


De Los Angeles où je passe quelques jours, les partisans du mariage gay remercient San Francisco d'avoir conduit à la décision historique d'aujourd'hui: suite à des plaintes de couples gays et de la ville du nord elle-même, la Cour Supreme de Californie vient d'autoriser le mariage gay, de facto, en déclarant inconstitutionnelle l'interdiction des mariages entre personnes du même sexe.
On aimerait féliciter tous les couples gay qui auront leur mariage enfin reconnu ou auront la possibilité de s'épouser dans 30 jours (le maire de L.A. les invitent à s'inscrire!) , mais il est sans doute trop tôt pour se réjouir sans entraves: il est très probable que les Californiens soient appelés à voter en novembre par référendum pour interdire de nouveau le mariage gay en déclenchant le passage d'un amendement constitutionnel qui invaliderait la décision d'aujourd'hui. Or, hélas, dans leur ensemble, les Californiens ne sont pas aussi progressistes que ce que l'on pense: en 2000, plus de 61% des électeurs avaient rejeté le mariage gay par référendum.
We'd love to congratulate all the gay couples who, finally, will get their unofficial marriage recognized or will be able to get hitched in 30 days, (L.A. 's mayor invites them to register for a license!) but it's probably too early to rejoice without any reservations:Indeed, there is a strong chance that California voters will be weighing a ballot initiative to ban same-sex mariage in Novembre by voting for a state constitutional amendment that would overturn today's decision. And unfortunately, Californians as a whole are not as progressive as what you'd expect: in 2000, more than 61% of voters rejected gay marriage.
Notre espion en tongs à Austin nous apprend que le musée d'histoire du Texas va consacrer une grande exposition à l'une de des séries télé préférées de notre enfance, particulièrement exotique dans la France de Mitterrand: Dallas!
J'ignore si cette expo va creuser l'un des aspects les plus intéressants de Dallas: son rôle dans le rejet du communisme en Europe de l'Est, particulièrement en Roumanie. A lire: cet article de Matt et Nick dans le Washington Post, How Dallas won the cold war, qui a déclenché l'ire de plusieurs Reaganiens dans les commentaires. Extrait du papier:
"Cette vision caricaturale de la libre-entreprise et du train de vie qui en découlait regorgeait de sexe et d'alcool, offrant un cocktail irrésistible aux Américains déprimés par la stagflation mais également aux téléspectateurs de la France à l'Union Soviétique en passant par la Roumanie de Ceaucescu.Dallas était bien plus qu'une série télé. C'était une force culturelle capable de changer l'atmosphère."
"It was the booze-and-sex-soaked caricature of free enterprise and executive lifestyles that proved irresistible not just to stagflation-weary Americans but viewers from France to the Soviet Union to Ceausescu's Romania."Dallas" wasn't simply a television show. It was an atmosphere-altering cultural force."
En Europe de l'Est, où plusieurs générations vivaient souvent sous le même toit dans les années 80, les fans de la série appréciaient de voir cette famille de rois du pétrole vivre dans la même maison (chose hautement improbable dans ce milieu aux Etats-Unis), diner ensemble et se mêler des affaires des uns et des autres. Le succès phénoménal de la série dans une centaine de pays reste sinon difficile à expliquer (le livre d'une chercheuse Néerlandaise, Watching Dallas, a tenté de percer le mystère et une anthropologue française a comparé Dallas à un poème d'Homère...)
Pour avoir redécouvert la première saison de la série, je trouve que Dallas résiste curieusement bien à la "revoyure" et reste étrangement captivante dans toute sa gloire kitsch. Au fil des ans, j'ai acquis l'avantage culturel douteux d'avoir à la fois visité le ranch de Southfork au Texas ET "Southforscu," en Roumanie, une réplique érigée par un mafieux inspiré par JR, dans une plaine perdue au milieu du pays. Ailleurs sur le Web:
J'avais manqué cet article de samedi dans Libération: Guillemette Faure, notre blogueuse française préférée, ex-new yorkaise désormais rapatriée rue 89 à Paris, fait l'objet d'un portrait bien croqué à l'occasion de la parution de son nouveau livre "Un bébé toute seule." Elle y raconte dans son style direct habituel ses tentatives pour concevoir un bébé dans une clinique de Manhattan.
Ici, aux Etats-Unis, les femmes célibataires (très rarement par choix, faut-il le préciser?) ont accès aux banques de sperme et à la procréation assistée, contrairement à la France où il faut être en couple hétérosexuel et où règne «un regard plus conservateur sur la famille, qu’on imagine toujours façon Ricoré» selon Guillemette. J'ai hâte de recevoir son livre, par voie d'Amazon France, et d'en reparler sur ce blog avec l'auteur.
Here in the U.S., single women (very rarely as a first choice, in case it's even worth mentioning) can access sperm banks and medically assisted procreation. That's not the case in France, where these methods are only available to heterosexual couples. In general, France has "a more conservative view on family, that people only envision like in a commercial for the breakfast drink Ricoré," according to Guillemette. I'm eager to receive her book by way of Amazon France, and to talk about it with the author on this very blog.
Crazy Days and Nigths, ce blogueur anonyme ultra-addictif de Los Angeles qui se présente comme un avocat des stars est en train d'étoffer sa rubrique "Scientologie" avec des articles fort intéressants sur la secte à Hollywood. Il renvoit notamment à Wikileaks, ce site collaboratif crée par des dissidents chinois. Il est devenu le point de rendez-vous de "whistle blowers" du monde entier, dont d'anciens membres de l'Eglise de Sciento qui s'en donnent à coeur joie pour exposer des documents confidentiels au grand jour. Bien entendu, attention aux faux. Ceci dit, c'est incroyable à quel point le mouvement des Anonymous a incité toutes sortes d'anciens de la secte à parler en public ou à publier des d'information inédites sur la Scientologie aux Etats-Unis ces quatre derniers mois.
+ retour à 2004: ma gaffe avec Tom Cruise.