A la voir, vous auriez du mal à croire qu'elle vit avec cette maladie depuis trois ans et demi: elle est en super-forme, éclate de rire comme une adolescente, saisit chaque occasion de sortir (ci-dessus à une soirée WB, ou sur cette belle photo prise par l'ami Jim Lowney devant Yamashiro à Hollywood.)
Elle avait médité toute la semaine une suggestion de son ami Rob: "Le moment est peut-être venu d'en parler". Pendant toutes ces années, elle ne voulait pas être "cancer girl", et définie uniquement par son cancer, un peu comme l'écrivain français Hervé Guibert qui disait de son Sida, "c'est mon nez de Cyrano." Rob l'a convaincue en détournant un dicton américain: "Quand la vie te donne des citrons, fait de la citronnade. Quand elle te donne un cancer, fais de la'cancerade'." Et c'est ce qu'elle a décidé de faire publiquement, car elle a "des choses à dire" sur un cancer beaucoup moins médiatisé mais infiniment plus meurtrier que le cancer du sein.
Les commentaires sur son site sont un hommage à sa force et son courage qui nous laissent tous babas. Jamais elle ne se plaint jamais de ce qu'elle appelle pudiquement "ma situation stupide." Elle fait l'admiration de sa fille Maia et comme le disent plusieurs amis dans ses commentaires, elle est pour ses proches "une source d'inspiration incroyable." Son nombre d'amis fidèles et de tous bords en dit long sur sa personnalité éclatante. Tout comme ses critiques.
Quand la guerre en Irak et la réelection de Bush ont polarisé les blogueurs en faisant monter l'agressivité de plusieurs crans, Cathy la conservatrice ne s'est pas fait que des amis. La précédante incarnation du blog Onanism Today en avait fait sa cible de choix. Elle l'a pris avec l'humour et le fair-play d'une plume acerbe qui n'hésite pas à balancer des piques redoutables de son côté.
Après ces dernières semaines particulièrement éprouvantes pour Cathy (elle a entâmé un nouveau traitement, c'est sur son blog) et très préoccupantes pour ceux qui l'aiment (voir le blog de Nancy), j'ai beaucoup d'espoir. Récemment Sue Nelson, une enseignante californienne avec un cancer du poumon depuis 17 ans me disait:"Beaucoup de malades du cancer dépriment profondément. Mais d'autres face à un tel défi qui change leur existence do